Dossier dopage



Jean-François Lamour renonce à l'Agence mondiale antidopage

16/10/2007 - Le Monde - Chrystel Boulet-Euchin

Extraits

Jean-François Lamour, ancien ministre français de la Jeunesse et des Sports, a démissionné mardi de ses fonctions de vice-président de l'Agence mondiale antidopage (AMA) et confirmé qu'il renonçait à briguer la présidence de l'institution.

Le double champion olympique d'escrime dénonce une vision de la lutte antidopage qui n'est pas la sienne et craint pour l'avenir de l'Ama.

"Je suis plus que jamais combatif pour porter le flambeau de la lutte antidopage (...). Ce qui me gêne c'est qu'aujourd'hui, il y a deux visions de la lutte antidopage", a dit le député lors d'une conférence de presse (...).

"Une minimaliste qui voit l'Ama comme un simple prestataire de service et qui dit moins il y a de cas de dopage avérés, mieux on se porte. Et il y a celle qui préserve l'éthique et la santé des sportifs. L'Ama doit être le gendarme international contre le dopage.

"Je n'ai jamais refusé un combat mais je n'accepte pas que l'on m'impose le choix des armes."

Jean-François Lamour - qui fut longtemps le seul candidat à la présidence de l'Ama - laisse désormais la place libre à l'Australien John Fahey, ancien ministre des Finances de son pays et candidat de dernière minute (...).

(...)

"Cette candidature apparaît bien tardivement et dans le même temps, il y a l'installation d'une procédure de primaire qui n'existe pas dans les statuts de l'Ama", s'est insurgé Lamour qui dénonce une dérive de l'agence.

"Je ne souhaite pas être le président de cette agence-là, qui a des statuts à géométrie variable, d'une institution qui n'a pas la force et le dynamisme de lutter contre le dopage. Mais je reste combatif et je suis disposé, avec les instances européennes, à créer une agence antidopage européenne.

"L'Ama a subi la pression de lobbies. Ceux qui veulent imposer le dopage, l'installation de la triche, sont de plus en plus nombreux et ce n'est pas ma conception."

(...)

"J'ai la conviction que l'Ama est remise en cause. On revient dix ans en arrière, c'est ma conviction", a-t-il dit.

L'ancien ministre s'est refusé à parler de trahison concernant l'attitude réservée de Dick Pound, le président canadien de l'Ama, mais n'a pas caché son amertume.

"Je ne veux pas parler de trahison mais quand ça secoue (...) on doit travailler ensemble. La trahison est un terme que je n'emploie pas mais je ne m'attendais pas à ça de lui. Je prends mes responsabilités, certains ne les ont pas prises", a dit Jean-François Lamour.

L'élection à la présidence de l'Ama doit avoir lieu le 17 novembre, à Madrid, et suscite des inquiétudes chez Jean-François Lamour.

"Si je n'étais pas inquiet, je ne démissionnerais pas. J'avais une autre image de l'Ama. Désormais, on portera cette lutte autrement."

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Cette page a été mise en ligne le 17/10/2007.