Actualité du dopage



1998, Armstrong le retour

11/10/2012 - lequipe.fr


Cette année-là, selon la masseuse de l'équipe Emma O'Reilly, et les coureurs Frankie Andreu, Tyler Hamilton, George Hincapie et Jonathan Vaughters, l'équipe US Postal est déjà rompue à la consommation massive de produits interdits. L'EPO, la testostérone, l'hormone de croissance, la cortisone font partie du décor au quotidien... Sous l'oeil du staff et sous le contrôle du Dr Celaya, le médecin de l'équipe, à qui il arrive d'administrer lui-même les produits aux coureurs.

C'est sur le Tour de France 1998 qu'éclate le scandale Festina. Alors que Richard Virenque et ses équipiers se débattent pour tenter de nier l'inavouable, la panique gagne l'équipe US Postal et en particulier le d'habitude placide Dr Celaya. Craignant une descente de police à l'occasion du deuxième contre-la-montre, le médecin décide ainsi de se débarrasser «de dizaines de milliers de dollars de produits dopants en les jetant dans la chasse d'eau du bus» de l'équipe américaine. Pendant ce temps-là, Lance Armstrong participe à la Cascade Classic, dans l'Oregon, avec Christian Vande Velde et Jonathan Vaughters, mais il a déjà largement intégré le savoir-faire pour se doper. Celui qui "travaille" alors depuis quatre ans avec le Dr Michele Ferrari a l'habitude de transporter partout une bouteille thermos. Un signe qui ne trompe pas pour Jonathan Vaughters, qui lui-même consomme de l'EPO, alors que George Hincapie et Frankie Andreu sont, eux, dans le secret du boss quant à son usage de ce produit.

(...)

Les doutes de Vaughters sont confirmés sur la Vuelta quand Armstrong se montre expert en lecture du taux hématocrite de ses équipiers et s'injecte, sous les yeux de Vaughters, une seringue d'EPO. «Maintenant que tu prends de l'EPO aussi, pas question d'écrire un livre dessus», lance-t-il à son subalterne. Autrement dit, désormais c'est la loi du silence. Lance Armstrong terminera quatrième de ce Tour d'Espagne, résultat qu'il décrit à l'époque comme «la plus incroyable performance de [sa] carrière».

Mais il ne se contente pas d'EPO. Après une dure journée sur cette même Vuelta, le Texan réclame de la cortisone sous forme de pilule à Vaughters et Vande Velde. Incapables de mettre la main sur le produit, les deux coursiers donneront à leur leader un placebo, une pilule d'aspirine écrasée et emballée dans du papier aluminium par Johnny Weltz, leur directeur sportif. Quelques semaines plus tard, aux Championnats du monde à Valkenburg aux Pays-Bas, c'est Kristin, l'épouse d'Armstrong, qui prépare les petits paquets argentés. (...) Lors de ces mêmes Mondiaux, Vaughters se souvient avoir eu quelques sueurs froides en voyant débouler au petit-déjeuner un inspecteur de l'Union cycliste internationale (UCI), chargé des tests antidopage. Plus calme que sur le Tour de France, le Dr Celaya s'éclipse alors discrètement pour aller chercher une bouteille d'un litre d'une solution saline qu'il transporte sous son imperméable devant l'inspecteur de l'UCI avant de l'administrer à Armstrong afin de faire baisser son taux hématocrite.

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Cette page a été mise en ligne le 11/10/2012