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Lidl - Trek - Saison 2026


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Introduction


L'équipe américaine Lidl-Trek (précédemment Trek-Segafredo) est née en 2011 au Luxembourg à l’initiative de Frank et Andy Schleck, accompagnés de Brian Nygaard et de Kim Andersen, tous quittant la Saxo Bank de Bjarne Riis. La licence World Tour est alors détenue par Flavio Becca, un entrepreneur luxembourgeois qui, à la même époque, est dans le collimateur du fisc.


Dès l’année suivante, la jeune formation fusionne avec la Radioshack de Johan Bruyneel. Brian Nygaard s’en va chez GreenEdge. Bruyneel sera écarté en fin de saison 2011 après les aveux de Lance Armstrong. Il purge depuis une suspension à vie.


Flavio Becca, quant à lui, se débarrasse de la licence World Tour en 2014 et l’Italien Luca Guercilena devient manager.


Quand Andy Schleck porte son équipe sur les fonts baptismaux, il ne sait pas encore qu’on lui attribuera le Tour de France 2010 sur tapis vert, Alberto Contador étant déclassé. En 2013, Chris Horner remporte le Tour d’Espagne dans une résurrection préfigurant celle de Cavendish quelques années plus tard. Par la suite, Trek attire deux anciens vainqueurs de Grands Tours : Alberto Contador, justement, et Vincenzo Nibali.

En juin 2023, la chaîne de hard-discount Lidl devient sponsor principal et l’équipe se rebaptise Lidl-Trek. Mads Pedersen, Mattias Skjelmose et Giulio Ciccone sont ses principales têtes d’affiche.

Les frères Schleck font leur grand retour dans l’équipe en 2026. Andy prend un rôle de manager adjoint et Franck celui de directeur sportif de l’équipe féminine.


Histoire de l'équipe

Frank Schlek, fondateur rattrapé par la patrouille


Dès 2012, la formation est touchée une affaire de dopage qui touche directement un des co-fondateurs de l’équipe : Frank Schleck. Il est contrôlé positif au Xipamide, un diurétique, sur le Tour de France 2012. L’équipe ne peut que le suspendre provisoirement. Il sera suspendu 2 ans par l’agence antidopage luxembourgeoise. Il a toujours nié les faits.

Revue de presse du Tour de France 2012

Avant cette affaire, il avait déjà été mouillé dans l’opération Puerto pour avoir versé, en mars 2006, près de 7000 euros sur un compte suisse appartenant au Dr Eufemiano Fuentes. « Ce paiement devait financer un programme d'entraînement sportif spécifique (élaboré) par des experts », avait expliqué Schleck. Excuse classique et fort peu convaincante.

Revue de presse de l’Opération Puerto
Le retraité Danilo Hondo rattrapé par l’affaire Aderlass


Dans le cadre de l’affaire Aderlass, Danilo Hondo reconnait en 2019 avoir eu recours au dopage sanguin sur une période allant de fin 2011 au début 2013. Ceci recouvre donc partiellement la première de ses deux saisons sous les couleurs RadioShack-Leopard. Alors qu’il est déjà en retraite sportive, il est suspendu 8 ans, une peine ramenée à 5 ans et demi pour tenir compte de sa coopération avec les autorités.

Revue de presse de l’Opération Aderlass

C’est la troisième affaire dans laquelle Hondo est impliqué. Dès le Giro 2001, il est pris en possession de produits dopants mais n’est pas sanctionné. Plus sérieux, il est contrôlé deux fois positif au Carphédon pendant le Tour de Murcie 2005. Il écope d’une suspension de 2 ans et d’une amende de 5000 CHF.

Revue de presse de son contrôle positif au Carphédon
André Cardoso confond alcool et EPO


André Cardoso est contrôlé positif à l'EPO hors compétition en juin 2017. Le coureur tente d’expliquer sa positivité par une consommation excessive d’alcool. Bien que l'analyse de l'échantillon B s’avère « non-concluante », la CADF (Cycling Anti-Doping Fondation) le suspend pour quatre ans, estimant avoir suffisamment d’éléments pour justifier la disqualification. Après sa suspension, il finira sa carrière dans de modestes équipes portugaises.

