1971 : naissance du Sanglier d'Austin (Texas), son surnom, le 18/9/1971.
1990 : Il rencontre Chris Carmichael qui deviendra son coach et son ami intime
1992 : Il débute sa carrière chez les professionnels
1993 : Il remporte les Championnats du Monde sur route
1994 : Pas encore spécialiste de la discipline, il est rejoint par Miguel Indurain, parti 3mn après lui, dans l'une des étapes contre-la-montre du Tour de France.
1995 : Il commence à consulter le Dr Michele Ferrari mais n'en parlera ouvertement qu'en 2001, juste avant que le "Sunday Times" ne le révèle.
1996 : Il remporte la Flèche Wallone mais annonce, le 9 octobre, être atteint d'un cancer des testicules
1998 : guéri, il reprend la compétition en février, 518 jours après l'annonce de sa maladie. Il termine notamment 4ème du Tour d'Espagne.
1999 : Il remporte pour la première fois le Tour de France de l'après Festina. Il s'illustre en sermonnant le mal-informé Christophe Bassons. Il faut dire que ce redoutable adversaire se présentait comme un "coureur propre". Comme s'il était le seul ! Plus facheux encore, il est contrôlé positif aux corticoïdes lors du Tour de France. Il aura probablement été surpris par la mise en place de la détection des corticoïdes, annoncée seulement quelques jours plus tôt. Présenté, a posteriori, un certificat médical établi par Luis Del Moral, le médecin de l'US Postal, lui permet d'échapper aux sanctions (en contradiction avec l'article 43 du règlement de l'UCI qui précise que le certificat médical doit être présenté au moment du contrôle). L'incident est facheux pour un coureur qui, interrogé sur le sujet quelques jours avant la révélation, soutenait mordicus ne bénéficier d'aucune perscription médicale particulière, ce qu'on n'appelait pas encore les AUT. (Pour en lire plus sur le sujet : cliquer ici). C'est finalement en 2005 qu'on apprendra que de l'EPO circulait dans ses artères, pendant ce Tour de France
2000 : Lors du Tour de France, qu'il remporte à nouveau, une équipe de France 3 filme des membres de l'encadrement de l'équipe US Postal se débarrassant de seringues et de médicaments (notamment d'Actovegin). Une enquête préliminaire sera ouverte par le Parquet de Paris, mais elle aboutira à un non-lieu. A la fin du Tour, Armstrong, Livingston et Hamilton se cotisent pour offrir une Rolex au Docteur Ferrari. La même année, il remporte le Grand Prix des Nations, l'une des rares courses qu'il gagnera en dehors du Tour de France auquel il se consacre quasiment exclusivement.
2001 : Juste avant la parution d'un article dans le magazine "Sunday Times", il révèle être suivi par le Dr Michele Ferrari depuis 1995. Il aurait choisi de consulter le controversé médecin italien en vue de préparer le record du monde de l'heure, record auquel il ne s'attaquera jamais. Dans son livre Il n'y a pas que le vélo dans la vie, paru en 2000, Armstrong "oublie" de parler de cette collaboration. Qu'importe : il remporte le Tour de France et le Tour de Suisse
2003 : Il remporte le Tour de France le plus rapide de l'histoire et le Dauphiné Libéré. Il prend aussi le temps de traiter Simeoni de menteur. L'imprudent avait osé témoigner contre le Dr Ferrari. Les deux hommes s'assigneront mutuellement en justice pour diffamation. Après plus de deux ans de procédure, ils jetteront finalement l'éponge. Le règlement de compte en restera là.
2004 : Il devient le premier coureur à remporter 6 Tours de France. Pour cet exploit, il reçoit le prix 2004 de l'Académie des Sports. Les académiciens n'ont peut-être pas lu un des best-sellers de l'été "L.A. Confidential". Ou auront confondu avec un livre de James Ellroy... Auparavant, il aura réussi à mettre fin à une dangereuse échappée à laquelle appartenait Fillipo Simeoni, lequel pointait à la 114e place, à seulement 2 h 42. Heureusement, au prix d'un effort surhumain, le dangereux italien fut repris par le glorieux américain. Les relations diplomatiques, au beau fixe entre Italie et Etats-Unis, n'en furent pas affectées. S'appuyant sur le livre "L.A. Confidential", la compagnie d'assurance SCA Promotions refusent de lui verser la somme de 5 millions de dollars qu'elle lui devait en cas de 5ème victoire dans le Tour. Forcé d'aller chercher ailleurs des revenus confortables, Lance Armstrong facture 150.000$ ses prestations de conférencier (selon La France Cycliste d'août 2004).
