naissance du Sanglier d'Austin (Texas), un de ses surnoms, le 18/9/1971. Plus tard, on l'appellera aussi Robocop ou "le néant de la route".
1990 :
Il rencontre Chris Carmichael qui deviendra son coach et son ami intime.
1992 :
Il débute sa carrière chez les professionnels. Il remporte le Tour de Galice et termine deuxième du Championnat de Zürich.
1993 :
Il remporte les Championnats du Monde sur route. Contrairement à une légende tenace, il n'est pas le plus jeune Champion du Monde : Karel Kaers avait presque deux ans de moins quand il remporta le titre à Lepizig en 1934.
1994 :
Pas encore spécialiste de la discipline, il est rejoint par Miguel Indurain, parti 3mn après lui, dans l'une des étapes contre-la-montre du Tour de France.
1995 :
Il rencontre Dr Michele Ferrari en Californie. C'est le début de leur collaboration. Curieusement, Armstrong n'en parlera ouvertement qu'en 2001, juste avant que le "Sunday Times" ne le révèle.
1996 :
Il remporte la Flèche Wallone mais annonce, le 9 octobre, être atteint d'un cancer des testicules métastasé. Il est opéré au cerveau le 24 octobre.
Le 27 octobre a lieu la fameuse scène de l'hôpital de l'Indiana pendant laquelle, interrogé par un médecin, il aurait admis, en présence notamment de Lisa Shiels, sa fiancée d'alors, Chris Carmichael et sa compagne, Stéphanie McIlvain, Frankie Andreu et Betsy Kramar (future Betsy Andreu) avoit utilisé de l'EPO, de l'hormone de croissance, de la cortisone, des stéroïdes et de la testostérone. Frankie et Betsy Andreu témoigneront sous serment lors du procès SCA Promotions.
1998 :
Guéri, il reprend la compétition en février, 518 jours après l'annonce de sa maladie. Il termine notamment 4ème du Tour d'Espagne.
Il remporte pour la première fois le Tour de France de l'après Festina. Il s'illustre en sermonnant le mal-informé Christophe Bassons. Il faut dire que ce redoutable adversaire se présentait comme un "coureur propre". Comme s'il était le seul !
Plus facheux encore, il est contrôlé positif aux corticoïdes lors du Tour de France. Il aura probablement été surpris par la mise en place de la détection des corticoïdes, annoncée seulement quelques jours plus tôt. Présenté, a posteriori, un certificat médical établi par Luis Del Moral, le médecin de l'US Postal, lui permet d'échapper aux sanctions (en contradiction avec l'article 43 du règlement de l'UCI qui précise que le certificat médical doit être présenté au moment du contrôle). L'incident est facheux pour un coureur qui, interrogé sur le sujet quelques jours avant la révélation, soutenait mordicus ne bénéficier d'aucune prescription médicale particulière, ce qu'on n'appelait pas encore les AUT. (Pour en lire plus sur le sujet : cliquer ici).
C'est finalement en 2005 qu'on apprendra que de l'EPO circulait dans ses artères, pendant ce Tour de France.
2000 :
Lors du Tour de France, qu'il remporte à nouveau, une équipe de France 3 filme des membres de l'encadrement de l'équipe US Postal se débarrassant de seringues et de médicaments (notamment d'Actovegin). Une enquête préliminaire sera ouverte par le Parquet de Paris, mais elle aboutira à un non-lieu.
Autre dépense importante, il fait un don d'environ 25 000 dollars à l'UCI pour l'aider dans sa lutte contre le dopage. L'UCI encaisse le chèque sans trouver rien à y redire. Dans d'autre milieux, on parle de "fluidifier les relations sociales"...
La même année, il remporte le Grand Prix des Nations, l'une des rares courses qu'il gagnera en dehors du Tour de France auquel il se consacre quasiment exclusivement.
2001 :
Juste avant la parution d'un article dans le magazine "Sunday Times", il révèle être suivi par le Dr Michele Ferrari depuis 1995. Il aurait choisi de consulter le controversé médecin italien en vue de préparer le record du monde de l'heure, record auquel il ne s'attaquera jamais. Dans son livre Il n'y a pas que le vélo dans la vie, paru en 2000, Armstrong "oublie" de parler de cette collaboration. Qu'importe : il remporte le Tour de France et le Tour de Suisse.
Il remporte le Tour de France le plus rapide de l'histoire et le Dauphiné Libéré. Il prend aussi le temps de traiter Simeoni de menteur. L'imprudent avait osé témoigner contre le Dr Ferrari. Les deux hommes s'assigneront mutuellement en justice pour diffamation. Après plus de deux ans de procédure, ils jetteront finalement l'éponge. Le règlement de compte en restera là.
2004 :
Il devient le premier coureur à remporter 6 Tours de France. Pour cet exploit, il reçoit le prix 2004 de l'Académie des Sports. Les académiciens n'ont peut-être pas lu un des best-sellers de l'été "L.A. Confidential". Ou auront confondu avec un livre de James Ellroy...
Auparavant, Armstrong aura réussi à mettre fin à une dangereuse échappée à laquelle appartenait Fillipo Simeoni, lequel pointait à la 114e place, à seulement 2 h 42. Heureusement, au prix d'un effort surhumain, le dangereux italien fut repris par le glorieux américain. Les relations diplomatiques, au beau fixe entre Italie et Etats-Unis, n'en furent pas affectées.
S'appuyant sur le livre "L.A. Confidential", la compagnie d'assurance SCA Promotions refuse de lui verser la somme de 5 millions de dollars qu'elle lui devait en cas de 5ème victoire dans le Tour. Forcé d'aller chercher ailleurs des revenus confortables, Lance Armstrong facture 150.000 dollars ses prestations de conférencier (selon La France Cycliste d'août 2004).
2005 :
Juste avant de s'élancer à la conquête d'une 7ème victoire dans le Tour De France, il est mis en examen en France pour diffamation dans ce qu'il convient désormais d'appeler l'affaire Armstrong-Simeoni. L'affaire se terminera par un accord amiable. L'américain aurait versé 100 000 dollars à Simeoni, lequel serait lié par un accord de confidentialité.
Toujours en France, une enquête préliminaire pour suspicion de dopage est ouverte par le procureur de la république d'Annecy.
Aux Etats-Unis, il est attaqué en justice par Mike Anderson, son ancien homme à tout faire, pour "fraude, rupture de contrat, diffamatione et provocation intentionnelle de graves angoisses mentales". (L'affaire se concluera fin 2005 par un accord amiable probablement assorti d'un gros chèque).
Par chance, la direction du Tour de France ne lui applique pas la règle qui prévalait en 2004 et qui voulait que tout coureur impliqué dans une affaire judiciaire soit écarté du Tour... La voie est alors libre pour lui permettre de monter pour la 7ème fois sur la plus haute marche du podium à Paris. 7 victoires (ou 6 pour ceux qui ne comptent pas celle de 1999), cela en fait un homme à part. Pendant la conférence de presse qui suit l'arrivée, il déclare : « Nous avons la meilleure équipe, les meilleurs entraîneurs, les meilleurs formateurs, les meilleurs médecins ».
