Tous dopés ? La preuve par 21

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Avec le portrait et l'analyse des performances de Chris Froome

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Chris Froome

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Repères

Le portrait complet de Chris Froome est publié dans "Tous dopés ? La preuve par 21". Cliquez ici pour en savoir plus. Vous pouvez aussi le consulter en ligne ici.



Son portrait dans "Tous dopés ? La preuve par 21"

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Erratum : une erreur s'est glissée dans le magazine concernant la performance de Christopher FROOME lors du Tour d'Espagne 2011. Elle concerne les colonnes watts réels et w/kg. Voici, ci-dessous, les bonnes données.



Qualités physiques

VO2MAX

Officiellement, l'équipe Sky n'a jamais mesuré sa VO2 Max. Le 11 mars 2015, sur Twitter, Froome réaffirme ne pas connaître sa VO2max :

Dans le même tweet, il concède toutefois que celle-ci fut testée au Centre Mondial du Cyclisme, en 2007, mais dit ne pas en connaître le résultat. Dans un entretien avec Paul Kimmage, le 30 juin 2014, il déclarait pourtant que sa VO2max était alors entre 80 et 85 ml/min/kg. Alzheimer guetterait-il ?

Pour tenter de faire taire la suspicion qui entoure la deuxième victoire de Froome sur le Tour de France 2015, Michelle Cound, sa femme et manager, contacte le laboratoire GSK Human Performance de Londres pour effectuer une batterie de tests. Ceux-ci seront effectués en août. Sa VO2max, publiée en décembre de la même année, est mesurée à 84,6 ml/min/kg pour un poids de 69,9kg. Si son poids du Tour de France était bien de 67 kg comme il l'annonce, sa VO2max était alors à 88,6 ml/min/kg.

Pour mémoire, VO2max (en ml/min/kg) de quelques autres coureurs :

Taille

1,85 m (mesuré en 07/2007 au Centre Hospitalier Universitaire Vaudois)

1,857 m (mesuré en 08/2015 au laboratoire GSK Human Performance de Londres)

Poids

En résumé, avant 2011, date de sa métamorphose au Tour d'Espagne, il aurait oscillé entre 68 et 75,6 kg. Depuis, il oscillerait entre 64 et 69,9 kg. Pour y voir plus clair, rassemblons tous ces chiffres sur un graphique, comme ci-dessous :

Evolution du poids de Chris Froome

Les valeurs retenues sont les suivantes:

La lettre entre parenthèses correspond à la source de l'information, la liste des sources étant la suivante :

Taux de graisse

Puissance

Puissances développées par Chris Froome exprimées en «watts étalons» (calculés pour un athlète de 70 kg avec un vélo de 8 kg) :

Pour en savoir plus sur les calculs de puissance, cliquez ici.

Devant les réactions provoquées par l'"exploit" de Froome dans l'ascension de La Pierre-Saint-Martin sur le Tour de France 2015, l'équipe Sky publie quelques données et notamment la puissance développée par le britannique sur ces pentes, à savoir 5,78 W/kg. Le poids pris en compte est de 67,5 kg. La Sky prend également en compte le fait que son pédalier Osymetric fausse les données mesurées de 6% (ce que certains comme le Dr Michele Ferrari contestent, lire ici).

Suite à cette publication, plusieurs valeurs de puissances (plus ou moins fiables) d'autres coureurs se mettent à circuler. Elles permettent de douter quelque peu des valeurs annoncées par la Sky :

Pulsations

Selon Chris Froome, sa fréquence cardiaque maximum est inférieure à 170 pulsations par minute. Lors d'un contre-la-montre lors du Tour d’Espagne en 2011, Froome atteint 169 pulsations/mn en fin de parcours :


Les données de Froome lors de la Vuelta 2011 (D.R)

Selon les données recueillies lors de l'ascension du Mont Ventoux en 2013, la fréquence cardiaque maximum de Chris Froome serait d'environ 162 pulsations minutes.