Revue de presse de son contrôle positif à l’EPO
Jarlinson Pantano


Jarlinson Pantano est contrôlé positif à l’EPO au Tour du Haut-Var 2019. Le Colombien, ancien vainqueur d’étape sur le Tour de France 2016, est immédiatement suspendu par l’équipe Trek. Il est finalement suspendu quatre ans par l'Union cycliste internationale et met un terme à sa carrière.

Revue de presse de son contrôle positif à l’EPO
Antwan Tolhoek


En février 2024, le Néerlandais Antwan Tolhoek est suspendu provisoirement après un contrôle positif aux stéroïdes anabolisants effectué le 27 novembre 2023, soit quelques jours avant de quitter l’équipe Trek. L’UCI annonce en juillet 2025 suspendre le coureur néerlandais pour une durée de 4 ans.

Le coureur était arrivé pour la saison 2022 après cinq années passées chez Jumbo-Visma. C’est sous le maillot des abeilles néerlandaises qu’il a obtenu son meilleur résultat, une étape du Tour de Suisse 2019.

Passé professionnel en 2015 chez Rabobank Development, Tolhoek s’était déjà illustré en décembre 2017 alors qu’il était en stage avec les LottoNL-Jumbo. Il avait été mis à pied pendant deux mois pour possession de somnifères non-fournis par l’équipe. Pas sûr que son sommeil se soit amélioré par la suite.

Revue de presse de l'affaire du contrôle positif d’Antwan Tolhoek

Fabian Cancellara piqué, pas coulé

Cancellara Fabian
Fabian Cancellara jauge l'écart
Tour des Flandres 2014
© www.cyclisme-dopage.com

Fabian Cancellara a couru dans l’équipe des frères Schleck entre 2011 et 2016. Il a souvent été accusé de dopage mécanique, notamment lors de son doublé Tour des Flandres – Paris-Roubaix 2010, époque où il courait encore pour la Saxo Bank de Bjarne Riis.

Les Fancy Bears dévoilent en 2016 des AUT l’autorisant à prendre des corticostéroïdes en 2011 et 2013. Le coureur déterre des photos montrant un visage gonflé par des piqures d’abeilles, à même de justifier la prescription de la substance pour traiter les réactions allergiques. Assurément insuffisant pour le faire entrer dans notre annuaire du dopage.

Revue de presse des révélations des Fancy Bears

Liste des affaires de l'équipe
Coureur Produit Course Date Sanction Contrôle
Tolhoek Antwan Stéroïdes anabolisants Contrôle inopiné 2023 Oui Contrôle positif
Pantano Gomez Jarlinson EPO Contrôle inopiné 2019 Oui Contrôle positif
S. Martins Cardoso Andre Fernando EPO Contrôle inopiné 2017 Oui Contrôle positif
Hondo Danilo (7494) Transfusions sanguines 2013 Oui Enquête judiciaire et aveux en 2019
Schleck Frank Xipamide Tour de France 2012 Oui Contrôle positif

Pour voir plus d'informations sur l'équipe dans l'annuaire du dopage, cliquez ici

Revue de presse de l'équipe
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Les coureurs épinglés

Mattias Skjelmose

Le danois Mattias Skjelmose est un coureur précoce. La preuve : à 17 ans seulement il subit un contrôle antidopage positif à la méthylhexanamine. C'était le 26 mai 2018 à l'issue du Tour du Pays de Vaud dont il venait de remporter le classement général devant William Blume Levy, un autre Danois. Pendant l'enquête de la CADF (Fondation antidopage du cyclisme), il plaide la contamination par un complément alimentaire. L'UCI entend ses arguments et retient le côté involontaire de ce cas de dopage. Il est suspendu 10 mois entre juillet 2018 et mai 2019. Entre temps, il s'était illustré en se faisant suspendre pendant 14 jours par la fédération danoise de cyclisme, cette fois pour avoir frappé un autre coureur lors de la Demin Cup à Grindsted.

Malgré cette entrée en carrière chaotique, il passe professionnel en 2020 au sein de l'équipe Leopard Pro Cycling, réserve de l'équipe Trek. Quelque mois plus tard, il passe dans l'équipe première. Il est aujourd'hui une de ses figures de proue. Il a fait sensation en 2025 en s'imposant sur l'Amstel Gold Race devant Remco Evenepoel et Tadej Pogacar.


