Dossier dopage



Dopage : les ongles plus révélateurs que les urines

Le Quotidien du médecin - 03/07/2001 - Dr Bernard GOLFIER

Extraits

(...)

Les ongles de pied ont l'avantage, pour les spécialistes de médecine légale, d'avoir une croissance très lente (1,1 mm/mois, soit 3 à 5 fois plus lente que celle des ongles des mains), ce qui signifie qu'une substance incorporée dans la kératine peut y être dépistée longtemps après son absorption, tout en y étant très stable sur le plan chimique. Par ailleurs, le stockage des échantillons d'ongles dans des sacs en plastique à température ambiante est simple. Enfin, l'analyse des ongles n'expose pas à des biais en fonction de l'ethnie (elle n'est pas influencée par les concentrations en mélanine).

Ces divers avantages ont conduit le Dr Robert Anderson (université de Glasgow, Ecosse) et le Dr Nikolaos Lemos (South Bank University, Londres) à évaluer l'analyse de bouts d'ongles de pied chez 9 hommes volontaires, fumeurs chroniques de cannabis (...).

Les ongles, après décontamination préalable, étaient répartis en deux groupes d'échantillons. Dans le premier groupe, les ongles étaient pulvérisés dans un moulin cryogénique à azote liquide et l'extraction était effectuée sur méthanol. Les échantillons du second groupe étaient soumis à une hydrolyse alcaline (par dissolution sur solution d'hydroxyde de sodium) et l'extraction faite sur acétate d'éthyle. Les extraits des deux échantillons étaient ensuite analysés en spectrométrie de masse par chromatographie gazeuse.

(...) La méthode de pulvérisation par le froid permettait de détecter et de quantifier le métabolite du cannabis [198]9 tétrahydrocannabinol-COOH de manière directe, sans avoir à réajuster le pH avant le processus d'extraction, comme c'était le cas avec l'hydrolyse alcaline.

L'analyse des bouts d'ongles de pied pour l'identification de produits dopants lors des expertises médico-légales apparaît donc réalisable, tout en sachant que les substances recherchées sont détectables au niveau de l'ongle dans un délai d'au moins 30 jours.

« Une équipe coréenne, précise au "Quotidien" le Dr Anderson, a récemment montré que la testostérone et la prégnénolone sont détectables et quantifiables en spectrométrie de masse par chromatographie gazeuse, en utilisant la méthode d'hydrolyse alcaline (...)».

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