Selon Tim Kerisson, elle n'aurait pas dépassé 160 pulsations/mn lors de l'ascention de La Pierre-Saint-Martin du Tour de France 2015.

Elle était de 161 pulsations par minute en juillet 2007.

Pendant le Tour de France 2016, elle aurait atteint 174 pulsations par minute, selon l'équipe Sky.

Au repos, sa fréquence cardiaque serait de :

Hématocrite

Non connue

Taux d'hémoglobine

Tests de 2007


Les résultats des tests effectués au Centre Hospitalier Universitaire Vaudois en juillet 2007 (source chrisfroome.esquire.co.uk)

Tests de 2015



Grand corps malade

Le sport est-il bon pour la santé ? Il est permis d'en douter mais appliquée au cas Froome, la question semble ne pas donner lieu à tergiversations : c'est un véritable désastre. Avant d'aborder le Tour de France 2014, Chris Froome aura rendu visite à pas moins de huit médecins dans six cliniques ou hôpitaux à travers quatre pays, se voyant prescrire aux moins six traitements différents pour six maladies différentes. Le tout en seulement trois ans. Récapitulons :

En règle générale, la bilharziose s'élimine avec un seul traitement de Praziquantel. Il en aura fallu cinq en trois ans pour que Froome vienne à bout du parasite, fin 2013. Auparavant, les médecins lui avaient diagnostiqué, à tort, une mononucléose. Lors de son premier traitement en octobre 2010, il suit le traitement de Praziquantel (également appelé Biltricide) pendant quatre jours. Il serait infecté par le parasite depuis un ou deux ans. Il prend un deuxième traitement en mai ou juin 2011 puis un troisième en novembre 2011. Au début de l'année 2012, il est déclaré par erreur guéri de ce parasite par l'hôpital de Nice. Il suit un nouveau traitement en mars 2012 à Nairobi. A cette occasion, on lui trouve la typhoïde et le blastocystosis. La première est traitée avec du Gabbroral et de l'Azimax, la deuxième avec de l'Orfix, tous étant des antibiotiques. Froome consulte le London Hospital for Tropical Diseases en novembre 2012, lequel le déclare guéri. Nouvelle erreur de diagnostic. Après une série de nouveaux examens dans deux laboratoires différents en Afrique du Sud, Froome prend des doses plus élevées de Praziquantel. En janvier 2013, il est toujours atteint de la maladie. Il est finalement déclaré guéri en novembre 2013. C'est heureux car Froome explique qu'il lui est impossible de s'entraîner quand il est sous traitement tellement celui-ci est violent.

L'urticaire de Froome se déclare pendant le Tour d'Espagne 2011, qu'il termine en deuxième position. D'abord pris pour un eczéma par le Dr Geert Leinders, Froome traine sa maladie pendant plusieurs mois. Il est finalement traité aux antihistaminiques.

L'asthme de Froome n'a curieusement été révélée qu'en 2014 lorsqu'il est surpris entrain d'utiliser un inhalateur pendant une étape du Dauphiné. Selon sa compagne, Michelle Cound, il ne bénéficie pas d'AUT pour traiter son asthme. En revanche, quelques jours plus tard, le JDD révèle qu'il a bénéficié d'une AUT pour utiliser des corticoïdes lors du Tour de Romandie fin avril, épreuve qu'il remporte. Froome aurait déjà bénéficié d'une AUT pour des corticoïdes en 2013.

Nota : une partie importante des informations reprises ci-dessus sont tirées de l'excellent article "Chris Froome's secret battle: Eight doctors, six clinics, four countries and five different illnesses... the remarkable personal struggle of Great Britain's Tour de France champion" publié par dailymail.co.uk le 28 juin 2014.

A ce triste palmarès, il faut ajouter d'autres "handicaps" dont a souffert Chris Froome avant 2011 (rappelons que la liste ci-dessus ne concerne que les trois dernières années).