Les dirigeants épinglés

Pas moins de cinq membres de l’encadrement ont été épinglés dans notre annuaire du dopage.

On peut aussi s’étonner du parcours de trois médecins Lidl-Trek : le Dr Manuel Rodriguez Alonso, passé par ONCE, Mapei et Quick-Step, le Dr Dr Benjamin Fernandez Garcia, passé par Clas, Mapei et ONCE, et Dr Nino Daniele, passé par Motorola et Discovery Channel. Impressionnant !

Pour l’anecdote, on évoquera aussi le parcours du masseur Paco Lluna.

L’étonnant parcours du Dr Manuel Rodriguez Alonso

Le Dr Manuel Rodriguez Alonso a été embauché en 2021. Le parcours de ce médecin passé par les équipes ONCE, Quick-Step et Orica GreenEdge est intéressant.

Il a tout d’abord été médecin du comité olympique espagnol entre 1996 et 2004. Puis il a travaillé deux ans, en 1999 et 2000 à la ONCE, embauché par le sulfureux Dr Nicolás Terrados (lire son portrait ici.). Il rejoint ensuite la Mapei qui devient Quick Step (2001 à 2006) puis Orica-GreendEdge (2012 à 2016). Il a aussi goûté au football en travaillant à partir de 2007 et pour trois ans au Real Madrid en tant que professeur de conseil en nutrition et de performance sportive.

En août 2001, le procureur de Florence, responsable de l'enquête sur le Blitz de San Remo du 7 juin met pas moins de 52 personnes sous enquête. Parmi elles, une quarantaine de cyclistes mais aussi des masseurs, des pharmaciens et des médecins dont le Dr Manuel Rodriguez, alors à la Mapei. Il est poursuivi pour détention de caféine et de diprophilline. Il ne sera pas condamné dans cette affaire.

Revue de presse du Blitz de San Remo

Il déclare en 2002 que grâce à des « contrôles antidopage plus organisés comme il s'en fait maintenant, qui peuvent s'imposer à n'importe quel coureur et à n'importe quel moment, le dopage a pratiquement disparu du cyclisme ». Le mot « pratiquement » est prudent. Il vaut mieux car Stefano Garzelli qui court alors dans son équipe est contrôlé positif au probénicide pendant le Tour d’Italie de la même année.

Revue de presse du Tour d’Italie 2002

Dans les années 2000, il travaille à l’Unité Régionale de Médecine Sportive des Asturies où il a déjà pour collègue le Dr Benjamín Fernández dont nous reparleronsci-dessous. Les deux médecins travaillent également ensemble au sein de la Fédération espagnole de canoë-kayak pendant plusieurs années. Rodrigues est responsable du biomédical tandis que Fernández est responsable de… l’antidopage. Quand le canoéiste Jovino González Comesaña est exclu de l'équipe olympique après avoir été contrôlé positif à l'érythropoïétine (EPO) en 2004, il met en cause nommément le Dr Manuel Rodriguez. Le président de la Fédération espagnole de canoë-kayak, Santiago Sanmamed vient au secours du sportif : « Je ne crois pas aux théories du complot. Soit c’était le gars, soit c’était le médecin... Et je suis sûr que ce n’était pas le gars ». 

Lors d'un interrogatoire par l'Agence mondiale antidopage en 2007, Patrick Sinkewitz soutient que le dopage était systématique chez Quick-Step entre 2003 et 2005. Il accuse nommément le patron de l'équipe Patrick Lefévère et le médecin Manuel Rodriguez. En 2013, le coureur allemand réitère ses accusations devant l’Office fédéral de la police criminelle allemande. Il explique que les Dr Manuel Rodriguez, toujours lui, et Yvan Van Mol lui ont fourni EPO, hormones de croissance et cortisone.

Après les aveux de dopage de Stuart O’Grady en 2013, l’équipe Orica-GreenEDGE commande une enquête « indépendante » à Nicki Vance qui remet ses conclusions en mai 2013. Dans son rapport, Vance souligne le risque potentiel engendré par des messages contradictoires adressés aux coureurs. Il a constaté que les trois médecins de la formation ont des points de vue différents sur la question de la consommation de suppléments alimentaires. Selon Vance, Manuel Rodriguez est « le principal partisan de l’utilisation de suppléments ». Le Docteur explique les préconiser pour dissuader les coureurs de chercher à utiliser les leurs.

