Actualité du dopage



L'honneur retrouvé de Filippo Simeoni, dopé repenti

21/01/2005 - Le Monde - Jean-Jacques Bozonnet

Extraits

Filippo Simeoni est un homme apaisé. Témoin à charge dans le procès pour dopage du médecin (...) Michele Ferrari, ce coureur de 33 ans a dû subir la réprobation quasi générale du milieu cycliste, qui le traitait de "menteur". Au sein du peloton professionnel, il n'a pas eu la vie facile pendant les trois années du procès, jusqu'à la condamnation du docteur Ferrari (...) à un an de prison avec sursis et 900 euros d'amende pour "fraude sportive" et "exercice illégal de la profession de pharmacien". (...) Filippo Simeoni tient sa revanche : "Je me sens récompensé, a-t-il confié au quotidien sportif La Gazzetta dello Sport. C'est la démonstration que j'ai dit la vérité (...)."

Le coureur avait affirmé que le docteur Ferrari lui avait prescrit de l'érythropoïétine (EPO) et un anabolisant (l'Andriol) en 1996-1997. Il avait ajouté une série de noms et de données qui avaient fait progresser l'enquête. (...) "Aucun des arguments utilisés par la défense de Ferrari n'est de nature à miner la crédibilité de Simeoni, dont les déclarations (...) se trouvent confortées par une série d'autres éléments récoltés au cours du procès", lit-on dans l'exposé des motifs du juge.

"Quand ceux qui recourent au dopage sont, comme le docteur Ferrari, (...) issus de l'excellence d'un centre de recherches financé par le Comité national olympique italien (CONI), il y a vraiment à craindre que l'embrouille (...) quoique pharmacologiquement raffinée, continuera à prendre le meilleur sur la valeur réelle des athlètes", commente le magistrat pour qui "il ne peut y avoir d'indulgence dans la sanction envers le prévenu Ferrari".

Aucune allusion n'est faite, dans le document, à Lance Armstrong, le plus célèbre des clients de Michele Ferrari. Filippo Simeoni s'en est chargé : "Pendant les dernières six années, il a été suivi par Ferrari et il en a toujours plaidé l'innocence, les gens en tireront leurs propres conclusions." A la fin du Tour 2004, l'Américain avait fait échouer une échappée (...) car Simeoni en faisait partie. "Rien ne m'a plus blessé que l'acharnement de champions comme Lance Armstrong ou Mario Cippolini qui m'auraient bien éliminé du cyclisme, avoue-t-il. (...)"


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