  • 1 douleur chronique :
  • Et puis, cette liste semblant destinée à s'allonger, nous devons mentionner la scoumoune, maladie grave que Chris Froome semble avoir contracté lors du Dauphiné 2014. Elle est à l'origine de ses trois chutes sur le Tour de France 2014.

    En 2015, il semble guéri de la scoumoune. Mais c'est sans compter sur la bronchite qui le freine pendant la traversée des Alpes sur le Tour de France 2015.

    En septembre 2016, le groupe de hackers russes Fancy Bears, qui s'est introduit sur les serveurs de l'AMA, publie ses AUT de 2013 et 2014.
    Ces AUT consultables ici, montrent que le patient Froome a été autorisé à prendre les médicaments suivants :

    Toutes ces AUT ont été accordées par le Dr Mario Zorzoli de l'UCI.

    Ceci n'empêche pas Froome de rester droit dans ses bottes et d'affirmer : « Je prends ma position dans le sport très au sérieux et je sais que je dois non seulement respecter les règles, mais aussi aller plus loin pour donner le bon exemple tant moralement qu'éthiquement. » (Twitter, 27/09/2016, cité par http:, 27/09/2016)



    La déshydratation fonctionnelle

    L'équipe Sky peine parfois à expliquer de façon rationnelle les performances exceptionnelles de ses coureurs et de Chris Froome en particulier. Ainsi est né le concept de "marginal gains", le souci du détail qui serait l'alpha et l'omega de la performance version Sky. En décembre 2016, Roger Palfreeman, un des médecins de l'armada britannique évoque le concept de "déshydratation fonctionnelle". Il suffirait que le cobaye Chris Froome limite sa consommation d'eau pendant les ascensions, ce qui le ferait maigrir et donc augmenterait son rapport poids/puissance. Abracadabra, voilà un gain de 47 secondes sur l'ascension de l'Alpe d'Huez. Formidable !

    Le concept de "déshydratation fonctionnelle" est tellement bien documenté qu'il donne... 5 résultats sur Google ! La sortie du Dr Palfreeman a permis de populariser le concept et de le faire passer en quelques jours à 181 résultats. Miraculeux !









    L'attaque au Mont Ventoux (Tour de France 2013)

    On a en mémoire l'attaque de Froome dans le Mont Ventoux lors du Tour de France 2013. Son accélération, assis, a stupéfié ses adversaires et les observateurs. Antoine Vayer s'est procuré les données SRM de cette attaque. On notera l'absence d'accélération du rythme cardiaque.

    La superposition de ces données avec les images de la course permet de rendre compte de l'effort phénoménal développé par Chris Froome.

    La première accélération de Froome est à 28:00. Il développe plus de 600 watts pour déposer Alberto Contador. La deuxième est à 30:00 à pour déposer cette fois Nairo Quintana. Il développe brièvement plus 1000w. Enfin, il lui reste assez de jus pour produire de belles accélérations à 37:00 et à 44: 00. Nairo Quintana qui était revenu après la deuxième attaque doit rendre les armes.

    (Avec l'aimable autorisation d'Antoine Vayer et @oufeh).



    Le Dauphiné 2014 et la révélation de son asthme

    A l'occasion de la deuxième étape du Dauphiné 2014, une caméra filme Froome utilisant un inhalateur peu avant l'ascension du col du Béal. Voir les images ci-dessous :

    Immédiatement, une polémique nait sur les réseaux sociaux et la compagne du coureur révèle sur Twitter que le coureur souffre d'asthme et utilise régulièrement un inhalateur sans que cela nécessite une AUT.

    Le lendemain, Froome confirme : « Pfff, je l’utilise depuis que je suis enfant. J’ai de l’asthme. Je ne l’utilise pas tout le temps, seulement quand je fournis de gros efforts. C’est pour cela que je toussais à l’arrivée. » Même si une AUT n'est effectivement pas nécessaire, on ne peut que s'étonner que le coureur, qui vient de sortir un livre, The Climb, dans lequel il évoque son parcours et notamment sa bilharziose, connaissance la suspicion qui entoure désormais toute performance cycliste, n'ait pas jugé bon d'évoquer cette maladie. Qui plus est, faisant partie d'une équipe, la Sky, qui promettait à son origine la plus grande transparence.



