À deux jours de l'arrivée à Paris, Tadej Pogacar a établi la meilleure performance de tous les temps sur la montée de l'Alpe d'Huez. En 35min27s, il a amélioré de 1min23s la marque de Marco Pantani qui datait de 1995 (36min50s). Ce record d'une période sombre du cycliste semblait inaccessible, imbattable. Le Slovène avait l'ambition de remporter cette étape prestigieuse, pas forcément de battre ce record. Mais le peloton des favoris a abordé la montée finale avec un retard de 3min21s sur un groupe composé de bons grimpeurs ; Richard Carapaz, Sepp Kuss et Lenny Martinez. Pour espérer remporter l'étape et reprendre plus de 3 minutes, Pogacar devait donc attaquer tôt dans la pente. Ce qu'il fit une fois le virage 21 passé après 1km de montée seulement. Au virage 19, il rejoint et se met dans la roue de son coéquipier Adam Yates, qui était dans l'échappée. Pogacar vient de développer 539 watts étalon pendant 4min44s (7,75 w/kg si 65 kg) depuis le départ du col, la centrale électrique de la Sarenne. Après 3,5 km de montée, Pogacar se retrouve de nouveau seul, Adam Yates doit le laisser partir, il n'a plus assez de force. En roulant derrière son coéquipier, Pogacar a développé moins de puissance pour se situer à 459 watts (6,6 w/kg si 65 kg) pendant 4min58s. Le Slovène reprend un rythme intense dans les lacets suivants avec une puissance étalon de 492 watts (7,05 w/kg si 65 kg) jusqu'au virage des Hollandais (le numéro 7). Le groupe Martinez/Kuss/Carapaz n'a plus que 1min07s d'avance. Pogacar rejoint finalement les 3 coureurs de tête à l'entrée de l'Alpe d'Huez. Son rythme sur la portion qu'il vient de gravir est de 472 watts étalon (6,8 w/kg) pendant 12min21s. Alors que l'on pense assister à un sprint dans la dernière ligne droite, Pogacar parvient à distancer Carapaz et Martinez à 1 km du sommet, là où la pente de dépasse pas les 4%. Il remporte l'étape avec 6s d'avance sur Lenny Martinez. Sur l'ensemble de la montée, l'estimation de puissance de Pogacar est de 481 watts étalon soit 6,9 w/kg. En 1995, Pantani était parti plus vite puisqu'il avait 13s d'avance sur Pogacar à la Garde après 2,55 km de montée. Pogacar a terminé bien plus fort.
À la station météo de l'altiport, le vent était de direction NO à 17 km/h au moment de l'arrivée des coureurs. La mesure du vent se fait à 10m de hauteur sur cette station et dans une zone dégagée. Il y a donc moins de vent au niveau du sol avec l'abri des spectateurs. Les coureurs ont eu une alternance vent de face/vent de dos en fin de montée après le village d'Huez et pratiquement pas de vent en bas de la montée. Il faisait 34 degrés en bas de la montée, une température défavorable pour la pratique du cyclisme.
Un autre coureur, qui a perdu ses titres du Tour de France, Lance Armstrong avait grimpé l'Alpe d'Huez en 37min35s lors du contre la montre individuel en 2004 soit 2min08s de plus que Pogacar. L'Américain n'avait pas 3 cols à gravir en début d'étape, il était plus frais au départ.
Source : Frédéric Portoleau - chronoswatts.com - 27/07/2026
Cette montée de l'Alpe d'Huez rejoint l'autre grande performance de Tadej Pogacar réalisée en 2024 et qui a vraiment marqué les esprits : le plateau de Beille. L'étape de Beille en 2024 était plus longue avec plus de dénivelé. Pogacar avait profité du rythme très soutenu de l'équipe Visma en bas de la montée alors que cette année il n'a pas eu de véritable lanceur. Avec par exemple un Del Toro qui se sacrifie en bas de la montée, il aurait pu monter plus vite encore.
Juste derrière, on retouve ses montées de Peyragudes 2025 (CLM), du Passo di Ganda 2025, de Hautacam 2025, d'Isola 2000 2024, de Villard sur Ollon et de Solaison cette année. Sa montée du col du Tourmalet appartient aussi à cette liste mais avec l'altitude la puissance développée est moindre et Pogacar devait conserver des forces pour la montée de Gavarnie.
Source : Frédéric Portoleau - chronoswatts.com - 27/07/2026
Source : Frédéric Portoleau - chronoswatts.com - 27/07/2026
Frédéric Portoleau est ingénieur en développement de logiciels embarqués pour l'aéronautique.
Il est co-auteur avec Antoine Vayer du livre "Pouvez-vous gagner le Tour ?".