Quand Simon Yates est contrôlé positif à la Terbutaline à l’arrivée de la sixième étape de Paris-Nice 2016, l’équipe Orica-GreenEdge fait porter toute la responsabilité sur son médecin qui aurait commis une « erreur administrative » en ne présentant pas l’AUT dont bénéficiait le coureur pour soigner son asthme. L’équipe n’a jamais communiqué le nom du médecin mis en cause. Nous nous contenterons donc de noter que le Dr Manuel Rodriguez, entré dans la formation australienne en 2012 ne figure plus dans les organigrammes en 2017. Nous perdons sa trace jusqu’en 2021 où il réapparaît dans l’équipe Trek. Nous avons interrogé les équipes Trek et Team Jayco pour en savoir plus. Aucune n’a répondu à nos sollicitations.

Revue de presse du contrôle positif de Simon Yates

Le Dr Manuel Rodriguez n’a à notre connaissance jamais été suspendu, ni officiellement sanctionné, ce qui lui permet d’échapper à notre annuaire du dopage. Partout où il passe, il y a des casseroles, mais il faudrait croire qu’il n’est jamais rentré dans la cuisine ! C’en est donc assez pour douter et pour que sa présence dégrade la confiance que nous plaçons dans son équipe. Rappelons que depuis 2024, nous comptabilisons certaines personnes quand bien même elles n’ont pas été épinglées ou flashées.

Quand le Dr Benjamin Fernandez Garcia retrouve le Dr Manuel Rodriguez Alonso

Dans les années 2000, le Dr Benjamín Fernández Garcia a travaillé à l’Unité Régionale de Médecine Sportive des Asturies en même temps que le Dr Manuel Rodríguez Alonso dont nous relatons le parcoursci-dessus. Les deux médecins travaillent aussi à la Fédération espagnole de canoë-kayak. Fernandez est à la tête de l’antidopage et Rodriguez à celle du biomédical. En théorie, ils ne sont donc pas exactement du même côté au moment où le canoéiste Jovino González Comesaña, exclu de l'équipe olympique après avoir été contrôlé positif à l'érythropoïétine (EPO) en 2004, accuse le Dr Manuel Rodriguez.

Avant cela, le Dr Fernandez a été le médecin de l’équipe Clas-Cajastur de 1990 à 1992. Il s’y occupe notamment d’un certain Tony Rominger. Les deux hommes rejoignent la fameuse équipe Mapei où ils restent ensemble jusqu’en 1996.

Le Dr Benjamin Fernandez a donc retrouvé sa vieille connaissance le Dr Rodriguez chez Trek en 2023. Il y a aussi retrouvé un autre compère des équipes Clas et Mapei, le soigneur « Chopi » Gonzalez, Joaquin Gonzalez Vega de son vrai nom. Que d’histoires à raconter assurément.

Malgré ce parcours pittoresque, nous n’avons pas pénalisé l’équipe Trek à cause de ce médecin.

Les années Mapei et Sky de Bernhard Eisel

Eisel Bernhard
Bernhard Eisel mène les échappés
Tour des Flandres 2014
© www.cyclisme-dopage.com

En juillet 2007, la première chaîne publique allemande de télévision ARD révèle l'existence de documents prouvant l'usage systématique du dopage au sein de l'équipe Mapei en 2001. Selon ces documents, les coureurs faisaient un usage systématique d'EPO, d'anabolisants, de testostérone et sans doute aussi d'insuline de synthèse. Bernhard Eisel courait pour la Mapei en 2001. C’était sa toute première année chez les professionnels, raison pour laquelle nous lui accordons le bénéfice du doute et ne l’épinglons pas dans notre annuaire du dopage pour cette affaire. La chance du débutant, en somme.

Dans le rapport d'enquête du Parlement britannique à propos de l'équipe Sky, à laquelle Bernhard Eisel a appartenu entre 2012 et 2015, le coureur allemand est accusé par une source anonyme d'avoir fait partie d'un groupe de coureurs Sky qui ont pris des corticoïdes lors de la préparation du Tour de France 2012. Lors de la publication de ce rapport en 2018, Eisel, qui menait cette année-là le train Sky, nie catégoriquement avoir pris de la cortisone. Là encore, c'est insuffisant pour l'inclure dans notre annuaire du dopage et donc sa présence ne vient pas dégrader la note que nous attribuons à l'équipe Lidl-Trek, une équipe qu’il a rejoint cette année en tant que directeur sportif.

