Actualité du dopage



La Rémoise Pauline Ferrand-Prévot réagit aux révélations de dopage de Marion Sicot


11/03/2020 - lunion.fr

C’est un témoignage qui a fait grand bruit. Ce samedi 7 mars, à l’occasion de l’émission Stade 2, Marion Sicot a avoué s’être dopée après avoir nié les faits. (...) La cycliste française a via cet interview expliqué avoir eu recours au dopage à cause du harcèlement dont elle explique avoir été victime de la part de son ex-directeur sportif, Marc Bracke, lorsqu’elle évoluait sous les couleurs de la formation Doltcini Van-Eyck Sport.

Des propos auxquels a réagi la Rémoise Pauline Ferrand-Prévot, via un long message publié sur son compte Facebook. « J’avoue qu’il y a quelque chose qui me met mal à l’aise dans les révélations récentes de Marion Sicot à propos des raisons de son dopage. Mais c’est complexe », pose-t-elle d’emblée, avant d’entamer son argumentaire. « Si les faits de harcèlement par sa direction d’équipe sont avérés, et ça fait d’ailleurs l’objet d’une requête d’enquête de la Fédération française de cyclisme – qu’on ne pourra pas accuser de ne rien faire – auprès de l’UCI, alors la condamnation de celle-ci est juste une évidence : une femme a le droit de dire non si une demande lui semble déplacée. Elle ne doit pas avoir peur de représailles, sportives ou personnelles. Ça, c’est dit, et s’il faut, je le répèterai. »

« Le dopage ne doit jamais être envisagé comme une solution »

PFP, ensuite, s’en prend à Marion Sicot. « Ce qui me dérange, c’est que même s’il y a des explications, on reste entièrement responsable de sa décision, de ses actions. Richard Virenque est devenu la caricature du cycliste dopé avec son « à l’insu de son plein gré », et on n’en est pas loin ici. Aller voir sur Internet pour se procurer de l’EPO, l’acheter, le recevoir, trouver comment se faire une piqûre, nier, ça n’est pas neutre ! Alors oui, ça me dérange que le montage du reportage laisse supposer que la cause de ces actions en revient finalement à quelqu’un d’autre. Quel sportif de haut niveau ne s’est pas retrouvé dans le dur, le doute, la souffrance, à un moment de sa carrière ? On ne bascule pas dans le dopage pour autant ! On ne peut pas lutter contre le dopage et ne pas réagir à ce témoignage ! Parce que le dopage ne doit jamais être envisagé comme une solution, sans ça, il n’y a plus de sport, plus de sponsors, plus rien Et je me demande si ça n’est pas justement parce que Marion Sicot est une femme, que l’affaire sort dans un contexte sensible, qu’on la met dans cette position infantilisante. Et ça, ça m’énerve ! On me demande souvent d’intervenir pour incarner le cyclisme féminin, mais ma revendication, c’est avant tout d’être considérée comme une athlète de haut niveau, une sportive, quelqu’un qui consacre sa vie à sa passion et à en incarner la meilleure expression. Mais qui doit aussi assumer ses loupés – on reparle de mes jeux de Rio ? Qui ont finalement été la plus enrichissante (la plus dure aussi) expérience de ma vie d’athlète »

Et la Marnaise de poursuivre : « Depuis petite, je me bats contre cette idée de « la faible femme ». Et je me dis qu’un tel témoignage peut faire passer les cyclistes féminines pour des victimes. Or, je ne me reconnais pas du tout là-dedans ! On a le droit d’assumer ce qu’on a fait, pleinement. Que ce soit bien ou mal. Limite, même, c’est un devoir. Quand on pourra toutes faire ça, assumer nos réussites comme nos échecs, alors à mon avis, on aura atteint une idée de l’égalité forte. Au surlendemain de la journée internationale des droits de la femme, ça peut faire sens. »


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Cette page a été mise en ligne le 03/04/2020