Actualité du dopage



Le médecin de Cofidis mis en cause

09/04/2004 - L'Equipe

Extraits

Selon L'Equipe de vendredi, le médecin de l'équipe Cofidis, le Dr Jean-Jacques Menuet, et d'autres personnes de l'encadrement du groupe sont mis directement en cause dans les procès-verbaux d'audition de l'enquête sur une affaire de produits dopants.

Le Dr Menuet a été directement accusé par Philippe Gaumont (...). «La politique de Menuet, c'est de ne jamais prescrire un produit illicite, de ne jamais amener un produit interdit, mais si vous lui amenez ces mêmes produits, non seulement il vous renseigne mais, en plus, il est susceptible de vous les administrer», a déclaré l'ancien coureur, exemple à l'appui.

Le Dr Menuet, qui est également le médecin du groupe d'athlétisme de Guy Ontanon (avec Christine Arron et Muriel Hurtis), a déclaré au quotidien sportif qu'il respectait le cadre de l'instruction et ne souhaitait pas s'exprimer. Le témoignage de Philippe Gaumont jette également une ombre sur le coureur écossais David Millar (...).

Gaumont a raconté avoir demandé à utiliser «les restes de la préparation qu'il (Millar) avait prise le matin même avec Lelli, avant le chrono». «Menuet nous a injecté à chacun une seringue d'un liquide limpide», a-t-il ajouté.

Cédric Vasseur, mis en examen par le juge Pallain après une analyse capillaire qui présentait des traces de cocaïne (un autre prélèvement a abouti à un résultat inverse), se voit également reprocher par Gaumont de s'être appliqué des patchs sur le ventre lors du dernier stage de l'équipe, en janvier, en Espagne. «Il m'a dit que c'était de la testostérone (...)», a déclaré Gaumont.

Selon le journal, le coureur nordiste aurait admis lors de son audition avoir donné de l'Actovegin (produit désormais interdit, NDLR) à Philippe Gaumont après s'en être procuré depuis trois ans, en Allemagne et sans ordonnance.

Le manager général de l'équipe, Alain Bondue, et le directeur sportif adjoint, Alain Deloeil, ont été également accusés pour des faits remontant en 1998. Tous deux ont nié formellement auprès du journal.

«Les quelque 3000 pages de l'instruction sont accablantes pour l'équipe dirigée par François Migraine car il apparaît que les personnes mises en cause dans les interrogatoires dépassent largement le nombre des mis en examen à ce jour (...)», estime L'Equipe.

Dans ses dépositions, Gaumont cite aussi deux coureurs déjà mis en examen, Médéric Clain (suspendu actuellement par Cofidis) et Robert Sassone (sans licence). L'existence d'un petit trafic, d'échange et vente de produits dopants (EPO, hormones de croissance) sous le manteau, se confirme à travers les déclarations du directeur sportif de l'équipe Oktos, le Kazakh Oleg Kozlitine (mis en examen lui aussi).

Gaumont accuse enfin l'actuel médecin de la Fédération française, le Dr Armand Mégret (à l'époque dans un groupe sportif), de lui avoir fait une piqûre de corticoïdes en 1994, sa première expérience en matière de produit illicite selon lui. «J'affirme que je n'ai jamais fait de piqûre de Kenacort à Gaumont, pas plus qu'à n'importe quel autre coureur», a réagi devant le juge Pallain le médecin fédéral qui a contre-attaqué : «Gaumont est le seul coureur du milieu néo-professionnel qui, dès le premier contact, m'a demandé de lui procurer des produits dopants. Ce n'était pas aussi direct, mais c'est ce que cela voulait dire...»

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