Dossier dopage

Les subventions plafonnent à l'AMA

07/06/2012 - radio-canada.ca - Marc Kluszczynski


La situation financière de l'Agence mondiale antidopage (AMA), dont le siège social est à Montréal, est telle que l'organisme n'est plus en mesure de remplir adéquatement son mandat.

Selon ce que rapporte le quotidien The Globe and Mail dans son édition de jeudi, l'AMA est non seulement incapable d'analyser tous les échantillons recueillis auprès des athlètes, mais elle devra sans doute réduire son personnel pour faire face aux compressions qui s'annoncent.

Un porte-parole de l'AMA a toutefois voulu rectifier le tir en entrevue à Radio-Canada Sports.

« Malgré un gel de ses fonds l'an dernier et cette année, l'AMA ne manque pas d'argent pour assurer son bon fonctionnement, a précisé Terence O'Rorke. Pour l'instant, il n'y a aucun impact majeur sur les tests effectués, même si l'équipe de l'agence aux Jeux de Londres sera légèrement réduite par rapport à Pékin. »

(...)

La moitié du budget de 27 millions de dollars de l'AMA provient de subventions versées sur une base volontaire par les pays qui adhèrent à sa mission de dépistage des produits dopants et de traque des tricheurs. L'autre moitié est une contribution du CIO.

Les sommes ainsi reçues peuvent varier de 450 $ par année à plus d'un 1 900 000 $ dans le cas des États-Unis. La contribution du Canada en 2011 s'élevait à 1 million.

Les conditions économiques difficiles ont fait en sorte que plusieurs pays ont soit réduit, soit carrément éliminé la part qu'ils donnaient à l'agence. Et cette dernière n'a pas le pouvoir d'exiger quoi que ce soit des pays donateurs.

Le résultat direct se traduit par un manque de fonds qui empêche l'AMA de remplir sa mission. Ainsi, en 2010, plus de 285 000 échantillons ont été prélevés, mais seulement 36 cas de dopage ont été révélés faute de pouvoir effectuer davantage d'analyses.

La situation inquiète le directeur général de l'AMA, David Howman. (...)

Il cite notamment le recours aux microdoses, qui rendent la détection des produits interdits encore plus difficile


Marc Kluszczynski est pharmacien
Il est titulaire du diplôme universitaire de dopage de l'université de Montpellier (2006)
Il est responsable de la rubrique "Front du dopage" du magazine Sport & Vie et collabore à cyclisme-dopage.com


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Cette page a été mise en ligne le 14/06/2012