Brève



Le peloton livre son ADN

04/04/2007 - jdd.fr - Sylvain Labbé

Extraits

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A son corps défendant, Jan Ullrich pourrait avoir joué un rôle décisif dans la lutte contre le dopage. Au lendemain de la révélation par le parquet de Bonn que l'ADN prélevé sur l'ancien vainqueur du Tour de France Jan Ullrich correspondait (...) bien aux poches de sang retrouvées chez le Docteur Fuentes, (...) c'est en effet un pas décisif qui a été accompli dans le monde du cyclisme. Fort de cet exemple irréfutable, qui confond l'un des plus grands champions de ces dix dernières années, l'UCI est parvenue à ses fins en obtenant des coureurs et de leurs équipes leur accord quant à une généralisation des tests ADN.

L'événement est de taille et Pat McQuaid, le président de l'Union cycliste internationale (UCI), au sortir d'une réunion avec les représentants des vingt équipes du Pro Tour, ne cachait pas mercredi sa satisfaction: "Je suis heureux de pouvoir annoncer que la grande majorité des coureurs ont déjà signé leur engagement en ce sens, et qu'il en reste très peu à devoir le faire, quatre ou cinq seulement." L'aboutissement d'une longue négociation entamée en novembre dernier et pour laquelle, le cas Ullrich semble avoir agi comme un déclencheur auprès des instances internationales et des formations convaincues du caractère désormais indispensable d'une telle mesure, déjà mentionnée par le nouveau programme de l'UCI, "A 100 pour 100 contre le dopage".

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Discipline il est vrai sinistrée, le cyclisme n'en prouve pas moins une fois encore sa position offensive en matière de dopage en adoptant ce principe des tests ADN que certaines formations avaient déjà mis en place, à l'image de la T-Mobile (...). La formation allemande n'a pas attendu l'UCI pour imposer cette clause à ses 29 coureurs sous contrat, tout comme la Gerolsteiner ou Amore e Vita. Pour autant, certains membres du peloton et non des moindres restaient jusqu'à il y a peu, de farouches opposants à l'adoption des tests génétiques, Alejandro Valverde et surtout le champion olympique et du monde, Paolo Bettini, pour ne citer que ceux-là, y voyant là une mesure intrusive de plus. L'Italien avait même affirmé qu'il irait jusqu'à mettre un terme à sa carrière si le pas venait à être franchi. Moins véhément, Christophe Moreau évoquait lui aussi ses réticences dans les colonnes du Parisien: "Je sais, pour ma crédibilité, et pour celle de mon équipe et de mon sport qu'il faut que je signe cet avenant. (...) Mais un échantillon ADN, c'est quelque chose d'intime."

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Cette page a été mise en ligne le 5/4/2007