Alors que le texan savoure les premiers jours d'une retraite qu'il espère dorée, on le voit faisant du vélo avec le Président américain, George Walker Bush. Il est tout sourire. Normal, il ne sait pas encore que le journal L'Equipe prépare un scoop retentissant qui établira qu'il s'est dopé à l'EPO sur le Tour 1999.
Le 27 octobre, sa Fondation annonce un don de 1,5 million de dollars pour financer une chaire d'oncologie dirigée par le Dr Einhorn qui avait soigné Armstrong en 1996. Hasard de calendrier, deux jours plus tôt, Frankie Andreu avait témoigné dans l'affaire SCA Promotions pour relater l'épisode au cours duquel Armstrong aurait avoué avoir eu recours à des produits dopants. Episode qui se déroulait à l'hôpital de l'Indiana où officie le Docteur... Einhorn.
Ceci ne l'empêche pas de se lancer dans une carrière d'humoriste. Tout d'abord, il réclame la tête de Dick Pound, le Président de l'Agence mondiale antidopage, coupable d'avoir pris pour une plaisanterie le rapport "indépendant" qui l'innocente dans l'affaire de dopage du Tour de France 1999. Ensuite, au lendemain de la finale de la Coupe du Monde de football perdue par l'équipe de France, il déclare sur la chaîne sportive américaine ESPN : "Tous leurs joueurs [français] ont été testés positifs... comme étant des trous du cul". C'était de l'humour, prétendra-t-il quelques jours plus tard. Enfin, à propos de son ancien co-équipier chez US Postal, Floyd Landis, contrôlé positif à la testostérone au Tour de France 2006, il déclare : « Si nous avions eu le moindre soupçon sur le fait qu'il puisse être un tricheur, nous nous serions séparés de lui bien avant». Humour toujours...
2007 :
En début d'année, il poursuit sa croisade anti-LNDD aux côtés de Floyd Landis et répète inlassablement qu'il ne fait pas confiance au laboratoire français de Châtenay-Malabry. En septembre, à l'annonce de la suspension de Floyd Landis, il abandonne son compatriote en rase campagne, se refusant à tout commentaire : il ne suit plus le cyclisme que de loin. On l'avait pourtant vu sur le Tour de France pour soutenir Alberto Contador... Nullement à une contradiction près, il déclare quelques jours plus tard, à propos du travail du LNDD : "Quand vous infligez la peine de mort à quelqu'un, ce qu'ils ont essentiellement fait, vous ne pouvez pas tolérer un travail de mauvaise qualité, ce qu'ils ont clairement fait".
2008 :
Il lance le site Livestrong.com, un site à but lucratif, sans craindre de faire de l'ombre au site de sa fondation Livestrong.org.
La marque Trek dépose une requête judiciaire pour résilier son contrat commercial avec Greg LeMond dont elle commercialise les vélos. Trek lui reproche ses propos critiques sur Lance Armstrong. Le fait que John Burke, propriétaire de Trek, soit un ami de Lance Armstrong n'y est sans doute pour rien.
Le 9 septembre, Armstrong annonce sa décision de revenir à la compétition, au sein de l'équipe Astana, pour promouvoir la lutte contre le cancer. Il déclare son intention de faire appel à Nicolas Sarkozy si ASO lui refusait la participation au Tour de France 2009. De son côté, l'AFLD propose de l'aider en retestant ses échantillons d'urine du Tour de France 1999. Poliment, Armstrong refuse la proposition...
2009 :
Il accepte en revanche sans sourciller la décision de l'UCI qui, s'asseyant sur règlement, lui permet de faire son retour dès le mois de janvier, sans attendre les six mois réglementaires d'observation du programme de localisation. Chose promise, chose due, dit-on, mais le site Internet qui devait permettre de suivre les résultats des contrôles antidopage mis en place avec Don Catlin n'était toujours pas en ligne avant le Tour Down Under. Quelques semaines plus tard, à la mi février, l'américain fait savoir qu'il y renonce et se contentera du programme de contrôle mis en place chez Astana. Promesse non tenue pour celui qui voulait se montrer exemplaire pour son retour dans les pelotons. Au final, Catlin n'aura contrôlé le Texan qu'une seule fois. Exit donc la promesse de communication publique des résultats des contrôles mais aussi de congélation des échantillons prélevés. Amstrong ne fait finalement pas plus confiance aux congélateurs de Catlin qu'à ceux de l'AFLD.
Le 17 mars, il se soustrait pendant 20 minutes à un contrôle antidopage inopiné. L'AFLD décide cependant de ne pas ouvrir de procédure à son encontre.
Quatre mois plus tard, il termine le Tour de France à la troisième place.
2010 :
Trek et Greg Lemond concluent un accord à l'amiable, ce qui épargne à Lance Armstrong le risque de devoir se défendre devant un tribunal des accusations de dopage lancées contre lui par Lemond.
Qualités physiques
Les qualités physiques intrinsèques et surtout son changement de morphologie après son cancer sont souvent mis en avant pour expliquer sa métamorphose de coureur de qualité (avant le cancer) à coureur hors du commun (après le cancer). Quelques éléments pour se faire une idée :
VO2MAX
VO2MAX (en ml/min/kg) relevées par le Professeur Edward F. Coyle :
La VO2 Max de Lance Armstrong, bien qu'excellente, n'est pas exceptionnelle. D'autres champions présentaient une meilleure VO2 Max. Qui plus est, quelques semaines après son premier Tour de France victorieux, elle est sensiblement inférieure à ce qu'elle était en 1993, avant le début de saison.
Poids
La perte de poids (5 à 11 kg selon les sources) consécutive à son cancer est souvent avancée pour expliquer la métamorphose de Lance Armstrong. La presse s'est faite un /devoir de relayer cette information, sans craindre de se contredire : le 13/07/1999, L'Equipe retranscrit les propos de Cyrille Guimard qui parle de 5 à 6 kg perdus ; le lendemain, sous la plume de Guy Roger, le même journal parle de 11 kg, parlant d'un poids de 71 kg. En 2007, dans son livre Le Tour de ma vieJean-Marie Leblanc fait référence aux déclarations de Cyrille Guimard mais les "5 à 6 kg perdus" sont devenus 10 kg ! Toujours en 2007, Bernard Hinault parle de 10 kg.
L'idée d'une perte de poids pour expliquer une brutale amélioration des performances n'est pas toute neuve. Déjà, en 1996, Bjarne Riis expliquait sa métamorphose par un amaigrissement de 4 à 5 kg. On sait depuis quelles étaient les vraies raisons de sa métamorphose.