2005 : juste avant de s'élancer à la conquête d'une 7ème victoire dans le Tour De France, il est mis en examen en France pour diffamation dans ce qu'il convient désormais d'appeler l'affaire Armstrong-Simeoni. Toujours en France, une enquête préliminaire pour suspicion de dopage est ouverte par le procureur de la république d'Annecy. Aux Etats-Unis, il est attaqué en justice par Mike Anderson, son ancien homme à tout faire, pour "fraude, rupture de contrat, diffamatione et provocation intentionnelle de graves angoisses mentales". (L'affaire se concluera fin 2005 par un accord amiable probablement assorti d'un gros chèque). Par chance, la direction du Tour de France ne lui applique pas la règle qui prévalait en 2004 et qui voulait que tout coureur impliqué dans une affaire judiciaire soit écarté du Tour... La voie est alors libre pour lui permettre de monter pour la 7ème fois sur la plus haute marche du podium à Paris. 7 victoires (ou 6 pour ceux qui ne comptent pas celle de 1999), cela en fait un homme à part. Pendant la conférence de presse qui suit l'arrivée, il déclare : « Nous avons la meilleure équipe, les meilleurs entraîneurs, les meilleurs formateurs, les meilleurs médecins ».
2005 : Alors que le texan savoure les premiers jours d'une retraite qu'il espère dorée, on le voit faisant du vélo avec le Président américain, George Walker Bush. Il est tout sourire. Normal, il ne sait pas encore que le journal L'Equipe prépare un scoop retentissant !
2006 : Alors que l'Union cycliste internationale fait des acrobaties pour blanchir Lance Armstrong des soupçons de dopage lors du Tour de France 1999, le "tabloïd français" Le Monde refait des siennes. Il révèle que, dans le cadre du procès qui oppose Armstrong à la compagnie d'assurance SCA Promotions, des témoins auraient déclaré sous serment avoir entendu l'américain déclarer à ses cancérologues avoir pris érythropoïétine (...), hormones de croissance, stéroïdes anabolisants et testostérone. (Cliquer ici pour lire l'article du Monde). Ceci ne l'empêche pas de se lancer dans une carrière d'humoriste. Tout d'abord, il réclame la tête de Dick Pound, le Président de l'Agence mondiale antidopage, coupable d'avoir pris pour une plaisanterie le rapport "indépendant" qui l'innocente dans l'affaire de dopage du Tour de France 1999. Ensuite, au lendemain de la finale de la Coupe du Monde de football perdue par l'équipe de France, il déclare sur la chaîne sportive américaine ESPN : "Tous leurs joueurs [français] ont été testés positifs... comme étant des trous du cul". C'était de l'humour, prétendra-t-il quelques jours plus tard. Enfin, à propos de son ancien co-équipier chez US Postal, Floyd Landis, contrôlé positif à la testostérone au Tour de France 2006, il déclare : « Si nous avions eu le moindre soupçon sur le fait qu'il puisse être un tricheur, nous nous serions séparés de lui bien avant.».
2007 : en début d'année, il poursuit sa croisade anti-LNDD aux côtés de Floyd Landis et répète inlassablement qu'il ne fait pas confiance au laboratoire français de Châtenay-Malabry. En septembre, à l'annonce de la suspension de Floyd Landis, il abandonne son compatriote en rase campagne, se refusant à tout commentaire : il ne suit plus le cyclisme que de loin. On l'avait pourtant vu sur le Tour de France pour soutenir Alberto Contador... Nullement à une contradiction près, il déclare quelques jours plus tard, à propos du travail du LNDD : "Quand vous infligez la peine de mort à quelqu'un, ce qu'ils ont essentiellement fait, vous ne pouvez pas tolérer un travail de mauvaise qualité, ce qu'ils ont clairement fait".
