Actualité du dopage



La routine du dopage au procès Cofidis

06/11/2006 - nouvelobs.com - avec Reuters

Extraits

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La routine des pratiques de dopage dans le cyclisme professionnel a été évoquée à l'ouverture lundi 6 novembre à Nanterre du procès de dix personnes mises en cause dans un dossier visant l'équipe Cofidis.

Le soigneur de l'équipe, Bogdan Madejak, Français d'origine polonaise, se faisait envoyer par la poste de son pays natal des produits dopants dissimulés dans des pots de mayonnaise ou de fromage blanc, selon le dossier (...).

D'après ses aveux, il a fait venir à leurs frais une trentaine de jeunes coureurs polonais en France pour leur mettre le pied à l'étrier du cyclisme professionnel.

Il les incitait ensuite à se doper afin qu'ils obtiennent un contrat professionnel (...). Il prenait ensuite un pourcentage sur leurs gains.

"Ces jeunes gens que vous présentiez comme vos fils, vous leur faisiez prendre des produits qui apportent la dégénérescence physique, la folie et la mort. Qu'avez-vous à dire ?", a demandé la présidente à Bogdan Madejak.

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Ce dernier, tétanisé, est resté sans voix à la barre, avant de nier les charges (...).

Marek Rutkiewicz et Daniel Majewski, les deux coureurs polonais qu'il a fait embaucher à Cofidis, ne sont pas venus au procès en évoquant des problèmes financiers. Ils sont représentés par des avocats.

Selon leurs dépositions, lues par le tribunal, Bogdan Madejak les incitait à se doper en leur disant : "La fin justifie les moyens". Il leur apportait à l'occasion les produits en leur présentant comme "des vitamines plus fortes".

La liste des produits interdits qu'il aurait utilisés est si longue qu'une audience entière leur sera consacrée, mercredi.

Bogdan Madejak était payé comme soigneur 1.860 euros nets par mois par Cofidis. Les coureurs polonais touchaient entre 2.000 et 3.000 euros. Marek Rutkiewicz a été licencié pour insuffisance de résultats.

Certains des avocats des prévenus (...) ont amorcé leur stratégie de défense en demandant le rejet de la constitution de partie civile de la Fédération française de cyclisme et de Cofidis. (...)

Les avocats estiment qu'il est difficile de se présenter en victime quand on "n'avait rien fait pour mettre fin aux infractions". (...)

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Outre Bogdan Madejak et les deux coureurs polonais, sont jugés les coureurs Philippe Gaumont, Robert Sassone, Médéric Clain (...), David Millar (...), Massimiliano Lelli (...), le pharmacien Pierre Benyamin et le directeur sportif russe Oleg Kozlitine.

Le tribunal a décidé de se prononcer sur l'éventuel rejet de la partie civile de la FFC après les débats, en même temps que dans le jugement de fond. L'Union cycliste internationale (...), qui avait initialement déposé plainte contre les prévenus, s'est désistée quelques jours avant l'audience.

Les dix prévenus, poursuivis pour "acquisition, détention et transport de substances vénéneuses, incitation et facilitation à l'usage de produits dopants", encourent jusqu'à cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende.

Les coureurs, qui ont presque tous reconnu les faits, ont assuré que les instances dirigeantes de leur sport et les directions des équipes savaient tout.

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Cette page a été mise en ligne le 6/11/2006.