Selon toute vraisemblance, Lance Armstrong n'a que très peu maigri ! Dans L.A. Officiel (page 231), Pierre Ballester et David Walsh rappellent les relevés effectués par le Professeur Edward F. Coyle :
Lors de la pesée d'avant Tour de France, il se situait à 74 kg en 2003, 77 kg en 2004 et 77,2 kg en 2005. (L'Equipe, 24/02/2009, cité par Jean-Pierre de Mondenard, La grande imposture, page 173)
Puissance
Puissances développées par Lance Armstrong exprimées en «watts» (calculés pour un athlète de 70 kg avec un vélo de 8 kg) :
1999 : 405 watts de moyenne sur les grandes arrivées en montagne du Tour de France
2000 : 420 watts de moyenne sur les grandes arrivées en montagne du Tour de France
2001 : 430 watts de moyenne sur les grandes arrivées en montagne du Tour de France
2002 : 415 watts de moyenne sur les grandes arrivées en montagne du Tour de France
2003 : 425 watts de moyenne sur les grandes arrivées en montagne du Tour de France
2004 : 440 watts de moyenne sur les grandes arrivées en montagne du Tour de France
2005 : 425 watts de moyenne sur les grandes arrivées en montagne du Tour de France
2009 : 450 watts dans l'ascension de Verbier (15ème étape)
Après son titre de Champion du Monde 1993, il déclare monter à 209 pulsations par minute.
Ses premiers Tour de France
Si Bernard Hinault remporta son premier Tour, si Greg Lemond se montra à un très bon niveau dès sa première participation (troisième), Armstrong fut beaucoup plus timoré.
1993
Lance Armstrong découvre le Tour. Il abandonne après la deuxième étape de montagne, un abandon programmé avant le Tour. Dans l'étape de montagne Villard-de-Lans - Serre Chevalier, il termine 86ème à 21'42" de Tony Rominger. Le lendemain, dans l'étape se terminant à Isola 2000, il pointe à la 97ème place, 28'47" derrière Tony Rominger, encore lui. Armstrong n'a que 21 ans et n'a sans doute pas forcé son talent dans ces étapes. Dans le contre-la-montre du Lac de Madine (59 km), il termine 27ème à 6'03" du vainqueur, Miguel Indurain. Il s'estime capable de gagner trois minutes en trois ans.
1994
Dans les Pyrénées, Armstrong termine 64ème de l'étape Cahors-Hautacam, 7 minutes derrière Luc Leblanc. Le lendemain, il arrive 20 minutes derrières Richard Virenque à Luz Ardiden, en 55ème position. Il renonce avant d'atteindre les Alpes. Dans le contre-la-montre de 64 km, il termine à 6'23" du vainqueur.
1995
Après avoir remporté sa première étape dans un Tour de France, il réussit à rallier les Champs-Elysées. En montagne, il est 36ème à 1 heure 28 minutes et 6 secondes de Miguel Indurain. Dans les étapes de montagne, il n'a pas particulièrement brillé : 39ème entre Saint Etienne et Saint Mandé à 8'37" de Laurent Jalabert, 40ème à La Plagne à 18 minutes d'Alex Zülle, 56ème à l'Alpe d'Huez à 18'33" de Marco Pantani, 117ème à Guzet Neige à plus de 28 minutes du même Pantani et, enfin, 64ème à Cauterets à près de 33 minutes de Richard Virenque. Dans le contre-la-montre 46,5 km, il termine à 6'24" du vainqueur. Il déclarera pourtant, quelques années plus tard, qu'en 1995, il se sentait très bien.
Paroles de Lance
Sans cesse soupçonné de dopage, Lance Armstrong a multiplié les déclarations à ce sujet. En voici quelques unes.
1999
«Penser que quelqu'un qui a vu la mort en face comme moi se dope, c'est de la connerie...» (Le Parisien, 07/06/1999)
Après l'exclusion de Marco Pantani du Tour d'Italie : "Déçu pour mon sport car Pantani avait du charisme et des convictions." (L'Equipe 07/06/1999)
«Existe-t-il du dopage dans le cyclisme ? Je n'en ai aucune idée. Pas dans mon équipe. Et jamais lors des équipes ou programmes d'entraînement que j'ai fréquentés.» (L'Equipe, 20/07/1999)
Réponse à la question "Vous ne parlez jamais de ça [le dopage] dans les pelotons ?" : «En fait, non.» (L'Equipe, 20/07/1999)
«La France est le pays le plus en pointe, le plus sévère contre le dopage. Moi j'habite en France, je m'entraîne en France, je fais toutes les courses de la saison en France. Si j'avais quelque chose à me reprocher, je ne serais pas en France toute l'année !» (1999, Ouest-France, cité par cyclismag.com, 24/04/2009)
«Serais-je si fou que ça ? Je n'ai rien à cacher, aucun secret ! Ma vie comme ma carrière sont des livres ouverts. Je suis clean, soyez-le avec moi.» (L'Equipe 20/07/1999, rappelé dans L'Equipe du 23/08/2005)
2001
«Pour moi, ça ne fait aucun doute, je n'ai jamais eu recours à des produits interdits, que ce soit l'EPO ou toute autre substance illicite.» (L'Equipe 12/04/2001, rappelé dans L'Equipe du 23/08/2005)
Réponse à la question "Pensez-vous que le dopage puisse disparaître un jour du peloton ?" : «Mais on l'a prouvé, non ?.» (L'Equipe 12/04/2001, cité par Jean-Pierre de Mondenard dans La grande imposture, page 163)
A propos de sa collaboration avec le Dr Ferrari : «Ferrari me suit de loin en loin depuis 1995, mais c'est seulement ces derniers temps, dans la perspective du record de l'heure, que je l'ai rencontré plus souvent. (...) Je n'ai jamais nié avoir des contacts avec lui, mais il est est vrai qu'il m'était difficile d'en parler parce que, dès que l'on prononce son nom, tout le monde pense à mal. (...) Il figure dans toutes les enquêtes sur le dopage ? Mais qui n'est pas, ou n'a pas été, inquiété dans le cyclisme ?» (L'Equipe 08/07/2001)
«J'ai été victime d'un contexte né de l'affaire Festina. L'important, c'est que je suis innocent. A la justice, je peux donner tout ce qu'elle veut... mon sang, mon urine, mes cheveux. Aux journalistes, j'ouvrirai ma porte, mais en échange, je vous demanderai un traitement correct et honnête.» (L'Equipe 30/07/2001, rappelé dans L'Equipe du 23/08/2005)
2003
«J'ai attaqué le Tour 2000 avec une cible dans le dos. (...) Cette fois les deux anciens vainqueurs du Tour, l'Italien Marco Pantani et l'allemand Jan Ullrich, qui ne s'étaient pas engagés dans le Tour 99 pour des raisons personnelles, seraient sur la ligne de départ.» (Lance Armstrong, Chaque seconde compte, Albin Michel 2003). Si Marco Pantani ne participa pas à ce tour, ce n'est donc pas à cause de son exclusion du Giro 1999 pour dopage à l'EPO...