2008 : la marque Trek dépose une requête judiciaire pour résilier son contrat commercial avec Greg LeMond dont elle commercialise les vélos. Trek lui reproche ses propos critiques sur Lance Armstrong. Le fait que John Burke, propriétaire de Trek, soit un ami de Lance Armstrong n'y est sans doute pour rien.
Qualités physiques
Les qualités physiques intrinsèques et surtout son changement de morphologie après son cancer sont souvent mis en avant pour expliquer sa métamorphose de coureur de qualité (avant le cancer) à coureur hors du commun (après le cancer). Quelques éléments pour se faire une idée :
VO2MAX
VO2MAX (en mL/kg/min) relevées par le Professeur Edward F. Coyle :
La VO2MAX de Lance Armstrong, bien qu'excellente, n'est pas exceptionnelle. D'autres champions présentait une meilleure VO2MAX. Qui plus est, quelques semaines après son premier Tour de France victorieux, elle est sensiblement inférieure à ce qu'elle était en 1993, avant le début de saison.
Poids
La perte de poids (5 à 10kg selon les sources) consécutive à son cancer est souvent avancée pour expliquer la métamorphose de Lance Armstrong. Selon toute vraisemblance, Lance Armstrong n'a en réalité pas du tout maigri ! Dans L.A. Officiel (page 231), Pierre Ballester et David Walsh rappellent les relevés effectués par le Professeur Edward F. Coyle :
11/1992 : 78,9 kg
01/1993 : 76,5 kg
09/1993 : 75,1 kg
08/1997 : 79,5 kg
09/1999 : 79,7 kg
Puissance
Puissances développées par Lance Armstrong dans les grandes arrivées en montagne du Tour de France, exprimées en «watts étalons» (calculés pour un athlète de 70 kg) :
1999 : 405 watts
2000 : 420 watts
2001 : 430 watts
2002 : 415 watts
2003 : 425 watts
2004 : 440 watts
2005 : 425 watts
Ses premiers Tour de France
Si Bernard Hinault remporta son premier Tour, si Miguel Indurain ou Greg Lemond (troisième) se montrèrent à un très bon niveau dès leur première participation, Armstrong fut beaucoup plus timoré.
1993
Lance Armstrong découvre le Tour. Il abandonne après la deuxième étape de montagne. Dans l'étape de montagne Villard-de-Lans - Serre Chevalier, il termine 86ème à 21'42" de Tony Rominger. Le lendemain, dans l'étape se terminant à Isola 2000, il pointe à la 97ème place, 28'47" derrière Tony Rominger, encore lui. Armstrong n'a que 21 ans et n'a sans doute pas forcé son talent dans ces étapes. Dans le contre-la-montre du Lac de Madine (59 km), il termine 27ème à 6'03" du vainqueur, Miguel Indurain. Il s'estime capable de gagner trois minutes en trois ans.
1994
Dans les Pyrénées, Armstrong termine 64ème de l'étape Cahors-Hautacam, 7 minutes derrière Luc Leblanc. Le lendemain, il arrive 20 minutes derrières Richard Virenque à Luz Ardiden, en 55ème position. Il renonce avant d'atteindre les Alpes. Dans le contre-la-montre de 64 km, il termine à 6'23" du vainqueur.
1995
Après avoir remporté sa première étape dans un Tour de France, il réussit à rallier les Champs-Elysées. En montagne, il est 36ème à 1 heure 28 minutes et 6 secondes de Miguel Indurain. Dans les étapes de montagne, il n'a pas particulièrement brillé : 39ème entre Saint Etienne et Saint Mandé à 8'37" de Laurent Jalabert, 40ème à La Plagne à 18 minutes d'Alex Zülle, 56ème à l'Alpe d'Huez à 18'33" de Marco Pantani, 117ème à Guzet Neige à plus de 28 minutes du même Pantani et, enfin, 64ème à Cauterets à près de 33 minutes de Richard Virenque. Dans le contre-la-montre 46,5 km, il termine à 6'24" du vainqueur. Il déclarera pourtant, quelques années plus tard, qu'en 1995, il se sentait très bien.
