ICCD : Indice de Confiance Cyclisme-Dopage.com

Team dsm-firmenich PostNL - Saison 2024


cyclisme-dopage.com - 12/06/2024

Sommaire

Introduction Trois affaires de dopage Aucun coureur épinglé Deux dirigeants épinglés Un coureur flashé Aucun dirigeant flashé L'équipe adhère MPCC ICCD : notre indice de confiance

Introduction

Le Team dsm-firmenich PostNL est né en 2005, à l'initiative d'Iwan Spekenbrink, sous l'identité Shimano-Memory Corp. L'équipementier japonais reste longtemps un des principaux parrains avant de passer la main à Giant puis Sunweb et enfin DSM en 2021. La société néerlandaise est spécialisée dans la nutrition et les produits pharmaceutiques. Elle fusionne avec Firmenich en mai 2023, d'où le changement de nom de l'équipe.

La victoire de Tom Dumoulin au Tour d'Italie 2017 est à ce jour le plus beau succès de l'équipe. Le champion néerlandais est passé ensuite chez Jumbo-Visma où il pouvait consommer des Cétones, ce qu'il n'aurait pu faire chez DSM qui l'interdit. La poste néerlandaise est venu adjoindre son nom cette année.


Si l'équipe n'est pas irréprochable (aucune ne l'est), son histoire est relativement épargnée par les affaires. L'analyse de ses effectifs, coureurs et encadrants, est plutôt rassurante malgré la présence de Rudy Kemna et Pim Ligthart.

Le départ de Marc Hirschi à la fin de l'année 2020 était plutôt à mettre au crédit de l'équipe au maillot noir. Selon le quotidien néerlandais AD, il n'aurait pas répondu à des « questions spécifiques » de ses employeurs et la confiance aurait été rompue. Pire, il aurait été perçu comme un « risque » pour la réputation de l'équipe et de ses sponsors. Le coureur suisse, poulain de Fabian Cancellara, s'était révélé au Tour de France 2020, en remportant la douzième étape.


Histoire de l'équipe

Trois affaires sont venues entacher l'histoire de l'équipe, la dernière en 2017.

Stefan Schumacher et sa maman médecin


Stefan Schumacher s'engage en 2005 dans la toute nouvelle équipe Shimano-Memory Corp. Il est déclaré positif à la cathine lors du Tour de Rhénanie-Palatinat, épreuve par étapes qu'il avait remportée en mai. Il réussit à échapper aux sanctions en présentant une prescription médicale pour traiter une allergie au pollen. Le médecin signataire de l'ordonnance n'était autre que sa mère. Ce détail n'a semble-t-il pas gêné les autorités chargées de la lutte antidopage. Schumacher rejoint l'année suivant la Gerolsteiner où il réalisera quelques exploits, dont plusieurs contrôles positifs à l'EPO-CERA.

Maarten Tjallingii et l’éphédrine


Maarten Tjallingii a été contrôlé positif à l'éphédrine en 2006, sa première année chez les professionnels sous le maillot Skill-Shimano. Il sera blanchi. D'ailleurs, l'UCI lui attribuera en 2010 un indice de suspicion de 1/10 seulement, malgré son passage chez Rabobank, une équipe beaucoup plus sulfureuse.

Georg Preidler et l’affaire Aderlass

Plus récemment, Georg Preidler, qui a couru pour l'équipe entre 2013 et 2017 avant de passer chez Groupama-FDJ, est impliqué dans le scandale Aderlass. Cette affaire de dopage sanguin est la plus grave pour l'histoire de l'équipe. Déclenchée en janvier 2019 dans le monde du ski, elle éclabousse plusieurs cyclistes. Preidler avoue avoir été client du controversé médecin du sport allemand Mark Schmidt. Il prétend toutefois qu'il s'est fait prélever du sang mais ne se l'est pas fait réinjecter. L'explication est usée : Ivan Basso, impliqué dans l'affaire Puerto, avait utilisé la même.

Georg Preidler évoque aussi un événement survenu selon lui en 2017. Les principaux coureurs de l'équipe devaient participer à un camp d'entraînement en haute altitude en vue de préparer le Tour d'Italie. Preidler, aussi engagé sur le Giro, avait demandé à participer à ce camp, éventuellement à ses propres frais, mais il a été fermement prié de rester à la maison. De retour dans la botte italienne, les coureurs Sunweb, Tom Dumoulin en tête affichent une forme extraordinaire et Dumoulin remporte le classement général du Giro. Mais quel crédit accorder à la parole de Preidler ?

