Actualité du dopage



Ballester : "Le rapport qui blanchit Armstrong est une balle à blanc"

03/06/2006 - cyclismag.com

Extraits

(...) Un rapport indépendant commandé par l'UCI a blanchi Lance Armstrong, sur la forme, des accusations de dopage sur le Tour de France 1999. Pierre Ballester, co-auteur de LA Confidentiel, réagit pour Cyclismag aux conclusions de cette "enquête".

Cyclismag : Etes-vous surpris par le blanchiment d'Armstrong auquel conclut le rapport rendu public mercredi ? sur les révélations du journal L'Equipe en septembre dernier ?

Pierre Ballester (...) : Pas vraiment. L'UCI, par le biais de ce rapport, ne pouvait pas répondre autre chose que cette (...) caricature d'expertise. On répond sur la forme des révélations mais absolument pas sur le fond, c'est-à-dire les six échantillons prélevés sur Lance Armstrong pendant le Tour de France 1999, qui sont tous positifs à l'EPO. Ce rapport est une balle à blanc. Qu'a-t-on au bout du compte ? Un ensemble de de 132 pages, dont l'UCI s'étonne ou feint de s'étonner que Me Vrijman n'ait pas donné une copie aux autres organisations sportives et institutionnelles. Au passage, cette démarche est étonnante pour un avocat si à-cheval sur la procédure.

(...)

Vous contestez l'auteur du rapport, Me Emile Vrijman ?

Dans son cas, accoller les deux termes "expert" et "indépendant" me paraît exagéré. Emile Vrijman est une vieille connaissance de M. Hein Verbruggen (...), nééerlandais comme lui. Cet avocat a apporté son aide à des athlètes considérés comme dopés et je crois savoir qu'on l'a poussé à quitter la présidence du Comité nééerlandais de lutte antidopage.

Vous pensez que l'UCI est aujourd'hui satisfaite du rapport qu'elle a dépêché ?

(...) L'UCI, même si elle a d'autres chats à fouetter les affaires de dopage qui secouent actuellement le cyclisme en Espagne, doit se satisfaire des conclusions de cette supposée enquête. Quoi qu'elle en dise, elle n'a jamais vraiment lutté contre le problème, soit en mettant en contradiction des coureurs aussi illustres qu'Armstrong, soit en considérant à l'époque du Tour de France 1998 que l'affaire Festina n'était pas une affaire isolée. Donc, le rapport de Me Vrijman est là pour (...) se donner bonne conscience.

(...)

Il inflige pourtant un camouflet aux laboratoires d'analyse, qu'il accuse d'erreurs de procédure !

(...) Emile Vrijman n'est pas un expert ! On a une lecture à deux niveaux. On sait par ailleurs qu'il est de bon ton de mettre en doute la fiabilité de ces tests. C'est ce qu'a fait l'automne dernier Roberto Heras.

Dans la presse américaine, Lance Armstrong s'est dit "soulagé" par la publication de ce rapport...

Il s'estime blanchi alors que ce n'est pas du tout le cas sur le fond (...). La vraie question, c'est : est-ce que les révélations du journal L'Equipe sont fondées ou pas ? Si les faits étaient mensongers, le premier intéressé, Armstrong, aurait attaqué le journal. Or, il ne l'a pas fait. C'est presque un assentiment tacite de ce que L'Equipe a éventé.

Le rapport commandé par l'UCI sera-t-il, selon vous, une pièce importante dans le procès qui opposera en octobre prochain Lance Armstrong à votre collègue David Walsh et vous-mêmes (...) ?

Il en fera certainement usage. L'enquête va dans son sens. Mais il n'a pas grand chose à faire de ce qui se passe en France. L'essentiel pour lui, c'est de préserver son image aux Etats-Unis en noyant le poisson au cours d'interviews (...). Tout individu brillant, intelligent et qui possède de l'entregent ferait la même chose.

(...)

Vous travaillez activement à la préparation du procès contre Armstrong ?

Oui. Depuis la sortie de notre livre (...), de nombreux faits ont confirmé notre travail accompli. En particulier l'excellente enquête de Damien Ressiot dans L'Equipe enfonce le clou. Nous (...) n'avons jamais eu de contradiction apportée à nos témoignages, aucune remise en cause de notre travail autre que celle d'Armstrong lui-même et de ce rapport publié mercredi. Nous sommes confiants et sûrs de notre bonne foi, de nos investigations... Alors, ce procès, on l'attend avec impatience.

(...)

Où serez-vous pendant le Tour de France cet été ?

Je siègerai au jury au concours d'entrée du CFJ [Centre de formation des journalistes, école parisienne, où Pierre Ballester est enseignant NDLR], où j'espère que nous formerons d'excellents journalistes. (...) Le Tour, je le suivrai de manière épisodique et accidentelle. De toute façon, je ne crois pas au renouveau du cyclisme. Ce sport est bien plus gangreiné qu'on ne le croit. (...)


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Cette page a été mise en ligne le 6/8/2006.