Paroles de Lance
Sans cesse soupçonné de dopage, Lance Armstrong a multiplié les déclarations à ce sujet. En voici quelques unes.
«Serais-je si fou que ça ? Je n'ai rien à cacher, aucun secret ! Ma vie comme ma carrière sont des livres ouverts. Je suis clean, soyez-le avec moi.» (L'Equipe 20/07/1999, rappelé dans L'Equipe du 23/08/2005)
«Pour moi, ça ne fait aucun doute, je n'ai jamais eu recours à des produits interdits, que ce soit l'EPO ou toute autre substance illicite.» (L'Equipe 12/04/2001, rappelé dans L'Equipe du 23/08/2005)
«J'ai été victime d'un contexte né de l'affaire Festina. L'important, c'est que je suis innocent. A la justice, je peux donner tout ce qu'elle veut... mon sang, mon urine, mes cheveux. Aux journalistes, j'ouvrirai ma porte, mais en échange, je vous demanderai un traitement correct et honnête.» (L'Equipe 30/07/2001, rappelé dans L'Equipe du 23/08/2005)
«Je crois en une compétition juste et loyale. Comme je l'ai déjà dit, je ne prends pas et je n'ai jamais pris de drogue qui favorisent la performance.» (L'Equipe 21/01/2005, rappelé dans L'Equipe du 23/08/2005)
«J'ai attaqué le Tour 2000 avec une cible dans le dos. (...) Cette fois les deux anciens vainqueurs du Tour, l'Italien Marco Pantani et l'allemand Jan Ullrich, qui ne s'étaient pas engagés dans le Tour 99 pour des raisons personnelles, seraient sur la ligne de départ.» (Lance Armstrong, Chaque seconde compte, Albin Michel 2003). Si Marco Pantani ne participa pas à ce tour, ce n'est donc pas à cause de son exclusion du Giro 1999 pour dopage à l'EPO...
«Je n'ai jamais été contrôlé positif. Jamais. Et je n'ai pas l'intention de l'être. Savez-vous pourquoi ? Parce que les seules traces que je porte en moi sont celles de l'effort et du travail, et qu'il n'y a pas de test pour ça.» (Lance Armstrong, Chaque seconde compte, Albin Michel 2003)
«[Mon fils] s'appelle Armstrong, c'est un nom connu, et le jour où il ira à l'école je ne veux pas qu'on lui dise : "Armstrong, ah oui ! Ton papa est un tricheur, un type qui se dope !" J'en crèverais.» (Lance Armstrong, Chaque seconde compte, Albin Michel 2003)
Pour soutenir Floyd Landis, dans ses démêlés avec le laboratoire de Châtenay-Malabry : "Je crois en Floyd. Je pense qu'il n'a pas été traité équitablement. Je ne fais pas confiance au labo" (Yahoo / AP, 26/04/2007).
Ses contrôles antidopage
Le 23/08/2005, L'Equipe, s'appuyant sur des sources UCI, publie la liste des contrôles antidopage auxquels Lance Armstrong s'est soumis de 1999 à 2004. On pourra être surpris par le fait que les contrôles sont de moins en moins nombreux.
1999 : 15 contrôles urinaires conventionnels (1 positif à la triamcinolone acétonide - corticoïdes, 14 négatifs)
2001 : 10 contrôles urinaires conventionnels, dont 5 avec détection de l'EPO (tous négatifs)
2002 : 9 contrôles urinaires conventionnels incluant la recherche d'HES, dont 8 avec détection de l'EPO (tous négatifs)
2003 : 9 contrôles urinaires conventionnels incluant la recherche d'HES, dont 6 avec détection de l'EPO (tous négatifs)
2004 : 8 contrôles urinaires conventionnels incluant la recherche d'HES, dont 7 avec détection de l'EPO (tous négatifs). 1 contrôle sanguin de détection des hémoglobines de synthèse (négatif).