«Si j'avais à choisir entre remporter le Tour de France et avoir un cancer, je choisirais le cancer.» (Lance Armstrong, Chaque seconde compte, Albin Michel 2003)
«Je n'ai jamais été contrôlé positif. Jamais. Et je n'ai pas l'intention de l'être. Savez-vous pourquoi ? Parce que les seules traces que je porte en moi sont celles de l'effort et du travail, et qu'il n'y a pas de test pour ça.» (Lance Armstrong, Chaque seconde compte, Albin Michel 2003)
«[Mon fils] s'appelle Armstrong, c'est un nom connu, et le jour où il ira à l'école je ne veux pas qu'on lui dise : "Armstrong, ah oui ! Ton papa est un tricheur, un type qui se dope !" J'en crèverais.» (Lance Armstrong, Chaque seconde compte, Albin Michel 2003)
2005
«Je crois en une compétition juste et loyale. Comme je l'ai déjà dit, je ne prends pas et je n'ai jamais pris de drogue qui favorisent la performance.» (L'Equipe 21/01/2005, rappelé dans L'Equipe du 23/08/2005)
2007
Pour soutenir Floyd Landis, dans ses démêlés avec le laboratoire de Châtenay-Malabry : "Je crois en Floyd. Je pense qu'il n'a pas été traité équitablement. Je ne fais pas confiance au labo" (Yahoo / AP, 26/04/2007).
2009
A propos de Bernard Hinault qui dit espérer qu'il ne participe pas au Tour de France 2009 : "Gagner cinq Tours ne fait pas de vous une personne intelligente, mais bien un branleur." (Twitter, cité par www.7sur7.be, 08/06/2009)
Soyons justes, il peut aussi s'exprimer sur d'autres sujets.
Après son titre de Champion du Monde, on évoque une réception à la Maison Blanche : «La Maison Blanche, c'est vraiment pas mon truc.» (L'Equipe, 31/08/1993)
«Je suis plutôt destiné aux courses d'un jour. (...) Le Tour de France (...) je ne pense pas que ce soit dans mes cordes.» (L'Equipe, 01/12/1993)
Ses contrôles antidopage
Le 23/08/2005, L'Equipe, s'appuyant sur des sources UCI, publie la liste des contrôles antidopage auxquels Lance Armstrong s'est soumis de 1999 à 2004. On pourra être surpris par le fait que les contrôles sont de moins en moins nombreux.
1999 : 15 contrôles urinaires conventionnels (1 positif à la triamcinolone acétonide - corticoïdes, 14 négatifs)
2001 : 10 contrôles urinaires conventionnels, dont 5 avec détection de l'EPO (tous négatifs)
2002 : 9 contrôles urinaires conventionnels incluant la recherche d'HES, dont 8 avec détection de l'EPO (tous négatifs)
2003 : 9 contrôles urinaires conventionnels incluant la recherche d'HES, dont 6 avec détection de l'EPO (tous négatifs)
2004 : 8 contrôles urinaires conventionnels incluant la recherche d'HES, dont 7 avec détection de l'EPO (tous négatifs). 1 contrôle sanguin de détection des hémoglobines de synthèse (négatif).
2009 : au 2 juillet 2009, Armstrong annonce un 34ème contrôle depuis l'annonce de son come-back. Ce chiffre, issu de son Twitter, est invérifiable dans la mesure où les contrôles sont effectués par plusieurs instances (UCI, AFLD, USADA...) qui n'ont aucune obligation de communiquer sur le sujet. Qui plus est, Armstrong lui-même n'annonce pas tous les contrôles ou alors sa calculette a tendance à s'emballer : le 31 mai, il annonce le 29ème contrôle et le 16 juin le 31ème. Entre les deux, aucune annonce... Pour sa part, le 4 juillet 2009, Fabian Cancellara en était à 55 en 15 mois.
Dans L.A. Officiel (page 37), Pierre Ballester et David Walsch révèlent un contrôle inopiné que les contrôleurs de l'Usada n'ont pu effectuer au domicile du coureur américain :
L'incident remonte à la fin du printemps 2004, un jour ou Mike Anderson travaillait au ranch de Dripping Springs. Il était parti de chez lui pour rejoindre le ranch, à une vingtaine de kilomètres de là. Alors qu'il était en route, il reçut un appel sur son téléphone portable. C'était le paysagiste, Derek Russey, qui était déjà à Dripping Springs. (...) Derek Russey lui dit que des gens de l'Usada étaient au ranch et voulaient savoir si Lance était dans les parages.
"Je lui ai répondu : " Comment ça, où est Lance ? Il est chez lui, il est dans la maison."
"Il m'a dit : " Non, il n'y est pas. Et les gens de l'Usada sont là. Je les ai fait partir. (...) " Derek voulait que l'ami de Lance, John Korioth, vienne chercher la voiture et la conduise sous les yeux des contrôleurs de l'Usada, qu'il soupçonnait d'attendre devant les grilles de la propriété. Les vitres de la voiture sont teintées et John est à peu près de la même corpulence que Lance (...). John conduirait la voiture, les gens de l'Usada ne remarqueraient pas que ce n'était pas Lance, les portes se refermeraient derrière lui, et les contrôleurs penseraient que tout ceci n'avait été qu'un malentendu entre le paysagiste et eux. Mais durant tout ce temps, Lance était bien à la maison."
(...)
Mike Anderson se doutait qu'il y avait quelque chose qui clochait, parce qu'il s'était rendu au ranch ce matin-là, persuadé d'y trouver Armstrong. (...) Par le passé, jamais Lance n'avait quitté le ranch sans en avertir au prélable son assistant personnel. Ca n'était tout simplement jamais arrivé. " (...) C'était bien la première - et la dernière - fois qu'il disparaissait comme ça sans prévenir."
Le Tour de France 1999 et l'EPO
Le 23 août 2005, le journal L'Equipe publiait un scoop retentissant : lors du Tour de France 1999, 6 échantillons d'urine prélevé sur le texan contenaient de l'EPO. Un fameux retour de boomerang à celui qui répondait souvent avec morgue à ceux qui le soupçonnaient de dopage. On pourra lire en page actualité, les détails de cette révélation et ci-dessous quelques réactions de personnalités, dont certaines se gardent bien de tirer sur l'ambulance.
