Actualité du dopage



Philippe Gaumont reconnaît un dopage à l'EPO

22/01/2004 - Le Monde - Stéphane Mandard

Extraits

Les dirigeants de l'équipe cycliste Cofidis, qui ont annoncé mercredi 21 janvier, leur intention de se porter partie civile dans le présumé trafic de produits dopants qui implique plusieurs de leurs coureurs, vont avoir de plus en plus de mal à assurer qu'ils n'étaient pas au courant de ces agissements.

Après le soigneur de l'équipe, Bogdan Madejak et ses deux anciens coureurs Marek Rutkiewicz et Robert Sassone, Philippe Gaumont a été mis examen par le juge de Nanterre, Richard Pallain, dans la soirée de mercredi. Selon des sources proches de l'enquête, le coureur, qui a été libéré sans être placé sous contrôle judiciaire, a reconnu se doper et avoir "dépanné" d'autres coureurs en produits dopants. Philippe Gaumont a également expliqué que le médecin de l'équipe nordiste, Jean-Jacques Menuet, n'administrait pas les produits mais "savait ce qu'on prenait". Des affirmations que réfute le médecin.

Dans ses dépositions, Philippe Gaumont a expliqué que, selon lui, 95 % des coureurs se dopaient et que ni l'encadrement de l'équipe ni les sponsors ne lui laissaient le choix. "Cette année, je n'ai rien pris et j'ai terminé 130e du Tour de France", a raconté Philippe Gaumont, qui affirme avoir commencé à se doper dès ses débuts chez les professionnels.

Quelques jours plus tôt, l'épouse de Robert Sassone - dont le contrat a pris fin en 2003 (...) pour résultats insuffisants - avait notamment imputé la responsabilité des pratiques dopantes de son mari aux dirigeants de son ancienne équipe, en expliquant que ceux-ci lui demandaient à la fois d'être un équipier modèle et de gagner des courses.

Elle aurait également expliqué qu'à 3 000 euros le protocole, son mari n'avait pas les moyens de s'offrir les services d'un "préparateur" avec sa paie mensuelle de 2 500 euros.

Son coéquipier Cédric Vasseur, dont la garde à vue devait se terminer jeudi 22 janvier, aurait lui reconnu avoir consulté un préparateur en Italie. Selon (...) l'avocat de l'ancien porteur du maillot jaune, la police n'aurait rien à reprocher à son client. Toutefois, les officiers de la brigade des stupéfiants ont pratiqué des prélèvements capillaires sur les deux coureurs de Cofidis, afin de détecter d'éventuelles prises de produits dopants ou stupéfiants.

Les analyses des substances retrouvées aux domiciles de Bogdan Madejak, toujours en détention provisoire, de Marek Rutkiewicz et de Robert Sassone, devraient bientôt être transmises au juge. En fonction des résultats, le magistrat instructeur pourra définir et classifier les infractions selon la législation sur le dopage, les stupéfiants ou les substances vénéneuses.

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