Un ancien masseur de Marco Pantani pour Juan Ayuso

Le masseur Enzo Verzeletti, qui exerçait chez UAE depuis plusieurs années et a suivi Juan Ayuso chez Lidl-Trek cette année, a eu le privilège de masser Marco Pantani au début de sa carrière. C’était en 1993 chez Carrera Jeans-Tassoni.

Paco Lluna était encore plus proche du défunt coureur italien puisqu’il a été à la Mercatone Uno entre 1997 et 2000. Il se souvient avoir partagé « beaucoup d’expériences dans ma maison, dans la sienne, dans les restaurants, dans le football »… Il est désormais masseur chez Lidl-Trek après avoir aussi exercé à la Saunier Duval de Mauro Gianetti.

Nous ne prenons évidemment pas son cas en considération dans le calcul de notre indice de confiance.

Kim Andersen (Directeur sportif adjoint)

Recordman du monde des contrôles positifs

Symbole des dérives du cyclisme dans l'ère pré-Festina, Kim Andersen est le véritable recordman du monde des contrôles positifs. Nous en avons dénombré six. Ou sept. C'est confus. On s'y perd. Mais c'est beaucoup. Seul le sprinter ouzbek Djamolidine Abdoujaparov pourrait lui contester ce titre mais il a triché : il a été contrôlé positif six fois, à quelques jours d'intervalles, donc pour les mêmes produits et peut-être la même prise. Kim Andersen, lui, a établi son record sur huit ans, entre 1985 et 1992. C'est plus fort.

On aime beaucoup Kim Andersen. Il est drôle. Après son contrôle positif au Tour du Limousin en 1987, il déclare : « Depuis que j'ai été contrôlé deux fois positif [six fois en réalité], je prends toutes mes précautions. Je ne suis quand même pas con ! ». Moyennant quoi il se fait contrôler positif à l'Amstel Gold Race en 1992. C'est con, non ?

Il y a un mystère Kim Andersen. Il donne envie de rigoler. Pat McQuaid, alors président de l'UCI, n'affirmait-il pas en 2011 : « Je n'ai jamais entendu de rumeurs [sur lui] (...) c'est un bon directeur sportif ». Pat aussi est drôle, non ?

Le permis de se doper

Mais reprenons un instant notre sérieux car Kim Andersen est à l'origine d'un véritable permis de se doper accordé au peloton à la fin des années quatre-vingt. En effet, sa suspension à vie en 1987 conduit Hein Verbruggen, le président de l'UCI, à assouplir les sanctions en 1988 : un coureur contrôlé positif n'écope plus que de 3 mois de suspension avec sursis. Un deuxième contrôle conduit à une suspension supplémentaire de 3 mois ainsi qu'à l'exécution de la première suspension, soit un total de 6 mois. Seulement. La suspension à vie, qui prévalait alors pour un troisième contrôle positif, se transforme en un an de suspension. Mieux encore, les compteurs sont remis à zéro tous les douze mois. Un véritable désastre que le sport cycliste paiera très cher en 1998 avec l'affaire Festina.

Enfin suspendu à vie en 1992, Kim Andersen refait surface en tant que directeur sportif dès 1998 dans la modeste équipe danoise Chicky World. Après avoir longtemps travaillé aux côtés de Bjarne Riis, il s'émancipe en créant Leopard Trek en 2011 avec Andy et Frank Schleck. Depuis, Kim Andersen semble indéboulonnable.

Les lecteurs qui ont envie de rire (jaune) pourront se payer une tranche supplémentaire en consultant le portrait que nous avons lui consacré ici

Ils pourront aussi regarder la séquence du Tour du Pays basque 2026 où il a bien failli renverser Markel Beloki. Lui, ça ne l'a pas fait rire.

