Actualité du dopage



Jaksche avoue tout

01/07/2007 - Le Figaro

Extraits

Jörg Jaksche est le premier coureur à avouer avoir profité des services du docteur Fuentes. Dans un entretien accordé au Spiegel, le coureur allemand revient sur ses années de dopage depuis 1997 et se dit prêt à collaborer désormais avec la justice.

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Après Ivan Basso et Michele Scarponi, c'est au tour de Jörg Jaksche de passer aux aveux. A la différence près que le coureur allemand est le premier à révéler s'être servi en compétition du sang trafiqué par le docteur Fuentes. Après avoir nié (...), l'ancien coureur de Liberty Seguros a brutalement changé sa position. Pourquoi ? Parce que, malgré son innocence présumée, il ne pouvait plus courir, suspendu à titre provisoire par sa nouvelle équipe Tinkoff. Parce qu'après les révélations des anciens de Deutsche Telekom et de quelques autres, il ne se sentait plus seul. Parce qu'il a senti aussi qu'il avait un rôle à jouer dans la lente entreprise de redressement de son sport. (...) Jörg Jaksche a décidé de tout dire au quotidien allemand Der Spiegel. Et pas seulement sur sa propre histoire. «On peut voir qu'il n'y a pas eu de modification fondamentale dans la pensée. Dès lors j'ai su que rien n'avait changé, je crois que c'est important pour le futur de ce sport que quelqu'un dise : "Voilà, c'est comme ça que ça se passe ici"», justifie le Germanique. Dans la foulée, celui-ci s'engage à aider l'UCI, l'AMA et la justice (...) en dénonçant non seulement les pratiques mais aussi et surtout en dévoilant les chemins, les liens, les intermédiaires de ce système pervers.

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Pour Jaksche, le dopage a donc commencé en 1997, à son arrivée chez Polti, sous les ordres de Gianluigi Stanga, aujourd'hui manager de Milram. «Stanga disait qu'il voulait commencer le traitement avec moi, voir comment cela agissait». Sorte de cobaye, Jaksche prend de l'EPO pour la première fois sur le Tour de Suisse. Puis vint la période Telekom (1998-2000). Mais quand ses ex-coéquipiers Zabel, Riis et Aldag parlent d'initiatives personnelles, lui évoque un système organisé. «La direction de l'équipe savait tout. Le problème de Godefroot n'était pas d'éviter que quelqu'un se dope, mais d'éviter qu'il le fasse maladroitement», charge ainsi l'ancien vainqueur de Paris-Nice (...). Jaksche raconte également sa peur pendant le Tour de France 1998, celui de l'affaire Festina, les descentes de police et son angoisse de se faire prendre. Tout au long de son témoignage, il ne rejette pas sa responsabilité mais se fait seulement le révélateur d'un système de dupes auquel personne ne pouvait échapper. «C'est pervers mais le système de dopage était juste dans le sens où tout le monde se dopait. Un cyclisme sans dopage est seulement possible si personne ne le fait», conclut-il.

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Cette page a été mise en ligne le 2/7/2007.