Actualité du dopage



Schumacher, maillot jaune controversé

09/07/2008 - Le Monde - Benoît Hopquin

Extraits

Stefan Schumacher, vainqueur du contre-la-montre (...) à Cholet (...), est allemand. Et là-bas, en Allemagne, il ne fait pas bon être coureur cycliste actuellement. Les affaires de dopage ont terni la réputation du sport. L'ambiance est à la suspicion. Le public a tourné le dos, les sponsors de même. L'équipe Deutsche Telekom a sombré. Gerolsteiner, l'équipe de Stefan Schumacher, se retire du peloton à la fin de l'année.

Les coupables ont beau faire acte de repentance dans des confessions publiques, rien n'y fait. (...) Tout ce qui porte cuissard est épié, traqué même. Jens Voigt le racontait avec une boule au fond de la gorge, au début de ce Tour. (...) La télé avait même arrêté la retransmission du Tour outre-Rhin en 2007. Elle est revenue cette année mais le sourcil en accent circonflexe.

Alors revoir un Allemand avec le Gelbe Trikot (le maillot jaune) aurait dû ranimer la flamme. A 26 ans, Stefan Schumacher représente la génération qui a suivi Jan Ullrich et Erik Zabel, qui n'a pas à porter le poids de leurs fautes. Le coureur a connu une carrière erratique dans une période de chaos. Ecarté de Deutsche Telekom en 2002 pour absence de résultat, il a végété dans les équipes de deuxième zone avant d'étoffer son palmarès par deux victoires d'étape dans le Giro en 2006 et un succès dans l'Amstel Gold Race en 2007. Il fut également troisième des derniers championnats du monde à Stuttgart (...).

Le coureur a dans le même temps accumulé des complications d'ordre paramédical. En 2005, il est contrôlé positif à la cathine, une amphétamine. Sommé de s'expliquer, il se défausse sur sa mère. Cette dernière, par ailleurs docteur, lui aurait prescrit un médicament contre l'asthme qui contenait la molécule incriminée. Il est exonéré. En 2007, on lui découvre cette fois des " irrégularités dans les paramètres sanguins". Avalanche de courbes à l'appui, le coureur invoque les conséquences d'une déshydratation due à une diarrhée. Le dossier se referme une nouvelle fois sur un acquittement.

(...)

Entre-temps, le coureur s'est attaché les services d'un avocat spécialiste du dopage (...). Dans le cyclisme, de telles spécialistes sont devenus aussi indispensables que les soigneurs d'antan. La preuve fin 2007. Après une soirée trop arrosée, le coureur enfonce une barrière de jardin avec sa voiture. Les tests sanguins effectués par la police révèlent une alcoolémie douteuse mais également des traces d'amphétamine. L'Allemand sera à nouveau blanchi sur un point juridique.

Aujourd'hui, s'il fait amende honorable sur la conduite en état d'ébriété - "J'ai été stupide, je ne suis pas fier de ça" -, Stefan Schumacher s'en tient à un strict légalisme sur le dopage : "Selon les règles, je n'ai pas commis de faute." A l'ère de l'EPO, la prise d'amphétamine, ce dopant à grand-papa, semble, il est vrai, péché véniel. Mais dans un pays en plein désamour, Stefan Schumacher ne représente toujours pas le modèle de vertu espéré. (...)

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Cette page a été mise en ligne le 10/7/2008.