    Le Tour de Romandie 2014 et les corticoïdes

    Le JDD du 15/06/2014 révèle que Chris Froome a été autorisé par l'UCI à soigner un refroidissement par une forte dose de corticoïdes lors du Tour de Romandie, disputé en fin avril. Cette autorisation à usage thérapeutique (AUT) délivrée par le Dr Mario Zorzoli de façon express interroge à plusieurs titres :

    Dans un communiqué publié le 15 juin, l'UCI affirme que les procédures ont été respectées, sans pour autant répondre aux points mentionnés ci-dessus. Quelques jours plus tard, l'AMA conforte l'UCI. Malgré tout, l'UCI affirme qu'elle va désormais confier les AUT à un collège de trois experts. Ce collège n'existait donc pas ?

    Rappel de la chronologie ayant conduit à la délivrance de l'AUT :

    Réaction de Christophe Bassons : « Je me pose beaucoup de questions au sujet du Team Sky. Le fait est que Froome a montré sa mentalité en prenant ce produit [Prednisone]. Il avait un problème, il était malade et il a pris ce produit. Il a éliminé ce qui faisait obstacle à sa victoire. Ce n'est pas tellement différent de prendre de l'EPO parce que vous êtes fatigué et que votre hématocrite est faible. » (ww.telegraph.co.uk, 04/07/2014)

    Le 14 septembre 2016, le groupe de hackers russes Fancy Bears publie les AUT de plusieurs sportifs dont Chris Froome. Cette publication fait suite au piratage de serveurs de l'AMA. On découvre alors que l'UCI a du s'y reprendre à trois fois avant de sortir un document sans erreur. On imagine l'ambarras au siège de la fédération internationale.

    La première AUT est rédigée le 29 avril 2014. Numérotée T-229124645, elle autorise la prise de corticoïdes jusqu'au 2 mai 2014 alors qu'en commentaire c'est la date du 6 mai qui est mentionnée. Première contradiction.

    La deuxième AUT est aussi rédigée le 29 avril 2014. Numérotée T-229750962, elle est sensée corriger l'erreur de date de la première. Mais c'est raté. Cette fois la date de fin de validité est fixée au 6 mai 2015... au lieu du 6 mai 2014. A moins qu'il ne se soit agit de donner un blanc-seing à Chris Froome pour un an !

    Le JDD du 15 juin 2014 révèle l'existence d'une AUT pour Froome. Le jour même, Brian Cookson, président de l'UCI se fend d'un Tweet dans lequel il annonce que l'UCI est en train de vérifier la validité de l'AUR : "Nous vérifions les faits, comme vous le seriez en droit de l'attendre". Il est 16h31 en Espagne où se trouve Cookson.

    Treize minutes plus tard, le compte Twitter officiel de l'UCI diffuse un lien vers un communiqué de presse :

    Dans le communiqué, on peut y lire que "l'AUT a été accordée pour une période limitée, selon la procédure habituelle. La procédure a été entièrement transparente puisque c'est la politique de l'UCI d'enregistrer systématiquement toutes les AUT sur ADAMS".

    Pourtant, une troisième AUT est délivrée le 16 juin 2014, soit le lendemain des tweets de Brian Cookson et de l'UCI. Numérotée T-2378277218, elle est enfin correcte.

    Mario Zorzoli a-t-il été victime de stress ? Emporté par l'affaire Geert Leinders, il devra quitter son poste de médecin et de conseiller scientifique en janvier 2015.

    Notre revue de presse sur l'affaire du Tour de Romandie : cliquez ici.



    Il a dit



    Ils ont dit de lui



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