Actualité du dopage



Vaughters confie s'être dopé

12/08/2012 - lequipe.fr - X. C.


Il avait «quinze ans de moins», c'était donc en 1997. Jonathan Vaughters avait 24 ans. Il devenait champion des Etats-unis du contre-la-montre et tapait dans l'oeil des responsables de l'US Postal, qu'il rejoindra l'année suivante, celle du retour de Lance Armstrong, dont il sera l'équipier sur la Vuelta. «J'avais quinze ans de moins, quinze ans d'expérience en moins» mais quinze ans passés déjà à «rêver» d'un destin à bicyclette. Au confluent de cette vie sur deux roues, Vaughters a dû «faire face au choix» du dopage (ou du sport propre) et a pris «la mauvaise décision.» «J'ai choisi de me doper. J'en suis désolé et je le regrette profondément», écrit-il dans une chronique publiée dimanche par le New York Times.

«Quand je courrais dans les années 1990 et au début des années 2000, les règles étaient facilement contournées par les uns et les autres. Ca a détruit nos meilleurs athlètes.» Pour une part, ce coming-out est une histoire entre un homme et ses proches. «Voilà, mon futur beau-père, mon père et ma mère ont lu l'article maintenant. C'était ceux pour qui c'était le plus difficile à entendre», a-t-il twitté. Mais il dépasse largement ce cadre car Vaughters s'est fait le héraut de la lutte antidopage comme manager de l'équipe Garmin-Sharp. «On a crée Garmin car on voulait faire une équipe avec des coureurs 100 % propres. Cette équipe est construite sur la foi que l'on peut changer ce sport,», rappelait-il le 5 juillet à Rouen, en réponse à des révélations du quotidien De Telegraaf, qui affirmait que Christian Vande Velde, David Zabriskie, mais également Vaughters lui-même, avaient témoigné contre Armstrong auprès de l'USADA et avoué des pratiques dopantes. Faut-il voir cette chronique dans le NY Times un début de confirmation ? La question est posée.

Ce qui est sûr à ce jour, c'est le lien entre le fait de s'être dopé en tant que coureur et la croisade de Vaughters comme manager : «La culpabilité que j'ai ressentie m'a poussé à arrêter de courir (à 30 ans après deux années chez l'US Postal, trois chez Crédit Agricole et une chez Prime alliance) et à lancer une équipe professionnelle où ce choix (de se doper) serait enlevé de l'équation à travers des tests rigoureux et un changement culturel qui place le fait de courir propre au dessus de la victoire.» (...)

«Les athlètes savent et croient aujourd'hui une course peut être gagnée en étant propre. La lutte antidopage est 1000% meilleure qu'à mon époque.»A le lire, il avait le non-choix entre une seule solution et rien d'autre : «A peu près tous les athlètes que j'ai croisé qui se sont dopés disent l'avoir fait parce qu'ils voulaient des règles du jeu équitables. Ils voulaient une chance raisonnable, pas plus. (...) Les athlètes savent et croient aujourd'hui une course peut être gagnée en étant propre (...) La lutte antidopage est 1000% meilleure qu'à mon époque.» Ce sont ces 1000% qui doivent permettre de protéger les «2%» où se trouve la ligne jaune. Les 2% ? C'est l'objet de la première moitié de sa chronique, où il évoque ses souvenirs d'enfance et le travail fourni pour s'offrir le droit de rêver. «A ce point, le rêve est complet à 98% mais il reste ce petit truc en plus qui fait devenir grand (...) La différence entre courir le 100 m en 9"8 et 10", entre une première et une centième place sur le Tour de France (...) Le dopage peut être ces 2%.»

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Cette page a été mise en ligne le 13/08/2012