Actualité du dopage



L'Espagne déterre l'affaire Puerto

16/02/2008 - Libération - François Musseau

Extraits

La justice espagnole se penche de nouveau sur l'«opération Puerto», cette considérable affaire de dopage sanguin, découverte en Espagne en 2006 qui a provoqué un séisme dans le monde du cyclisme. Jeudi, l'Audience nationale (...) a rouvert ce dossier ultrasensible qui, d'ores et déjà, a jeté le discrédit sur une soixantaine de cyclistes - dont (...) Jan Ullrich, (...) Ivan Basso ou (...) Oscar Sevilla.

En 2006, les coureurs impliqués avaient été exclus du Tour de France. La non-invitation de l'équipe Astana pour le Tour 2008, est un dommage collatéral de l'affaire ce vaste réseau de dopage sanguin au centre duquel figurerait le docteur Eufemiano Fuentes.

La réouverture du procès suppose un nouveau coup de projecteur sur des dizaines de cyclistes qui pourraient ne jamais s'en relever. Mais elle ne les met pas en danger d'un point de vue pénal, pas plus que les directeurs sportifs également visés, tels Manolo Saiz, ancien patron de Liberty-Seguros (...) ou Vicente Belda, de l'équipe Kelme. Seuls les médecins ont à craindre du zèle judiciaire de l'Audience nationale.

(...) Lorsque l'«affaire Puerto» a explosé, (...) le dopage n'était pas considéré comme un délit en Espagne. Impossible donc de poursuivre pénalement des cyclistes pour ce motif. Les magistrats vont s'attacher au possible viol du code pénal concernant la législation sur les médicaments. Et vérifier si les substances proposées aux coureurs - en particulier l'EPO (...) - ne présentaient pas un «risque pour la santé».

Sur le banc des accusés figurent Eufemiano Fuentes et son complice présumé l'hématologue Merino Batres. D'après le dossier d'instruction, ces deux hommes extrayaient du sang aux cyclistes, le conservaient dans des poches de plastique (au moins 200, selon les juges), lesquelles étaient ensuite placées dans les congélateurs de leurs laboratoires. A la veille de compétitions importantes, ces poches de sang «amélioré» étaient délivrées aux sportifs afin d'améliorer leur rendement sur la selle. La question cruciale est de savoir si «la chaîne du froid» a pu être rompue à un moment quelconque. On suppose que cela a pu être le cas au cours des déplacements en voiture ou en taxi entre les laboratoires et les hôtels des cyclistes concernés. Ou si, par exemple en raison d'une coupure de courant, le sang congelé a pu subir «d'éventuelles modifications». C'est l'hypothèse défendue par l'institut de toxicologie, à Madrid, et qui a mis la puce à l'oreille des juges ayant rouvert l'«affaire Puerto».

(...) Le cas échéant, aussi bien Eufemiano Fuentes que Merino Batres encourent des peines de prison allant de six à dix-huit mois de prison, de très lourdes amendes et une interdiction d'exercer pendant deux ans.

Si une condamnation survient, cela redorera peut-être l'image de l'Espagne, que Pat McQuaid, président de l'Union cycliste internationale, qualifiait de «paradis du dopage».

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Cette page a été mise en ligne le 17/2/2008.