Jeroen Blijlevens (Directeur sportif adjoint)

Jeroen Blijlevens courait les Tours de France 1998 et 1999 sous les couleurs de la tristement célèbre TVM. En 1998, le sprinter batave s'impose à Cholet au moment même où Bruno Roussel, manager de la Festina, se faisait ramasser par les pandores. Autant dire que la victoire de Blijlevens n'intéressa personne. Quelques jours plus tard, c'est au tour des coureurs de la TVM d'être embarqués au poste. Blijlevens est furieux et tente d'entraîner le peloton dans un mouvement de grève. En vain. Alors que le Tour passe en Suisse, du côté du col de la Faucille, il met pied à terre. Il explique son geste un peu plus tard : « Pour moi, c'était un symbole. Maintenant, je vais oublier la France, je vais d'abord trouver la paix en Suisse puis rentrer chez moi en passant par les autoroutes allemandes ». Dans la soirée, ses coéquipiers abandonnent aussi. Le rapport sénatorial français de 2013 démontre qu'il était alors sous EPO. Ce sera encore le cas l'année suivante.

Revue de presse de l’affaire TVM

Blijlevens n'en a pas fini avec le dopage. Pendant le Blitz du Giro 2001, le 6 juin, il est surpris par les forces de l'ordre en possession de douze gélules d'un médicament à base de caféine. Le coureur de Lotto – Adecco n'écope d'aucune sanction. Il court quelques années encore et met un terme à sa carrière à la fin de la saison 2004.

Revue de presse du Blitz de San Remo

Lorsque Richard Plugge tente de faire le ménage à la Rabobank en 2013, il convoque tous les employés et leur demande de déballer ce qu'ils savent et ce qu'ils ont fait en matière de dopage. Jeroen Blijlevens, directeur sportif depuis quelques mois, ment. Dès la publication du rapport sénatorial français, l'équipe néerlandaise, devenue Belkin, annonce son départ « immédiat ».

Après être revenu dans le milieu par le biais du cyclisme féminin, il a remis le pied à l'étrier en 2024 chez Lidl-Trek où il retrouve son ancien compère de TVM, Steven De Jongh. Inutile de dire que nous accueillons froidement ce retour.

Steven De Jongh (Directeur sportif)

Comme Jeroen Blijlevens, Steven de Jongh faisait partie de l'équipe TVM exclue du Tour de France 1998. Cela aurait dû attirer l'attention de Dave Brailsford, patron de la Sky, qui clamait vouloir constituer son équipe avec des dirigeants vierges de toute affaire de dopage. Il lui aurait suffit de consulter le verdict du procès TVM qui s'est tenu à Reims en 2001 :

Steven de Jongh, consommateur de produits dopants
Source : Verdict du procès TVM - 17/07/2001
Revue de presse de l’affaire TVM

Acculé par une enquête interne de la Sky, l'ancien coureur passé par la Rabobank et la Quick Step, reconnait finalement avoir eu recours au dopage durant sa carrière. « J'ai pris de l'EPO entre 1998 et 2000 à plusieurs occasions », écrit-il sur son site Internet en 2012. « Il était temps d'être honnête. C'est le moment de parler. J'aurais pu continuer à la fermer, mais il était temps d'admettre mes erreurs et de parler ouvertement. J'étais un jeune coureur, l'opportunité s'est présentée et c'était un sacré défi de rester à l'écart. J'ai pris un produit facile à prendre et je savais qu'on ne pouvait pas le détecter. Il n'y a pas eu de pressions de la part des directeurs d'équipes ou des médecins. C'était ma propre décision. Je pense que chacun doit prendre ses responsabilités quand il fait des choix et je n'ai pas fait le bon à cette époque. J'ai été choqué par les rumeurs et les histoires de programmes organisés dans le cyclisme (…). Je n'ai rien vu de tel. Personne ne m'a forcé. »

En raison de ces aveux, De Jongh est prié de prendre la porte de l'équipe Sky où il officiait comme directeur sportif depuis trois ans. Il trouve refuge chez Tinkoff-Saxo dès l'année suivante, en 2013. Oleg Tinkoff et Bjarne Riis n'étaient pas très regardants sur l'éthique. Il a rejoint Trek – Segafredo en 2018.

Thomas Dekker le désigne comme un des principaux co-équipiers chez Rabobank, avec Michael Boogerd, à l'avoir initié au dopage… et à la branlette !

