Brève



Au Tour de Toona, tout va sans contrôles

29/08/2007 - cyclismag.com - Clément Guillou (Avec Cyclingnews.Com)

Extraits

Le Tour de Toona, une des courses les plus importantes du calendrier nord-américain disputée fin juillet, s'est disputée sans contrôles anti-dopage du début à la fin. Une affaire qui remet en question le sérieux de l'agence anti-dopage américaine, comme le raconte le site internet Cyclingnews.

L'organisation du Tour de Toona prévient les équipes dans le règlement : les prix (plus de 100 000 $ en jeu) ne seront versées qu'après les résultats des contrôles anti-dopage. Sauf que de contrôles, (...) il n'y en a pas eu. Au moment même où éclatait un scandale par jour sur le Tour de France.

Disputée dans l'état de Pennsylvanie, (...) le Tour de Toona est l'épreuve phare du circuit NRC (National Racing Championship), le circuit secondaire des courses pro américaines. (...) Pourtant, les inspecteurs de l'USADA, l'agence anti-dopage américaine, n'étaient pas en Pennsylvanie cette semaine-là. Tous étaient mobilisés sur d'autres épreuves d'un niveau bien inférieur. « J'ai trouvé ça un peu bizarre qu'ils ciblent une course aux enjeux financiers bien inférieurs. Ce devrait être un outil de sélection pour eux » regrette Ed Beamon, le directeur sportif de Navigators qui estime que l'USADA « n'est pas assez au courant de ce qui se passe dans le sport. » (...)

James Carney, directeur sportif d'une petite équipe (Kelly Benefits), va plus loin : « Ils se montrent rarement sur les courses du NRC, ne font jamais de contrôles sanguins, et leurs contrôles hors-compétition ne ciblent qu'un très petit nombre de coureurs américains. Comme je travaille très dur pour avoir une équipe propre, c'est frustrant. Le dopage n'est pas réservé au Pro Tour en Europe. »

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A ces interrogations, le directeur de l'USADA Travis Tygart répond que le hasard et l'imprévu jouent un rôle important pour rendre les contrôles efficaces. « Nous savons que les athlètes savent quelles épreuves sont contrôlées. » Or, les courses où officiaient les « vampires » cette semaine-là n'avaient jamais été contrôlées, et l'agence comptait sur l'effet de surprise. (...)

Les organisateurs remettent aussi en cause l'USADA, se plaignant du manque de communication. L'organisateur du Tour de Toona affirme n'avoir jamais eu de contact avec l'USADA durant l'année. Et les résultats n'arrivent jamais. Un organisateur : « On attend un mois et on espère. Ensuite, il faut bien envoyer les primes à un moment, et je suppose que c'est bon puisque je ne vois aucun contrôle positif dans le journal... » Parfois, ça marche. Parfois non, comme lorsque le contrôle positif au Tour de Toona de Geneviève Jeanson, la star canadienne, fut annoncé plusieurs mois après, ce qui entraîna une bataille juridique sans fin avec l'organisateur qui avait déjà payé la coureuse. (...)

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Certaines équipes excusent l'USADA. C'est le cas, assez étonnamment, de Jonathan Vaughters, manager de Slipstream-Chipotle (...). Il préconise comme garde-fou les contrôles internes. « L'agence contrôle tous les sports olympiques, c'est assez massif. En Europe, les contrôles sur les grandes courses par étapes sont diligentés par l'UCI. Ce serait à USA Cycling de le faire ici, mais je ne sais même pas s'ils le peuvent. Si les gens se plaignent, qu'ils contribuent à un fond pour financer les contrôles. »

La pratique du pot commun, qui devient généralisé dans le cyclisme, est préconisée outre-Atlantique. Les managers des équipes américaines se sont déjà réunis cette année pour élaborer un tel système. (...)

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Cette page a été mise en ligne le 17/9/2007.