Fabrizio Bontempi (directeur sportif de l'équipe Lampre) : "Il n'est pas vraiment juste que l'on ressorte une affaire qui date désormais de 1999 et cela ne sert strictement à rien. Armstrong n'a jamais été contrôlé positif et de plus il vient de prendre sa retraite, donc où est l'intérêt d'en parler maintenant ? Nous en avons discuté en voiture avec Cunego (Damiano) et je peux assurer qu'il a la même opinion que moi." (www.dhnet.be 23/08/2005)
Jean-Pierre Danguillaume (ancien coureur) : "Y'a prescription. Qu'est-ce qu'on va s'em... avec cela. En 99, il y avait 90 pour cent du peloton qui se mettait de l'EPO. Cette affaire ne me choque donc pas." (L'Equipe 24/08/2005)
Raymond Domenech (entraîneur de l'équipe de France de football) : "C'est remuer la merde pour rien. Il est un grand champion. C'est un grand sportif qui a vécu dans son milieu." (L'Equipe 26/08/2008, rapporté dans le Canard Enchaîné du 31/08/2005)
Gilbert Duclos-Lassalle (ancien coureur) : "Cette affaire est dommageable car elle va ternir sa carrière. (...) Je remarque simplement maintenant que l'on a oublié que le personnage était un très grand champion, couronné mondialement à 21 ans, perfectionniste du travail et de l'entraînement." (L'Equipe 24/08/2005)
Jacky Durand (ancien coureur) : "Et pourquoi sortir une telle affaire maintenant ? C'est facile de faire cela ! Ca me paraît un peu bizarre. A chaud, j'ai de gros doutes sur la véracité des accusations." (L'Equipe 24/08/2005)
Laurent Fignon (ancien vainqueur du Tour de France) : "Cette histoire est trop vieille. 1999 ? J'en ai rien à foutre. Ca va servir à quoi ?" (Libération 24/08/2005)
Jean-René Godard, journaliste et surtout ami de Lance Armstrong : "J'ai été très peiné de voir qu'on a voulu l'incriminer de tricherie de dopage, six ans après. C'est honteux alors qu'il n'a jamais été contrôlé positif, jamais, jamais, jamais." (La Presse de la Manche, 16/04/2008, cité par Jean-Pierre de Mondenard dans La grande imposture, page 159)
Cyrille Guimard (ancien coureur) : "Cela ne me surprend pas dans le contexte de 1999. Tout le monde savait que l'EPO n'était pas détectable et, donc, utilisée." (Ouest-France, 24/08/2005)
Stéphane Heulot (ancien coureur) : "J'ai souvent couru avec lui et je l'ai vu, du jour au lendemain, devenir le meilleur contre-la-montre. Qu'il ait progressé en montagne parce qu'il avait perdu du poids. Pourquoi pas. Mais qu'il devienne également le meilleur rouleur du peloton, ça me laissait dubitatif." (Ouest-France, 24/08/2005)
Miguel Indurain (ancien vainqueur du Tour de France) : "Il me semble malsain qu'on commence à déterrer des test effectués il y a des années. Je trouve cela très étrange et je me demande si garder de tels spécimens est légal. (...) Tout ce qui touche à Armstrong est bon pour les médias, mais la question est de savoir si tout cela est vrai ou non. Il y a des doutes sur la fiabilité des tests (pour l'EPO) et il y a des doutes sur toute cette affaire." (www.dhnet.be 23/08/2005)
Jean-Marie Leblanc (directeur du Tour de France) : "Moi, je faisais partie de ceux qui ne s'attendaient pas à ça." (L'Equipe 24/08/2005) En 2007, il précise : "La démonstration de Ressiot [est] imparable, solide, clairement étayée - photocopies à l'appui - et finalement convaincante." (Le Tour de ma vie, 2007, page 280)
Eddy Merckx (ancien vainqueur du Tour de France) : "C'est du journalisme à sensation. Armstrong m'a toujours affirmé ne jamais s'être dopé. Entre (ce qu'écrit) un journaliste et la parole de Lance, je fais confiance à Armstrong." (L'Equipe 24/08/2005)
Jean Pitallier (président de la FFC) : "Je n'ai pas à prendre position. C'est une affaire qui remonte à 1999." (L'Equipe 24/08/2005)
Raymond Poulidor (ancien coureur) : "Pourquoi pas remonter jusqu'en 1903 tant qu'on y est ?" (Libération 24/08/2005)
Christian Prudhomme (Directeur du Tour de France) : "Je ne doute pas un seul instant du sérieux de l'enquête de L'Equipe, il faut néanmoins confirmer, vérifier, etc. Mais je le répète, [c'est] un vrai choc [...] J'y vois quand même un espoir. Aujourd'hui, les gens qui trichent doivent se dire: dans un an, dans deux ans, dans cinq ans peut-être je me ferai pincer." (23/08/2005, rappelé par cyclismag.com 13/05/2009)
Bernard Thévenet (ancien vainqueur du Tour de France) : "Ce qui me gène, c'est que cette affaire sorte juste au moment où Armstrong s'en va... je note aussi qu'elle intervient juste avant les élections à l'UCI. J'en vois deux effets: un coup de bâton derrière les oreilles du cyclisme et la remise en cause de la lutte antidopage." (L'Equipe 24/08/2005)
Jan Ullrich (ancien vainqueur du Tour de France) : "Il nous manque toutes les informations nécessaires et exactes, c'est pourquoi je ne veux pas tirer de conclusions trop hâtives. Mais il est clair que je serais très déçu si les informations contenues dans cet article étaient confirmées." (L'Equipe 24/08/2005)
Hein Verbruggen (Président de l'UCI) : "C'est une affaire qui sort de France et ce n'est pas par hasard." (Ouest-France, 24/08/2005)
Richard Virenque (ancien coureur) : "Ca me parait un peu bizarre : sept ans après, de telles révélations ! Il est étonnant qu'il faille attendre qu'Armstrong soit parti pour sortir cela." (Ouest-France, 24/08/2005)
Thomas Voeckler (coureur cycliste) : "Je ne tombe pas des nues, car il y avait beaucoup de doutes." (Ouest-France, 24/08/2005)
Alex Zuelle (deuxième du Tour de France 1999) : "Je ne m'intéresse plus à ce genre de choses. (...) Maintenant qu'il a gagné son septième Tour, cette bombe vient d'exploser. Cela permet aussi aux media de gagner de l'argent. En ce qui me concerne, le Tour 1999 est de l'histoire ancienne. Trop d'années ont passé." (www.dhnet.be 23/08/2005)
Le Tour de France 1999 et les corticoïdes
Le 4 juillet 1999, Lance Armstrong est contrôlé positif au triamcinolone acétonide, un corticoïde de synthèse à action retard. Sur le procès verbal du contrôle médical, dans la colonne « Médicaments pris », il est écrit : « néant ». C'est la panique dans le camp du champion américain qui fournira plusieurs explications :
"Je n'ai jamais eu (...) de certificat médical déposé à l'UCI m'autorisant à prendre des produits." (L'Equipe, 15/07/1999)
"Ma selle me blessait, et je me soignais avec une pommade à la cortisone que j'avais d'ailleurs fait accepter par les autorités avant le départ de la course." (Lance Armstrong dans "Il n'y a pas que le vélo dans la vie")
"J'utilisais une crème analgésique contenant des corticoïdes pour soulager une inflammation provoquée par le frottement de la selle. (...) J'avais indiqué la composition du produit aux responsables du Tour et on m'avait autorisé à l'employer." (Lance Armstrong dans "Chaque seconde compte")
Ces déclarations, outre le fait qu'elles évoluent, contiennent un certain nombre d'erreurs ou de mensonges :
Après avoir affirmé n'avoir jamais pris de corticoïdes et ne pas avoir de certificat médical pour utiliser des produits interdits, Lance Armstrong se rétracte.
La pommade à la cortisone n'avait pas été déclarée aux autorités, comme l'ont démontré Pierre Ballester et David Walsch dans leur enquête.
De ce fait, les responsables du Tour n'avaient nullement autorisé Armstrong à l'utiliser, d'autant que ce rôle revient à l'UCI.
Malgré tout, l'UCI, bonne patte, fera une entorse à son règlement en acceptant un certificat médical antidaté pour fermer les yeux sur cette affaire, ouvrant la route à la première victoire d'Armstrong dans le Tour de France.
