Actualité du dopage

Mariot Sicot : décision clémente de l'AFLD


06/01/2021 - cyclisme-dopage.com - Stéphane Huby

Contrôlée positive à l’EPO le 27 juin 2019 à l’issue du contre-la-montre des championnats de France de La Haye-Fouassière en Loire-Atlantique observait une suspension à titre provisoire depuis le 18 juillet de la même année. La sportive a révélé ce mardi qu’elle était finalement suspendue deux ans par l’AFLD. Elle pourra donc réintégrer les pelotons à partir du 18 juillet 2020.

Alors qu’elle risquait une suspension de quatre ans, la commission des sanctions de l’AFLD a donc tenu compte des circonstances exceptionnelles qui ont mené l’orléanaise à franchir la ligne rouge ainsi que de ses aveux largement médiatisés. Dans un entretien diffusé le 13 mars dernier sur FranceTVSport et complété le lendemain par un reportage dans Stade 2, elle expliquait par le détail les circonstances de sa prise d’EPO. Elle révélait alors l’attitude malsaine à son endroit de Marc Bracke, son directeur sportif.

Comportement humiliant à connotation sexuelle

Dans ses aveux télévisés, Marion Sicot décrivait sa situation précaire de coureuse professionnelle qui avait dû accepter de verser une caution pour le vélo que l’équipe Doltcini-Van Eyck mettait à sa disposition en échange d’un contrat d’un an. Un vélo qu’elle sera ensuite chargée de revendre pour renflouer les caisses de l’équipe et prolonger un contrat qui ne prévoyait pas de rémunération.

L’AFLD qui rappelle ces faits a également pris en considération le comportement de son entraîneur Marc Bracke (voir nos articles du 43918 et du 43922).

Selon l’agence, Marc Bracke a eu « un comportement humiliant à connotation sexuelle et qui n’avait à l’évidence aucune justification sportive ». Sévère avec celui qui l’objet d’enquêtes de l’UCI et de la justice française, elle l’Agence ajoute qu’il « ne pouvait ignorer l’emprise qu’il exerçait sur elle du fait de ses fonctions de dirigeant ».

Extrait du verdict de l'AFLD dans l'affaire Sicot
Source : AFLD - 16/12/2020
Extrait du verdict de l'AFLD dans l'affaire Sicot
Source : AFLD - 16/12/2020

Une décision clémente

La commission des sanctions de l’AFLD en tire les conséquences et admet que les conditions très particulières dans lesquelles évoluait la jeune sportive ont pu la conduire à vouloir améliorer ses performances aux Championnats de France 2019. Elle a également pris en compte le fait qu’elle n’avait pratiqué qu’une seule injection d’EPO.

Après la révélation de son contrôle, Marion Sicot avait nié avec véhémence s’être dopée. Depuis, on le sait, non seulement elle est passée aux aveux mais « elle s’est engagée dans une démarche de prévention du dopage avec M. Christophe Bassons () [et] elle participe également à des actions d’information sur les violences sexuelles dans le milieu sportif avec l’association Colosse aux pieds d’argile », souligne la commission.

Seconde chance

Cette suspension résonne comme une deuxième victoire pour Marion Sicot qui s’est battue avec succès cet été pour conserver son emploi dans Lycée sport-études de l’Indre. Par cette décision clémente, l’AFLD lui offre donc une "Une seconde chance", titre qu’elle a donné au livre auquel elle s’est attelée pour raconter son expérience. En attendant de retrouver les pelotons.


Cette page a été mise en ligne le 06/01/2021