Dossier dopage

Méthodes alternatives de contrôle

Les contrôles urinaires ont montré leurs limites : impossibilité ou difficulté de détecter les hormones de croissance, l'EPO, possibilités de tricheries, disparation rapide de traces de produits dopants. Les contrôles sanguins, quant à eux, ne sont pour l'instant utilisés que pour relever le taux d'hématocrite. De plus, ils sont jugés, à tort ou à raison, traumatisants.

Il est donc indispensable de se pencher sur d'autre méthodes. En voici quelques unes.

Méthodes directes

Prélèvements capillaires

Lors du procès Festina, il a été démontré que les cheveux pouvaient être une précieuse source d'information sur la consommation de substances dopantes. Ceux de Laurent Brochard, qui les portait longs, ont révélé son programme de dopage sur 2 ans !

Cette méthode a aussi été utilisée dans l'affaire Cofidis en 2004.

Certes, le coût du dépistage capillaire est plus élevé que celui du dépistage urinaire. Mais son efficacité beaucoup plus redoutable car il rendrait problématique la prise de substances hors période de compétition.

Cette méthode est reconnue par la justice depuis 1991. Daniel Baal, dans une tribune parue dans Le Monde en 2007 réclame son utilisation.

Il reste qu'il ne s'agit pas d'une panacée car certaines molécules, trop grosses, ne passent pas dans les cheveux.


Lire L'application des cheveux comme matrice d'analyse du dopage

Prélèvements d'ongles

Lire Dopage : les ongles plus révélateurs que les urines



Méthodes indirectes

Contrôle de la VO2 max

S'il semble difficile de fixer une valeur limite de VO2 max, les scientifiques devraient être capable d'en établir une progression limite en un laps donné. De même pour la puissance au seuil.

Extraits du livre "Positif" de Christophe Bassons (Editions Stock - 2000)

"À leurs meilleurs, mon V02 max au seuil atteignait en 1998 85,1 millilitres d'oxygène par kilo, ma puissance au seuil 400 watts. L'accumulation de l'entraînement et de la compétition me permettait d'améliorer mes références d'une dizaine de millilitres et d'une quinzaine de watts, entre la fin des vacances et l'époque de la pleine activité.

Entre le mois de décembre et le mois de mai, un de mes coéquipiers était en revanche passé d'un V02 max au seuil de 65 à une autre de 9 1. Sa puissance au seuil était passée de 325 à 430 watts. Il avait ainsi accru son potentiel d'un tiers en un semestre... Les cures d'EPO, d'hormones de croissance et d'anabolisants avaient notablement développé son endurance et sa force tandis que d'autres médicaments avaient fait fondre son poids, ne lui laissant pas plus de 5 % de graisse.

Antoine pouvait jeter au feu ses manuels de physiologie de la fin des années quatre-vingt où il était encore écrit qu'un V02 max de 80 et une puissance de 350 watts signalaient un individu exceptionnel.

Je rappelle que j'affiche des performances sensiblement équivalentes à celles de Bernard Hinault, qui a remporté le dernier de ses cinq Tours de France en 1986. En un peu plus de dix ans, les caractéristiques d'un champion hors norme étaient devenues des valeurs très ordinaires. Michel Platini jouerait-il aujourd'hui en deuxième division?

Lance Armstrong déclare développer une énergie de 500 watts au seuil. Il dépasse de près de cinquante watts ce que pouvait produire en 1995 Miguel Indurain qui était pourtant plus lourd de six kilos."



Contrôle continu de la morphologie

Le monde cyclisme bruisse de rumeurs sur tel ou tel coureur dont qui aurait pris deux ou trois pointures de chaussures en une seule saison. Un tel phénomène révèle sans guère de discussion possible une consommation d'hormones de croissance.

Il ne serait pas compliqué de mesurer tous les ans la pointure de tous les coureurs et de confondre les tricheurs...

Daniel Baal reprend cette proposition dans son livre Tour de France, rêves et réalités et plus récemment dans une tribune dans Le Monde. Antoine Vayer fait de même.