Le Tour de France 2002
Michel Audran, spécialiste de la lutte antidopage, a analysé les urines de Lance Armstrong, prélevées pendant le Tour de France 2002. Ces urines lui on paru suspectes. Il déclare : "On n'a rien trouvé. J'étais stupéfait par la clarté des urines. On peut penser à un échange d'urine." Selon lui, Armstrong aurait pu échapper à la vigilance du médecin contrôleur : "Il y a quelqu'un qui est présent lors de la collecte du flacon d'urine. Mais est-ce que la personne qui est à côté d'Armstrong osera mettre son nez dans ses affaires ! (...) Je sais qu'à l'époque j'avais demandé à ce qu'on fasse une identification des urines à partir de l'ADN et on ne l'a pas fait, je ne sais pas pour quelle raison." (L'affaire Jeanson, l'engrenage, Alain Gravel, Editions Voix parallèles, 2008, page 54)
Le come-back en 2009
En septembre 2008, il annonce son retour à la compétition pour 2009 et sa volonté de conquérir un huitième Tour de France. Un come-back qui ne fait pas l'unanimité.
Jean-Etienne Amaury, PDG d'ASO : "On ne peut pas dire qu'il n'embarasse pas le Tour de France puisqu'il a avec lui une histoire compliquée." ("Le sale tour", Editions Seuil 2009, page 104)
Christophe Bassons, ancien coureur professionnal : "C'est triste, ça me désole et ça me fait même un peu peur... Je ne comprends pas. (...) Si il a décidé de revenir à la compétition, c'est qu'il doit être sûr de pouvoir gagner un huitième Tour de France. En plus, s'il le court avec l'équipe Astana, je trouve que ce sera encore une manière de narguer l'épreuve et le milieu du vélo. Ce retour ne le grandira pas." (sport.fr - 10/09/2008)
Jean-François Bernard, ancien coureur : "Pour moi, il n'est pas dans le classement du Tour. C'est seulement un « people » qui fait parler de lui. (...) Son retour est plus politique et commercial que sportif." (L'Equipe, 13/07/2009)
Jean-René Bernaudeau, directeur sportif de Bouygues Telecom : "Les come-back de ce style, ce n'est pas du tout ma conception du sport. (...) Avec Armstrong, on a l'impression que tout est facile: il a arrêté trois ans et il va revenir comme si de rien n'était. Ce n'est pas ça, le vélo." (sport.fr - 10/09/2008)
Patrice Clerc, ancien PDG d'ASO : "On ne peut ni encenser ni lyncher Armstrong. Mais je trouve ce retour terrible pour le sport cycliste." ("Le sale tour", Editions Seuil 2009, page 110)
Alberto Contador, futur coéquipier chez Astana : "C'est une bonne nouvelle pour le cyclisme car elle va susciter beaucoup d'intérêt et, à Astana, nous serions ravis de l'accueillir à bras ouverts. " (Le Monde, 12/09/2008, cité par Jean-Pierre de Mondenard dans La grande imposture, page 197)
Antoine Deneriaz, champion olympique de ski de descente en 2006 : "C'est dommage, limite écoeurant." ("Le sale tour", Editions Seuil 2009, page 157)
Tony Estanguet, double champion olympique de canoë en 2000 et 2004 : "[Son retour] relève (...) plutôt d'un retour en arrière pour le sport en général et le cyclisme en particulier." ("Le sale tour", Editions Seuil 2009, page 157)
Laurent Fignon, double vainqueur du Tour de France : "Je pense que cela va faire du bien au vélo parce qu'on manque un petit peu de champion charismatique en ce moment. Cela attire les médias. A chaque fois qu'il est dans une course, il y a beaucoup plus d'accréditations. Cela ne peut faire que du bien." (sport365.fr - 26/03/2009)
Bernard Hinault, quintuple vainqueur du Tour de France : "Jeannie Longo est toujours là à près de 50 ans alors Lance Armstrong a encore tout le temps devant lui... C'est quand même un athlète complet..." (sport.fr - 10/09/2008)
Christian Hutin, Député apparenté PS du Nord, médecin des 4 Jours de Dunkerque : "Son retour dans un peloton réduit à néant tout ce qui était moralisé ces trois dernières années. Les purs, les jeunes, vont être terriblement démobilisés." ("Le sale tour", Editions Seuil 2009, page 148)
Paul Kimmage, ancien coureur devenu journaliste : "Tout l'enthousiasme que j'avais peu à peu reconstruit autour de ce sport au cours des dernières années s'est totalement écroulé. Tout est balayé, tous mes espoirs sont réduits à néant. Il (...) veut nous faire croire que, s'il revient, c'est pour sauver l'humanité tout entière du cancer. Tout ça, c'est des conneries. C'est une question d'ego. Le seul truc qui intéresse Lance Armstrong, c'est Lance Armstrong. Je pense qu'il cherche à réécrire sa sortie de ce sport. Il a pris du recul ces deux dernières années, il a bien observé le monde du vélo et il ne peut pas supporter l'idée que, aujourd'hui, des coureurs propres sont sur le point d'effacer sa légende et de le renvoyer directement au fond des toilettes de l'histoire, avec tout la merde qu'il a fait endurer à ce sport... Ce type, avec sa manie d'intimider les gens, son agressivité, le tout drapé dans son bel habit de martyr du cancer, c'est ça qu'il essaie constamment de dissimuler... Le héros qui a vaincu le cancer ? Eh bien c'est lui, le cancer de ce sport. Pendant deux ans, ce sport a connu une rémission. Et maintenant, le cancer est de retour." ("Le sale tour", Editions Seuil 2009, page 183)
Jean-François Lamour, ancien Ministre des Sports : "C'est un invité encombrant pour le Tour, comme un élastique qui nous ramène à une page qui semblait se tourner." (L'Equipe du 12/09/2008, cité dans La grande imposture, Editions Chiron 2000, page 17)
Greg Lemond, premier américain vainqueur du Tour de France : "Son retour n'est pas une bonne nouvelle. C'est le cauchemar que nous avons vécu de si longues années qui revient." (AFP, 25/09/2008)
Marc Madiot, directeur sportif de la Française des Jeux : "Avant de prétendre regagner le Tour, il faut d'abord que Lance Armstrong s'explique sur ce qui s'est passé en 1999." (sport.fr - 10/09/2008)
Pat McQuaid, président de l'UCI : "Le retour de Lance Armstrong est une bonne chose pour le Tour de France et le cyclisme en général. C'est un grand champion et le meilleur ambassadeur du sport cycliste. C'est un héros sportif." (Lance Armstrong, l'abus ! - Jean-Emmanuel Ducoin - 2009)
David Millar, coureur de l'équipe Garmin : "Son retour peut-être une bonne chose. C'est à lui de faire en sorte que ce soit une bonne chose. Il a l'opportunité de le prouver. Ce n'est pas parce qu'il a couru à une mauvaise époque qu'il est un mauvais athlète." (20minutes.fr - 27/06/2009)
Jean-Christophe Péraud, vice-champion olympique de VTT en 2008 : "Franchement, je suis dégouté." ("Le sale tour", Editions Seuil 2009, page 157)
Jérôme Pineau, coureur de Bouygues Telecom : "Son retour n'est pas une bonne nouvelle pour le cyclisme. Il revient après trois ans d'absence et je n'imagine pas une seconde qu'il ne soit pas dans le coup. Il revient pour gagner, pour faire comme avant. Comment faire croire après aux gens que cela soit possible ? C'est l'image et la crédibilité du cyclisme qui sont en jeu." (ouestfrance.fr - 27/09/2008)
Dick Pound, ancien Président de l'Agence Mondiale Antidopage : "S'il croit que son retour peut le dispenser de répondre à l'enquête et au constat auxquels avait abouti l'enquête de L'Equipe en août 2005, alors il commet une grave erreur. (...) Six de ses échantillons prélevés en 1999 contiennent de l'EPO. Il n'a jamais pu démontrer le contraire. Il n'est pas blanchi, comme il l'affirme." (L'Equipe, 27/09/2008)
Nicolas Sarkozy, Président de la République française : "Regardez Armstrong, ce type qui a surmonté un cancer, qui a gagné sept Tours et qui repart cette année. C'est un type vraiment courageux, à l'image de tous ces coureurs cyclistes qui se battent jusqu'à l'extrême." (Propos tenus lors du Conseil des Ministres du 01/07/2009 et rapportés par Le Canard Enchaîné du 08/07/2009)
Coéquipiers impliqués dans des affaires de dopage
28 des 132 coéquipiers de Lance Armstrong (soit 21,2%) ont vu leur nom apparaître dans des affaires de dopage. Parfois avant, parfois après ou parfois pendant leur cohabitation sous le même maillot.