Dans L.A. Officiel (page 37), Pierre Ballester et David Walsch révèlent un contrôle inopiné que les contrôleurs de l'Usada n'ont pu effectuer au domicile du coureur américain :
L'incident remonte à la fin du printemps 2004, un jour ou Mike Anderson travaillait au ranch de Dripping Springs. Il était parti de chez lui pour rejoindre le ranch, à une vingtaine de kilomètres de là. Alors qu'il était en route, il reçut un appel sur son téléphone portable. C'était le paysagiste, Derek Russey, qui était déjà à Dripping Springs. (...) Derek Russey lui dit que des gens de l'Usada étaient au ranch et voulaient savoir si Lance était dans les parages.
"Je lui ai répondu : " Comment ça, où est Lance ? Il est chez lui, il est dans la maison."
"Il m'a dit : " Non, il n'y est pas. Et les gens de l'Usada sont là. Je les ai fait partir. (...) " Derek voulait que l'ami de Lance, John Korioth, vienne chercher la voiture et la conduise sous les yeux des contrôleurs de l'Usada, qu'il soupçonnait d'attendre devant les grilles de la propriété. Les vitres de la voiture sont teintées et John est à peu près de la même corpulence que Lance (...). John conduirait la voiture, les gens de l'Usada ne remarqueraient pas que ce n'était pas Lance, les portes se refermeraient derrière lui, et les contrôleurs penseraient que tout ceci n'avait été qu'un malentendu entre le paysagiste et eux. Mais durant tout ce temps, Lance était bien à la maison."
(...)
Mike Anderson se doutait qu'il y avait quelque chose qui clochait, parce qu'il s'était rendu au ranch ce matin-là, persuadé d'y trouver Armstrong. (...) Par le passé, jamais Lance n'avait quitté le ranch sans en avertir au prélable son assistant personnel. Ca n'était tout simplement jamais arrivé. " (...) C'était bien la première - et la dernière - fois qu'il disparaissait comme ça sans prévenir."
Le Tour de France 1999 et l'EPO
Le 23 août 2005, le journal L'Equipe publiait un scoop retentissant : lors du Tour de France 1999, 6 échantillons d'urine prélevé sur le texan contenaient de l'EPO. Un fameux retour de boomerang à celui qui répondait souvent avec morgue à ceux qui le soupçonnaient de dopage. On pourra lire en page actualité, les détails de cette révélation et ci-dessous quelques réactions de personnalités qui se gardent bien de tirer sur l'ambulance.
Raymond Domenech (entraîneur de l'équipe de France de football) : "C'est remuer la merde pour rien. Il est un grand champion. C'est un grand sportif qui a vécu dans son milieu." (L'Equipe 26/08/2008, rapporté dans le Canard Enchaîné du 31/08/2005)
Miguel Indurain (ancien vainqueur du Tour de France) : "Il me semble malsain qu'on commence à déterrer des test effectués il y a des années. Je trouve cela très étrange et je me demande si garder de tels spécimens est légal. (...) Tout ce qui touche à Armstrong est bon pour les médias, mais la question est de savoir si tout cela est vrai ou non. Il y a des doutes sur la fiabilité des tests (pour l'EPO) et il y a des doutes sur toute cette affaire." (www.dhnet.be 23/08/2005)
Eddy Merckx (ancien vainqueur du Tour de France) : "C'est du journalisme à sensation. Armstrong m'a toujours affirmé ne jamais s'être dopé. Entre (ce qu'écrit) un journaliste et la parole de Lance, je fais confiance à Armstrong." (L'Equipe 24/08/2005)
Laurent Fignon (ancien vainqueur du Tour de France) : "Cette histoire est trop vieille. 1999 ? J'en ai rien à foutre. Ca va servir à quoi ?" (Libération 24/08/2005)
Bernard Thévenet (ancien vainqueur du Tour de France) : "Ce qui me gène, c'est que cette affaire sorte juste au moment où Armstrong s'en va... je note aussi qu'elle intervient juste avant les élections à l'UCI. J'en vois deux effets: un coup de bâton derrière les oreilles du cyclisme et la remise en cause de la lutte antidopage." (L'Equipe 24/08/2005)
