Règle d'or : «Tout ce qui n'est pas détecté par les contrôles n'est pas du dopage».
Début des années 80 : Michele Ferrari débute sa carrière à Ferrare au centre de préparation du Dr Conconi (celui-là même qui "prépara" Francesco Moser pour ses deux records de l'heure à Mexico).
1987 : il suit médicalement l'équipe Château d'Ax dirigée par Gianluigi Stanga, dont les leaders sont Francesco Moser et Tony Rominger. Sa collaboration avec le coureur suisse rurera dix ans.
1993 : les stages en altitude (les mauvaises langues disent à l'abri des contrôles antidopage) sont à la mode. Ferrari emmène Moreno Argentin, Rominger et De Las Cuevas pour un mois en Californie.
1994 : Alors médecin attitré de l'équipe Gewiss, Ferrari déclare que l'EPO "n'est pas plus dangereuse que 10 litres de jus d'orange." (Voir le bétisier du dopage). L'équipe s'en débarasse. Le docteur italien ne reste pas inactif car il a su mettre à profit ces dernières années pour se faire une clientèle en dehors de l'équipe italienne. Il prépare ainsi Tony Rominger au record de l'heure. Mission accomplie puisque le coureur suisse pulvérise le record du monde de l'heure à Bordeaux en 55,291 km, soit deux de mieux que Miguel Indurain. Le médecin qui se fait payer "au rendement" a du empocher un joli pactole !
1994 : Ferrari "prépare" Moreno Argentin, Giorgio Furlan et Evgueni Berzin lors de leur triplé à la Flèche Wallonne, ainsi que Tony Rominger pour son record de l'heure.
Depuis 1995, consultant de Lance Armstrong en matière de diététique, de préparation en altitude et d'utilisation de caisson hyperbare, «autant de méthodes totalement naturelles».
1998 : dans le cadre d'une enquête sur un trafic de produits dopants pour des lapins, le procureur de Bologne Giovanni Spinosa épluche les papiers d'une pharmacie de la ville. Le magistrat découvre que plusieurs sportifs s'approvisionnent en produits dopants dans la petite officine. Il remonte ainsi jusqu'à Michele Ferrari et sur une liste de plusieurs coureurs, dont Ivan Gotti.
2000 : Toujours très consciencieux, en pleine étape du Tour de France, il entre en relation téléphonique (grâce à l'oreillette) avec Lance Armstrong pour lui prodiguer des conseils. A la fin du Tour, Armstrong, Livingston et Hamilton se cotisent pour lui offrir une Rolex.
2001 : Début de son procès pour dopage en Italie. Le 1er octobre 2004, le verdict tombe, le condamnant à un an de prison avec sursis et 900 euros d'amende pour fraude sportive et exercice abusif de la profession de pharmacien. "Persuadé de [son] innocence dans toute cette affaire", le Professeur fait appel. Dans le même temps, il perd son client Tyler Hamilton qui a quitté l'équipe de Lance Armstrong. Continuer à suivre un de ses rivaux aurait été contraire à ses arrangements avec Armstrong.
2004 : Il dirige un camp d'entraînement à San Diego (Califormie).
2007 : Alexandre Vinokourov explique que Michele Ferrari est son préparateur physique. Le kazakh sera déclaré positif quelques jours plus tard pendant le Tour de France.
"Si j'étais coureur et que je savais qu'il existait un produit non décelable capable d'augmenter la performance, je l'utiliserais."(rapporté par L'Humanité - 21/07/1994)
"Cette substance [l'EPO] n'est pas plus dangereuse que 10 litres de jus d'orange." (rapporté par L'Express 29/6/2000)
Ils ont dit de lui
Francesco Conconi : "Michele Ferrari a décidé depuis longtemps de jouer les commerçants."(L'Equipe Janvier 1997)
Tony Rominger : "Tout passe par lui. Des programmes d'entraînement aux menus diététiques. Argentin et moi le payons la moitié chacun." (L'Equipe 18/03/1991)
Lance Armstrong : "Je le considère comme un honnête homme, un homme juste et innocent." (rapporté dans L'Humanité - 15/06/2004). "C'était un ami et j'allais le voir pour qu'il me conseille sur mon entraînement. Il ne comptait pas parmi mes principaux conseillers, mais c'était quelqu'un de très écouté dans le milieu du cyclisme et il m'arrivait de le consulter. Il m'avait aidé à mettre au point mon entraînement en altitude et conseillé pour mon régime alimentaire." (Chaque seconde compte, Albin Michel 2003)
Alexandre Vinokourov : "Ferrari ne m'a jamais proposé de médicaments. Il n'est que mon préparateur physique et si j'en parle aussi librement, c'est que je n'ai rien à cacher." (L'Equipe - 30/06/2007, rapporté par tsr.ch)
De Las Cuevas : "Si aujourd'hui on a les contrôles sanguins c'est quand même parce que c'est le docteur Ferrari qui a dit "Attention, il y en a qui utilisent l'EPO"." (La France Cycliste, 21/03/1997, cité par Jean-Pierre de Mondenard dans son Dictionnaire du dopage, page 479.)