Philip Grant ANDERSON : coéquipier chez Motorola (1992, 1993, 1994). 1983 : contrôle positif
Francisco ANDREU : coéquipier chez Motorola (1992, 1993, 1994) Motorola - Merckx - Volvo (1995) Motorola (1996) Cofidis (1997) US Postal Service (1998, 1999, 2000). 1995 : aveux en 2006 (non sanctionné)
Stéphane BARTHE : coéquipier chez Us Postal Service (2001). 199x : enquête judiciaire (non sanctionné)
Manuel BELTRAN MARTINEZ : coéquipier chez Us Postal Service Presented by Berry Floor (2003) US Postal Service Presented by Berry Floor (2004) Discovery Channel Pro Cycling Team (2005). 1999 : contrôle positif ; 1999 : enquête du laboratoire (non sanctionné) ; 2008 : contrôle positif
Volodymir BILEKA : coéquipier chez Discovery Channel Pro Cycling Team (2005). 2008 : contrôle positif
Tom BOONEN : coéquipier chez US Postal Service (2000, 2002). 2008 : contrôle positif
David GEORGE : coéquipier chez US Postal Service (1999, 2000). 2004 : contrôle positif
Roland GREEN : coéquipier chez Us Postal Service (2001). 2004 : contrôle positif
Tyler HAMILTON : coéquipier chez US Postal Service (1998, 1999, 2000) Us Postal Service (2001). 2004 : contrôle positif (non sanctionné) ; 2004 : contrôle positif ; 2009 : contrôle positif et aveux en 2009
Roberto HERAS HERNANDEZ : coéquipier chez Us Postal Service (2001) US Postal Service (2002) Us Postal Service Presented by Berry Floor (2003). 2005 : contrôle positif
Benoit JOACHIM : coéquipier chez US Postal Service (1999, 2000) Us Postal Service (2001) US Postal Service (2002) Us Postal Service Presented by Berry Floor (2003) US Postal Service Presented by Berry Floor (2004) Discovery Channel Pro Cycling Team (2005). 2000 : contrôle positif (non sanctionné)
Floyd LANDIS : coéquipier chez US Postal Service (2002) Us Postal Service Presented by Berry Floor (2003) US Postal Service Presented by Berry Floor (2004). 2006 : contrôle positif
Joan LLANERAS ROSELLO : coéquipier chez US Postal Service (1998). 2001 : contrôle positif
Gianpaolo MONDINI : coéquipier chez US Postal Service (2002). 2001 : flagrant délit
Kirk O'BEE : coéquipier chez US Postal Service (2000). 2001 : contrôle positif
Pavel PADRNOS : coéquipier chez US Postal Service (2002) Us Postal Service Presented by Berry Floor (2003) US Postal Service Presented by Berry Floor (2004) Discovery Channel Pro Cycling Team (2005). 2001 : flagrant délit (pas de sanction ?)
Victor Hugo PENA GRISALES : coéquipier chez Us Postal Service (2001) US Postal Service (2002) Us Postal Service Presented by Berry Floor (2003) US Postal Service Presented by Berry Floor (2004). 2001 : contrôle positif (pas de sanction ?)
Andrea PERON : coéquipier chez Motorola - Merckx - Volvo (1995) Motorola (1996). 2001 : flagrant délit (pas de sanction ?)
Jean-Cyril ROBIN : coéquipier chez US Postal Service (1998). 199x : aveux en 2004 (pas de sanction ?)
Maximilian SCIANDRI : coéquipier chez Motorola (1992, 1993, 1996). 2001 : enquête policière (pas de sanction ?)
Stephen SWART : coéquipier chez Motorola (1994) Motorola - Merckx - Volvo (1995). 1995 : aveux en 2004 (non sanctionné)
Jonathan VAUGHTERS : coéquipier chez US Postal Service (1998, 1999). 199x : aveux (non sanctionné)
Matthew WHITE : coéquipier chez Us Postal Service (2001) US Postal Service (2002) Us Postal Service Presented by Berry Floor (2003). 1998 : contrôle positif
Comment peut-il prétendre tout ignorer du dopage quand il a à ses côtés son "ami" et coéquipier Kevin Livingston, mis en examen dans le cadre de l'affaire "Ferrari" ?
Est-il possible que Greg Strock et Erich Kaiter, de l'équipe nationale junior des Etats-Unis, aient été dopés en 1990 par Rene Wenzel, entraîneur national, et qu'Armstrong n'ait rien vu, rien subi ? Son coach et ami intime, Chris Carmichael, est même accusé par Erich Kaiter, d'avoir pratiqué lui-même des injections. (Lire Sport & Vie n°69 - Juillet 2001)
Pourquoi avoir nié dans une conférence de presse, le 19 juillet 1999, avoir absorbé de l'EPO dans le cadre de son traitement contre son cancer, alors même qu'il l'évoque dans son premier livre ?
Pourquoi avoir affirmé dans le livre "Chaque seconde compte", paru en 2003, qu'il ignorait que ses urines du Tour 2000 seraient conservées par congélation dans l'attente d'un test de détection de l'EPO ? Ceci était pourtant pratiqué depuis 1998 et de notoriété publique comme l'indique l'article de Jean-Yves Nau publié dans Le Monde du 08/06/2000.
Cruel précédent
A longueur d'interview, Lance Armstrong répète qu'il n'a jamais été contrôlé positif, ce qui serait sensé attester de sa "virginité". Tout d'abord, rappelons que, même s'il ne fut pas sanctionné, il a bel et bien été contrôlé lors du Tour de France 1999
. Ensuite, pour le plaisir, rappelons cette phrase de Freddy Maertens
qui figure en bonne place dans le bétisier du dopage : "Quant au dopage, je ne peux répondre qu'une chose : au Tour et au championnat du monde, j'ai été contrôlé négativement chaque fois". Ceci ne l'empêche pas d'être cité à 6 reprises dans l'annuaire du dopage !