Jan Ullrich (ancien vainqueur du Tour de France) : "Il nous manque toutes les informations nécessaires et exactes, c'est pourquoi je ne veux pas tirer de conclusions trop hâtives. Mais il est clair que je serais très déçu si les informations contenues dans cet article étaient confirmées." (L'Equipe 24/08/2005)
Fabrizio Bontempi (directeur sportif de l'équipe Lampre) : "Il n'est pas vraiment juste que l'on ressorte une affaire qui date désormais de 1999 et cela ne sert strictement à rien. Armstrong n'a jamais été contrôlé positif et de plus il vient de prendre sa retraite, donc où est l'intérêt d'en parler maintenant ? Nous en avons discuté en voiture avec Cunego (Damiano) et je peux assurer qu'il a la même opinion que moi." (www.dhnet.be 23/08/2005)
Alex Zuelle (deuxième du Tour de France 1999) : "Je ne m'intéresse plus à ce genre de choses. (...) Maintenant qu'il a gagné son septième Tour, cette bombe vient d'exploser. Cela permet aussi aux media de gagner de l'argent. En ce qui me concerne, le Tour 1999 est de l'histoire ancienne. Trop d'années ont passé." (www.dhnet.be 23/08/2005)
Jean-Marie Leblanc (directeur du Tour de France) : "Moi, je faisais partie de ceux qui ne s'attendaient pas à ça." (L'Equipe 24/08/2005)
Raymond Poulidor (ancien coureur) : "Pourquoi pas remonter jusqu'en 1903 tant qu'on y est ?" (Libération 24/08/2005)
Durand Jacky (ancien coureur) : "Et pourquoi sortir une telle affaire maintenant ? C'est facile de faire cela ! Ca me paraît un peu bizarre. A chaud, j'ai de gros doutes sur la véracité des accusations." (L'Equipe 24/08/2005)
Gilbert Duclos-Lassalle (ancien coureur) : "Cette affaire est dommageable car elle va ternir sa carrière. (...) Je remarque simplement maintenant que l'on a oublié que le personnage était un très grand champion, couronné mondialement à 21 ans, perfectionniste du travail et de l'entraînement." (L'Equipe 24/08/2005)
Jean-Pierre Danguillaume (ancien coureur) : "Y'a prescription. Qu'est-ce qu'on va s'em... avec cela. En 99, il y avait 90 pour cent du peloton qui se mettait de l'EPO. Cette affaire ne me choque donc pas." (L'Equipe 24/08/2005)
Jean Pitallier (président de la FFC) : "Je n'ai pas à prendre position. C'est une affaire qui remonte à 1999." (L'Equipe 24/08/2005)
Le Tour de France 1999 et les corticoïdes
Le 4 juillet 1999, Lance Armstrong est contrôlé positif au triamcinolone acétonide, un corticoïde de synthèse à action retard. Sur le procès verbal du contrôle médical, dans la colonne « Médicaments pris », il est écrit : « néant ». C'est la panique dans le camp du champion américain qui fournira plusieurs explications :
A Tarbes, le 19 juillet, il tient une conférence de presse au cours de laquelle il affirme n'avoir jamais pris de corticoïdes et ne pas avoir de certificat médical pour utiliser des produits interdits. (Rappelé par Pierre Ballester et David Walsch dans "L.A. Confidentiel")
"Ma selle me blessait, et je me soignais avec une pommade à la cortisone que j'avais d'ailleurs fait accepter par les autorités avant le départ de la course." (Lance Armstrong dans "Il n'y a pas que le vélo dans la vie")
"J'utilisais une crème analgésique contenant des corticoïdes pour soulager une inflammation provoquée par le frottement de la selle. (...) J'avais indiqué la composition du produit aux responsables du Tour et on m'avait autorisé à l'employer." (Lance Armstrong dans "Chaque seconde compte")
Ces déclarations, outre le fait qu'elles évoluent, contienne un certain nombre d'erreurs ou de mensonges :
Après avoir affirmé n'avoir jamais pris de corticoïdes et ne pas avoir de certificat médical pour utiliser des produits interdits, Lance Armstrong se rétracte.
La pommade à la cortisone n'avait pas été déclarée aux autorités, comme l'ont démontré Pierre Ballester et David Walsch dans leur enquête.
De ce fait, les responsables du Tour n'avaient nullement autorisé Armstrong à l'utiliser, d'autant que ce rôle revient à l'UCI.
