Actualité du dopage

La Grande Boucle, sans grand leader, roule à une cadence effrénée


16/07/2006 - Le Monde - Elise Vincent

Anarchie" : c'est le mot qui revenait le plus souvent dans les conversations aux détours de la caravane du Tour de France (...). "Anarchie" des performances, parfois en dents de scie, depuis l'éviction des principaux favoris la veille du départ (...).

Alors que la Grande Boucle est à mi-parcours entre Pyrénées et Alpes, (...) les pronostics sportifs restent aussi risqués qu'au premier jour.(...)

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"J'aime cette anarchie", lâche Eric Boyer, manager de l'équipe Cofidis. "Il y a beaucoup plus de suspense." "Ça permet de voir plus de sport", estime quant à lui Hendrick Redant, directeur sportif de Davitamon Lotto. A mi-parcours, les vitesses moyennes - même s'il faudra attendre Paris pour confirmer - approchent pourtant celles des meilleures années Armstrong. A cause des "baroudeurs", explique-t-on.

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(...) Beaucoup observent, rieurs, les abandons surprises de plusieurs têtes d'affiche. Celui de l'Italien Danilo Di Luca (Liquigas), par exemple, qui a quitté la course en catimini dès la première étape pour "infection urinaire". Celui de l'Espagnol Ivan Mayo (Euskatel-Euskadi), également. Après deux ans d'absence, le coureur avait remporté au mois de juin la plus difficile étape du Critérium du Dauphiné libéré, celle de La Toussuire. Jeudi 13 juillet, il a abandonné au pied du Tourmalet, la première grosse difficulté du Tour de France. "A cause d'un rhume" attrapé durant le transfert en avion entre Lorient et Bordeaux.

"Avec la peur du gendarme, certains découvrent le mal de jambes", ironise Gérard Guillaume, médecin de l'équipe La Française des jeux. L'équipe Discovery Channel, où courait jusqu'en 2005 Lance Armstrong, s'est effondrée. Lors de la première étape des Pyrénées, le 13 juillet, elle a perdu toute chance de remporter le Tour de France après avoir été frappée d'une défaillance collective. Le meilleur du groupe est arrivé à 4 minutes du vainqueur, tandis que George Hincapie - maillot jaune lors du prologue - a fini à plus de 20 minutes.

Selon Antoine Vayer, ancien entraîneur de l'équipe Festina et responsable d'AlternatiV, une cellule de recherches(...) cette baisse de régime collectif "est forcément liée à une pratique médicamenteuse".

Plus globalement, il estime que les puissances développées dans les Pyrénées par certains coureurs "restent des performances d'exception, qui ne peuvent être réalisées qu'avec des préparations médicales d'exception". Mais le peloton a désormais un avantage, selon lui : il n'a jamais été aussi "clair", ironise-t-il. "On peut plus que jamais lire toutes les performances via le dopage : celui qui n'a rien pris, celui qui a moins pris, celui qui a pris des risques, celui qui n'a pas pris de risques..."


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Cette page a été mise en ligne le 04/08/2006