Frank Schleck (Directeur sportif)

Frank Schleck est contrôlé positif au Xipamide, un diurétique, sur le Tour de France 2012. L'équipe Trek, dont il est co-fondateur, ne peut que le suspendre provisoirement. Il sera suspendu 2 ans par l'agence antidopage luxembourgeoise. Il a toujours nié les faits.

Revue de presse du Tour de France 2012

Avant cette affaire, il avait déjà été mouillé dans l'opération Puerto pour avoir versé, en mars 2006, près de 7000 euros sur un compte suisse appartenant au Dr Eufemiano Fuentes. « Ce paiement devait financer un programme d'entraînement sportif spécifique (élaboré) par des experts », avait expliqué Schleck. Excuse classique et fort peu convaincante.

Revue de presse de l’Opération Puerto

Neuf ans après la fin de sa carrière, il reprend du service dans l'équipe Lidl-Trek pour cette saison 2026. Il s'occupera principalement de l'équipe féminine dans un rôle de directeur sportif, mais on l'imagine mal ne pas s'intéresser aussi à l'équipe masculine. « C'est un vrai plaisir de revenir dans cette équipe qui a tant compté pour moi », expliquait Schleck lors de l'annonce de ce retour.

Christian Wegmann (Médecin)

Le coureur allemand Christian Wegmann a eu une courte carrière professionnelle. Débutée en 1997 dans la modeste équipe Die Continentale – Olympia, elle se termine en 2002 chez Saeco où il évoluait depuis 2000.

Il est contrôlé positif à la caféine lors de l'étape du 6 septembre 2002 de l'International Hessen-Rundfahrt. « J'étais déshydraté, j'ai bu du cola et de l'espresso, j'ai pris une pilule contre les maux de tête contenant de la caféine », explique-t-il. « J'étais donc légèrement au-dessus de la limite, sans aucune mauvaise intention ». Il est néanmoins sanctionné par la fédération allemande de cyclisme d'un avertissement, d'une pénalité de 1% du temps réalisé et d'une amende de 2000 francs suisses.

Wegmann entreprend ensuite des études de médecine à l'université de Münster. En 2006, en parallèle, il devient directeur sportif dans l'équipe Gerolsteiner, dans laquelle évolue son frère Fabian. Il y reste jusqu'en 2008, année où l'équipe est dissoute en raison des scandales de dopage.

Il a rejoint Lidl-Trek cette année après avoir passé dans ans chez Q36.5.


Les coureurs flashés

Les radars placés sur les étapes clés des grands Tours consistent à mesurer les performances des meilleurs coureurs sur les ascensions qui seront parcourues à quasi-100% de leur capacité. La moyenne de ces performances peut ensuite être calculée. Seules sont prises en compte les dernières ascensions d'étape dont la durée est supérieure à 20 minutes. Les performances des forçats de la route sont classées en quatre catégories. Il y a les « mutants », capables de développer plus de 450 watts étalons en moyenne, les « miraculeux » qui oscillent entre 430 et 449 watts et les « suspects » qui naviguent entre 410 et 429 watts.

Pour en savoir plus sur le calcul des Watts élaborée par Frédéric Portoleau et sur la méthode des radars proposée par Antoine Vayer, visitez les pages suivantes :

Giulio Ciccone a été rejoint cette année par Derek Gee en provenance d'Israël Premier Tech. Le duo a déjà affolé les radars.

Giulio Ciccone [415 WE - seuil suspect]

L'Italien Ciccone Giulio est de la catégorie des purs grimpeurs purs. Passé pro dans la modeste Bardiani CSF, il arrive chez Trek-Segafredo en 2019. Pour sa première participation au Tour de France la même année, il s'illustre en portant le maillot jaune pendant deux étapes. En 2023, il ramène le maillot à pois de meilleur grimpeur à Paris.

Il a fait flasher les radars de Frédéric Portoleau et Antoine Vayer pendant le Tour de France 2024 qu'il termine en 11ème position.

Deuxième de Liège-Bastogne-Liège 2025, il ne confirme ni au Tour d'Italie (abandon) ni au Tour d'Espagne (16ème).