Malgré tout, l'UCI, bonne patte, fera une entorse à son règlement en acceptant un certificat médical antidaté pour fermer les yeux sur cette affaire, ouvrant la route à la première victoire d'Armstrong dans le Tour de France.
Sept questions embarrassantes
Pourquoi son cancer n'a-t-il pas été détecté à un stade plus précoce ?
Voir l'article de Paul Benkimoun
Comment peut-il prétendre tout ignorer du dopage quand il a à ses côtés son "ami" et coéquipier Kevin Livingston, mis en examen dans le cadre de l'affaire "Ferrari" ?
Est-il possible que Greg Strock et Erich Kaiter, de l'équipe nationale junior des Etats-Unis, aient été dopés en 1990 par Rene Wenzel, entraîneur national, et qu'Armstrong n'ait rien vu, rien subi ? Son coach et ami intime, Chris Carmichael, est même accusé par Erich Kaiter, d'avoir pratiqué lui-même des injections. (Lire Sport & Vie n°69 - Juillet 2001)
Pourquoi avoir nié dans une conférence de presse, le 19 juillet 1999, avoir absorbé de l'EPO dans le cadre de son traitement contre son cancer, alors même qu'il l'évoque dans son premier livre ?
Pourquoi avoir affirmé dans le livre "Chaque seconde compte", paru en 2003, qu'il ignorait que ses urines du Tour 2000 seraient conservées par congélation dans l'attente d'un test de détection de l'EPO ? Ceci était pourtant pratiqué depuis 1998 et de notoriété publique comme l'indique l'article de Jean-Yves Nau publié dans Le Monde du 08/06/2000.
Cruel précédent
A longueur d'interview, Lance Armstrong répète qu'il n'a jamais été contrôlé positif, ce qui serait sensé attester de sa "virginité". Tout d'abord, rappelons que, même s'il ne fut pas sanctionné, il a bel et bien été contrôlé lors du Tour de France 1999
. Ensuite, pour le plaisir, rappelons cette phrase de Freddy Maertens
qui figure en bonne place dans le bétisier du dopage : "Quant au dopage, je ne peux répondre qu'une chose : au Tour et au championnat du monde, j'ai été contrôlé négativement chaque fois". Ceci ne l'empêche pas d'être cité à 6 reprises dans l'annuaire du dopage !
Philippe Gaumont : "Un type comme Armstrong mérite le respect pour tout ce qu'il réalise. Dopage ou pas." (Sport et Vie n°91 - Juillet/Août 2005)
Bernard Hinault : "Les Français n'aiment pas les gagneurs, c'est dans la mentalité des gens (...). Lance Armstrong ne se prépare que pour le Tour et le gagne, il est professionnel jusqu'au bout des doigts. C'est donc bien lui qui a raison !" (Cyclismag - 02/10/2005)
Laurent Jalabert : "Je l'apprécie pour son tempérament offensif, mais il a aussi des défauts : il fantasme un peu, il se prend pour le centre du monde. Il est dans le faux." ("On m'appelle Jaja", Editions Solar 1996, page 189)
Jean-Marie Leblanc : "Si j'apprenais que la carrière d'Armstrong n'était qu'une escroquerie, je claquerais la porte du cyclisme. (...) Ca voudrait dire que je ne comprendrais plus rien dans le vélo et que je n'aurais plus de raison d'aimer et de croire en ce sport." (Entretien avec Stéphane Mandard, journaliste au Monde en 2004).
Antoine Vayer : "Armstrong je ne le considère pas, pas plus qu'Indurain. Ils ne sont rien, ne valent rien. Ceux qui ont gagné le Tour pour moi s'appellent Michele Ferrari et Sabino Padilla (NDLR : professeur de physiologie et préparateur auprès de Miguel Indurain chez Banesto). Ce sont eux les champions." (La Flamme Rouge - 12/2005)
Cédric Vasseur : "Armstrong ne m'a pas versé ma prime de victoire sur le Tour 2000. Pour lui, cela doit correspondre à une demi-journée de salaire ! Je trouve cela mesquin." (La France Cycliste - 01/03/2002)