Vous avez été contrôlé positif ? Embêtant. Mais avec un peu d'imagination, vous pouvez peut-être vous en tirer la tête haute. Voici un petit catalogue d'explications toutes aussi amusantes les unes que les autres...
Excuses avancées par Danilo Hondo pour expliquer la présence de carphédon (stimulant) dans ses urines. C'est bien connu, les cyclistes, soucieux d'économie, réutilisent des bidons récupérés auprès de leur soigneur ou de leur voisin. Hélas, ces cochons ne les lavent pas toujours correctement...
Le bidon piégé
"Lors de l'échappée qui me permit de l'emporter à Limoges, je n'avais plus rien à boire. L'Espagnol Linarès me donna son bidon, peut-être que celui-ci contenait un dopant."
L'Equipe 26/07/1967
Andreas Trocke était un petit rusé car Linarès fut effectivement contrôlé positif à cette occasion...
Suite à son contrôle positif à l'issue du Tour des Flandres 1971, Roger Pingeon déclare : "J'ai porté (...) plainte contre X..., visant cette personne qui m'a passé le bidon incriminé. L'affaire suit son cours devant la justice belge."
L'Equipe 29/12/1971
Roger Pingeon fait plus fort que Andreas Trocke. On ne sait pas ce qu'il advient de la plainte, mais on doute que le spectateur fut retrouvé !
"Après l'accident dans la descente d'Allos, qui m'a privé du soutien de mon directeur sportif, j'ai du saisir au passage, à quelque inconnu, une boisson avec un produit prohibé. De bonne foi, je l'ai bue."
L'Equipe 28/07/1975
Felice Gimondi expliquait ainsi en 1975 son contrôle positif dans le Tour de France. Il n'était pas le premier...
"Si je suis effectivement reconnu positif (...) je me demanderai si ce n'est pas un de ces bidons tendus par les spectateurs dans un des cols qui contenait quelque chose."
Libération 20/07/1988, cité dans le Dictionnaire du dopage, Jean-Pierre de Mondenard, page 953.
Pedro Delgado, contrôlé positif au Probénécide, oublie qu'il a été contrôlé à l'issue d'une étape contre-la-montre de moins de 40 kilomètres (Tour de France 1988) et que le Probénécide n'est détectable dans les urines que quelques heures après son absorption. Pas sûr qu'il ait pris le temps de d'attraper un bidon tendu par un spectateur.
"Je n'écarte pas la possibilité d'avoir pris un bidon à un spectateur lors d'une quelconque course (...)."
Le procès du Tour, Fabrice Lhomme, 2000, p. 284.
"C'est pour une dose massive d'éphédrine qu'on m'a pris. Or, je ne suis pas fou : je n'ai pas pris d'éphédrine, on me l'a fait absorber à mon insu, c'est sûr."
Adrie Van Der Poel - L'Equipe - 02/07/1984, cité dans le Dictionnaire du dopage, Jean-Pierre de Mondenard, page 1038
Adrie Van Der Poel, trop en avance sur son temps, n'a pas pu avoir sa marionnette dans les Guignols de l'Info.
Une expression si formidable qu'elle est passée dans le langage populaire...
"Maintenant, il y a aussi une possibilité, et c'est un argument qui a été utilisé par d'autres. A l'heure actuelle, je ne sais pas si pour une raison ou une autre, de quelque manière, j'ai ingéré quelque chose qui est à l'origine de ces résultats."
Floyd Landis - nouvelobs.com - 09/08/2006
Richard Virenque aura donc fait des émules jusqu'aux Etas-Unis...
Le fumeur passif
En 2004, Jonathan Moore, un athlète de triple-saut, expliqua avoir ainsi inhalé du cannabis. Il s'en tira avec un avertissement... La Guardian - 16/05/2005
La théorie du complot
"Il y a comme un projet caché là-dessous. Je ne sais pas ce que c'est."
Yahoo / AP - 07/08/2006
Dans le Tour de France 2006, Floyd Landis évoque une soirée trop arrosée la veille de son contrôle positif : «La veille de la 17e étape du Tour de France, M. Landis a déclaré avoir passé la soirée avec des amis et des membres de son équipe, à préparer l'étape ardue en montagne en buvant deux bières et au moins quatre verres de whisky. (...) Selon plusieurs études, la consommation d'alcool peut accroître le ratio de testostérone et d'épitestostérone».
Yahoo / AFP - 28/07/2006
Il est bien connu que les coureurs du Tour de France font la fiesta tous les soirs !
Des chiens qui font de l'asthme, évidemment, ça court les rues !
L'amouuuuuuuuuuur
En 1999, Christian Henn explique un contrôle positif à la testostérone par la prise d'un produit destiné à accroître sa fécondité dans le but de faire un enfant.
Libération - 14/08/1999
Il sera finalement suspendu six mois et, en 2007, il avoue avoir eu recours au dopage pendant sa carrière. L'histoire ne dit pas s'il a désormais droit aux allocations familiales.
En 2007, le footballeur Marco Borriello expliqua un contrôle positif aux corticoïdes par un rapport sexuel avec sa compagne ! Celle-ci aurait été victime d'une infection vaginale, et aurait utilisé une crème à usage intime pour se soigner. Celle-ci aurait contenu de la cortisone et Marco Borriello aurait assimilé une partie de ce médicament lors d'un rapport sexuel ! football.fr - 12/01/2007
Plus que jamais, sortez couverts !
La chute malencontreuse
En 1976, Rachel Dard déclare après Etoile des Espoirs à Bordeaux, déclare : "Quand un coureur était (...) désigné par le tirage au sort (...), le directeur sportif montait au peloton pour nous en informer. Je me demande encore pourquoi M. De Muer ne m'a rien dit, à l'inverse de ses habitudes ? Sachant ce qui m'attendait, j'aurais pu simuler une chute après l'arrivée. On m'aurait transporté à l'hôpital et j'aurais coupé au contrôle. Il y a pas mal de coureurs qui sont tombés après la ligne cette année... "
L'Equipe, 22/11/1976
La lecture des archives de l'Equipe de 1976 montre que l'excuse fut utilisée à plusieurs reprises...
Le gateau au pavot
En 1992, Alexi Grewal est contrôlé positif lors de la West Virginian Moutain Classic. Il explique s'être gavé la veille de gâteaux à la graine de pavot, des "poppy seeds muffins". Dictionnaire du dopage, Jean-Pierre de Mondenard, page 835
L'excuse ne fera pas rire la fédération américaine qui lui infligera une suspension de 3 mois fermes et une amende 500 dollars.
Le feu d'artifices d'excuses
Si une excuse ne semble pas assez convaincante, rien n'empêche d'en essayer plusieurs. En 2006, Floyd Landis, accusé de s'être dopé lors du Tour de France qu'il remporte, lance un véritable feu d'artifice à destination de ses supporters inconditionnels :
La déshydratation (son propre entraîneur, Allen Lim, comptabilisera pourtant que Landis prit 70 bidons de 480 ml au cours de l'étape à l'issue de laquelle il fut contrôlé positif)
La prise de cortisone pour soigner une douleur à la hanche