Actualité du dopage



La retraite de Landis

21/11/2012 - cyclisme-dopage.com - Marc Kluszczynski

Floyd Landis a annoncé sa retraite sportive en janvier 2011 après avoir passé ces deux dernières années dans une modeste formation américaine, l'Ouch Bahati Foundation. Il ne pense pas (plus) que le cyclisme puisse se débarrasser un jour du dopage qui, d'après lui, devrait être autorisé, légalisé. Il va ainsi à contre-courant du sentiment actuel qui est qu'il est de plus en plus difficile de se doper en 2011 et que la culture du dopage dans le cyclisme est en net recul. Curieusement, Landis n'a plus l'air de croire que son action lancée en avril 2010 (dénonciation d'un dopage organisé chez l'US Postal par Lance Armstrong et Johann Bruyneel) puisse assainir le cyclisme. Déçu d'apprendre que certaines personnes le considèrent encore comme un menteur sans crédibilité, Landis quitte le cyclisme la tête haute. Finalement, peu lui importe que Bradley Wiggins, par exemple, ami de lance Armstrong, pense qu'il a ruiné le cyclisme. Pour Landis, le principe de l'innocence ne peut plus s'appliquer au cyclisme sinon on ne se débarrassera jamais du dopage. Il fallait que quelqu'un parle. Mais le prix à payer est élevé : rejeté par tous, Landis vit dans une caravane au bout d'un chemin en terre. Au même moment, Armstrong touchait entre 1 et 2 millions de dollars en prime de départ au Tour Down Under (Australie). Cette compétition de quelques jours était précédée de la Cancer Council Classic où la promotion de la fondation anti-cancer du texan (Livestrong) tournait à plein régime. L'image du miraculé du cancer était encore récupérée par certains hommes politiques australiens pour promouvoir leur réélection prochaine. On peut se demander sur quoi débouchera l'enquête de la FDA !

Voilà ce que nous écrivions début 2011. Puis Travis Tygart, directeur de l'agence antidopage américaine (USADA) s'est intéressé de plus près aux déclarations de ceux que l'UCI traitait de menteurs ou de sacs de m.... et à qui elle intentait des procès pour diffamation. L'UCI ne s'était pas aperçue qu'elle faisait partie des pantins que Lance Armstrong menait par le bout du nez. Elle ne s'était pas aperçue non plus que les passionnés de cyclisme, les sponsors, les TV (curieusement sauf en France alors que le pays est à la pointe de l'antidopage) demandaient des performances crédibles. Deux ans après, aidé par une nouvelle génération de coureurs, le cyclisme veut enfin nous présenter ses champions comme des héros.


Marc Kluszczynski est pharmacien
Il est titulaire du diplôme universitaire de dopage de l'université de Montpellier (2006)
Il est responsable de la rubrique "Front du dopage" du magazine Sport & Vie et collabore à cyclisme-dopage.com




Cette page a été mise en ligne le 21/11/2012