Ils ont dit de lui
1993
Stephen Roche : "Si j'étais méchant, je dirais que c'est un prétentieux et qu'il a la grosse tête. Il te bouscule, t'engueule et n'essaie même pas d'écouter ton point de vue." (L'Equipe, 31/08/1993)
Claudio Chiappucci : "C'est un type bizarre. Un jour ça va aller, le lendemain, il ne te dira même pas bonjour. Je ne veux même pas me prononcer sur la suite de sa carrière. Une chose est sûre, il ne gagnera jamais un grand Tour." (L'Equipe, 31/08/1993)
Marc Madiot : "C'est un ricain très cool. Pas la grosse tête." (L'Equipe, 31/08/1993)
1996
Laurent Jalabert : "Je l'apprécie pour son tempérament offensif, mais il a aussi des défauts : il fantasme un peu, il se prend pour le centre du monde. Il est dans le faux." ("On m'appelle Jaja", Editions Solar 1996, page 189)
1999
Jean-Cyril Robin : "Un type spécial, individualiste." (L'Equipe, 05/07/1999)
Manolo Saiz, à propos du contrôle positif aux corticoïdes sur le Tour de France 1999 : "La presse le salit de ses soupçons. Vous ne salissez pas seulement un coureur mais une illusion qui fait vivre des millions de supporters." (Libération, 22/07/1999)
2000
Antoine Vayer : "Sans prise de dopants, dans la montée d'un col, la puissance d'un coureur diminue progressivement. Quand on analyse kilomètre par kilomètre la montée de Lance Armstrong à Hautacam (...) lors du tour 2000, on se rend compte que la vitesse augmente au fur et à mesure que le temps passe. C'est ce que les spécialistes de biophysique appellent le "negative split". Ce phénomène a été observé pour la première fois sur les marathoniens espagnols au début des années 1990. Ils étaient capables d'augmenter leur cadence tous les 5000 mètres." (Libération - 31/10/2000, cité par Jean-Pierre de Mondenard dans La grande imposture, page 184)
2002
Cédric Vasseur : "Armstrong ne m'a pas versé ma prime de victoire sur le Tour 2000. Pour lui, cela doit correspondre à une demi-journée de salaire ! Je trouve cela mesquin." (La France Cycliste - 01/03/2002)
2004
Jean-Marie Leblanc : "Si j'apprenais que la carrière d'Armstrong n'était qu'une escroquerie, je claquerais la porte du cyclisme. (...) Ca voudrait dire que je ne comprendrais plus rien dans le vélo et que je n'aurais plus de raison d'aimer et de croire en ce sport." (Entretien avec Stéphane Mandard, journaliste au Monde en 2004).
2005
Philippe Gaumont : "Un type comme Armstrong mérite le respect pour tout ce qu'il réalise. Dopage ou pas." (Sport et Vie n°91 - Juillet/Août 2005)
Bernard Hinault : "Les Français n'aiment pas les gagneurs, c'est dans la mentalité des gens (...). Lance Armstrong ne se prépare que pour le Tour et le gagne, il est professionnel jusqu'au bout des doigts. C'est donc bien lui qui a raison !" (Cyclismag - 02/10/2005)
Antoine Vayer : "Armstrong je ne le considère pas, pas plus qu'Indurain. Ils ne sont rien, ne valent rien. Ceux qui ont gagné le Tour pour moi s'appellent Michele Ferrari et Sabino Padilla (NDLR : professeur de physiologie et préparateur auprès de Miguel Indurain chez Banesto). Ce sont eux les champions." (La Flamme Rouge - 12/2005)
2007
Nicolas Sarkozy, alors candidat à la Présidence de la République : "Pour moi, Lance Armstrong reste un exemple. On ne peut pas le réduire au dopage." (myfreesport.fr 20/04/2007)
Bernard Hinault : "Ceux qui doutent de ses qualités naturelles, qui le suspectent de recourir à des moyens illicites me foutent les boules ! Ils oublient par où il est passé. Ils oublient qu'un type qui a mis un pied dans la tombe en ressort avec un surcroît de volonté. Et puis, Armstrong a maigri de 10 kilos. En montagne, c'est considérable ! D'ailleurs, du jour où Miguel Indurain a perdu 4 kilos, il a gagné le Tour de France." (L'Equipe, 18/07/2007, cité par Jean-Pierre de Mondenard dans La grande imposture, page 161)
2009
Albert II de Monaco : "J'ai beaucoup d'admiration pour lui. Pour avoir fait ce qu'il a fait, il faut de toute façon être un athlète hors-normes, avec des capacités physiques et mentales tout à fait hors du commun. Pour moi, c'est un très grand champion." (rmc.fr 21/04/2009)
Don Catlin, médecin brièvement chargé par Lance Armstrong de mettre au point un programme de contrôles antidopage : "Je n'ai pas l'intention de parler de Lance Armstrong. (...) On a fait ce qu'on a pu, et on a fini par s'accorder pour dire qu'il valait mieux en rester là." ("Le sale tour", Editions Seuil 2009, page 93)
Laurent Fignon : "Je ne sais pas ce qu'il a fait, mais je ne vois pas pourquoi il n'aurait pas fait comme les autres..." (L'Equipe - 01/07/2009)
Paul Kimmage, ancien coureur devenu journaliste : "J'ai une question pour Lance Armstrong. Où était votre belle compassion quand Jonathan Vaughters quittait le Tour ? Quand Christophe Bassons était contraint d'abandonner ? Quel pardon avez-vous accordé à Frankie Andreu et Filippo Simeoni ? J'ai une question pour Lance Armstrong : Pourquoi méprisez-vous à ce point ceux qui s'efforcent de jouer selon les règles ?" ("Le sale tour", Editions Seuil 2009, page 183)
Jean-François Lamour, ancien Ministre des Sports : "L'UCI a toujours protégé Lance Armstrong." ("Le sale tour", Editions Seuil 2009, page 144)
Nicolas Lopez, vice-champion olympique de sabre en 2008 : "Pour moi, ce n'est pas un champion, absolument pas un exemple." ("Le sale tour", Editions Seuil 2009, page 157)
Jean-Pierre de Mondenard, spécialiste du dopage : "Si l'organisation du Tour de France l'attaque en justice pour manquement à l'éthique ou a l'image de l'épreuve, la somme des témoignages et des preuves est suffisante pour qu'un tribunal puisse condamner Armstrong." (www.francesoir.fr, 16/10/2009)
Jan Ullrich, ancien adversaire, à propos de la performance d'Armstrong sur le Tour : "Je crois que Lance mérite du respect et notre admiration." (eurosport.fr, 23/07/2009)
Rama Yade, secrétaire d'État auprès du ministre de la Santé et des Sports, chargée des Sports, : "J'ai de l'admiration pour Armstrong. Ce sont les élites qui le détestent, mais les élites n'ont rien compris. Quand on atteint ce degré de popularité et de performance, ce n'est plus du sport, c'est de la culture !" (lepoint.fr - 16/07/2009)