Derek Gee [410 WE - seuil suspect]

Le coureur Canadien Derek Gee a fait flasher les radars de Frédéric Portoleau et Antoine Vayer pour la première fois à l'occasion du Tour de France 2024. Pourtant, il n'a terminé qu'à la 9ème place du classement général d'une édition où pas moins de douze coureurs ont allumé les radars.

Le champion du Canada 2025 échoue au pied du podium du Tour d'Italie la même année, sans avoir affolé les radars.

Il a rejoint Lidl-Trek en janvier 2026 après avoir brutalement rompu avec Israël-Premier Tech en août 2025.


Les dirigeants flashés

Les radars placés sur les étapes clés des grands Tours consistent à mesurer les performances des meilleurs coureurs sur les ascensions qui seront parcourues à quasi-100% de leur capacité. La moyenne de ces performances peut ensuite être calculée. Seules sont prises en compte les dernières ascensions d'étape dont la durée est supérieure à 20 minutes. Les performances des forçats de la route sont classées en quatre catégories. Il y a les « mutants », capables de développer plus de 450 watts étalons en moyenne, les « miraculeux » qui oscillent entre 430 et 449 watts et les « suspects » qui naviguent entre 410 et 429 watts.

Pour en savoir plus sur le calcul des Watts élaborée par Frédéric Portoleau et sur la méthode des radars proposée par Antoine Vayer, visitez les pages suivantes :

Avec le retour de Fränk Schleck au sein de l'équipe, c'est aussi le retour d'un coureur qui a su allumer les radars de Frédéric Portoleau et Antoine Vayer.

Frank Schleck (Directeur sportif) [430 WE - seuil miraculeux]

Les histoires de dopage de Fränk Schleck sont connues, nous les avons détaillées plus haut. Sur le plan des puissances développées en montagne, même s'il était moins performant en montagne que son frère Andy, il a à plusieurs reprises affolé les radars de Frédéric Portoleau et Antoine Vayer.

Il se signale la première fois en 2008 avec 410 watts, une performance au même niveau que Bernard Kohl, légèrement inférieure à celle de Carlos Sastre le maillot jaune. L'Autrichien Kohl, troisième et meilleur grimpeur, sera disqualifié pour dopage.

L'aîné des Schleck réalise sa meilleure performance sur le Tour de France 2009, où il développe 430 WE de moyenne. Son frère maintient 434 WE et se hisse sur la deuxième marche du podium.

On ne reverra plus Frank Schleck à ce niveau.


Attitude vis-à-vis du MPCC

Le MPCC (Mouvement pour un cyclisme crédible) est une association créée en 2007 par des équipes cyclistes professionnelles dont le but est de défendre l'idée d'un cyclisme propre, en imposant le strict respect du code éthique de l’UCI et pouvant aller jusqu’à imposer des règles plus strictes que ne l’impose le Code Mondial Antidopage édicté par l’AMA. En plus des équipes, le MPCC offre la possibilité aux coureurs et membres de l’encadrement des équipes d’adhérer à titre individuel.

Trek n’adhère pas au MPCC et seulement deux encadrants le font à titre individuel. Du côté des coureurs, on note une adhésion… deux fois plus importante avec quatre membres du MPCC. C’est deux de moins qu’en 2025. Matteo Sobrero a démissionné en février 2025. Bref, le MPCC n’est pas la tasse de thé de cette formation.


Liste des coureurs adhérents du MPCC
  • Ghebreigzabhier Amanuel
  • Kragh Andersen Soren
  • Oomen Sam
  • Theuns Edward
Liste des membres de l'encadrement adhérents du MPCC
  • Andersen Sebastian
  • Rinaldi Kevin


ICCD : notre indice de confiance

Pour la saison 2026, l'équipe obtient la note de 9,2/20. Ceci la place en 23ème position sur 28.

Note ICCD 2026 Lidl - Trek

Evolution de la note ICCD, équipe Lidl - Trek

L’ensemble des paramètres vaut à l’équipe Trek un ICCD (indice de confiance) médiocre qui se dégrade régulièrement depuis 2022. Il est difficile de faire confiance à une équipe dont un des dirigeants est le recordman du monde des contrôles positifs et qui semble s’évertuer à recruter ses directeurs sportifs dans le vivier des anciens de la TVM 1998. Le retour de Frank Schleck n’est pas non plus pour arranger les choses.