Pour en savoir plus sur l'affaire Aderlass, nous lui avons consacré un dossier consultable ici.

Liste des affaires de l'équipe
Coureur Produit Course Date Sanction Contrôle
Preidler Georg Dopage sanguin 2017 Oui Enquête policière et aveux en 2019
Tjallingii Maarten Ephédrine 2006 Non Contrôle positif
Schumacher Stefan Cathine Tour de Rhénanie-Palatinat 2005 Non Contrôle positif

Pour voir plus d'informations sur l'équipe dans l'annuaire du dopage, cliquez ici


Les coureurs épinglés

En 2023, Milesi passe de l'équipe de développement à l'équipe « première » de DSM. Il devient le premier porteur du maillot rouge de leader de la Vuelta 2023, qu'il abandonne lors de la 6ème étape. L'histoire entre l'Italien et l'équipe néerlandaise s'arrête prématurément pour une raison qui n'est pas rendue publique : il ne va pas au bout de son contrat qui courait jusqu'en 2025 et rejoint la Movistar dès le début de saison 2024.

Alors qu'il vient de passer professionnel, l'Italien Lorenzo Milesi révèle avoir été contrôlé positif lors de son tout premier contrôle antidopage. C'était en 2019, aux Championnats d'Italie contre-la-montre juniors. Ce résultat est dû à un médicament qu'il utilise pour traiter l'asthme dont il dit souffrir depuis sa naissance et qui contenait du Salbutamol. Ce premier contrôle positif lui a valu une suspension de cinq mois.

Lorsqu'à l'orée de la saison 2022, l'équipe de développement DSM lui offre un premier contrat professionnel jusqu'en 2025, l'Italien révèle ce contrôle positif à ses nouveaux dirigeants. Ceux-ci consultent le MPCC qui valide le contrat dans la mesure où la suspension était inférieure à six mois. La DSM demande alors au jeune coureur de rendre publique son histoire.

Cette histoire nous avait échappé jusqu'à cette année et nous n'en avions donc pas fait mention en 2023. Etant désormais parti sous les couleurs espagnoles de la Movistar, Lorenzo Milesi ne dégrade pas la note de la formation DSM-Firmenich en 2024.

Aucun coureur actuellement dans l'équipe Team dsm-firmenich PostNL n’a été épinglé dans notre annuaire du dopage.


Les dirigeants épinglés

Rudi Kemna


Rudi Kemna a avoué avoir pris de l'EPO en 2003, année où il a conquis le titre de champion des Pays-Bas. « Je n'étais pas accro, je ne faisais pas du vélo pour l'argent et je ne voulais pas devenir millionnaire, mais cela s'est présenté et j'ai utilisé de l'EPO », confesse-t-il. Il dit avoir arrêté après avoir été pris de panique à l'idée d'être contrôlé positif à un contrôle antidopage à l'arrivée de Gand-Wevelgem. Il était propre quand il a enfilé le maillot de champion national. Enfin, c'est ce qu'il voudrait qu'on croie. A l'époque de ses aveux en 2013, le patron d'Argos-Shimano lui apporte son soutien : la « révélation du passé est nécessaire pour un futur propre », philosophe Iwan Spekenbrink qui lui fait confiance au poste de directeur sportif depuis 2006.

Pim Ligthart


Le 26 mars 2008, le Néerlandais Pim Ligthart est interdit de participation aux championnats du monde sur piste dans l'épreuve de course aux points en raison des résultats aux examens sanguins d'avant-course. Il présente un hématocrite supérieur à 50% et est donc automatiquement arrêté deux semaines.

L'incident ne l'empêche pas de passer professionnel en 2011 chez Vacansoleil. Il a terminé sa carrière de coureur en 2020 chez Total Direct Énergie. Il a été recruté en 2022 par DSM comme directeur sportif après avoir passé un an au même poste dans l'équipe SEG Racing Academy.


Les coureurs flashés

Les radars placés sur les étapes clés des grands Tours consistent à mesurer les performances des meilleurs coureurs sur les ascensions qui seront parcourues à quasi-100% de leur capacité. La moyenne de ces performances peut ensuite être calculée. Seules sont prises en compte les dernières ascensions d'étape dont la durée est supérieure à 20 minutes. Les performances des forçats de la route sont classées en quatre catégories. Il y a les « mutants », capable de développer plus de 450 watts étalons en moyenne, les « miraculeux » qui oscillent entre 430 et 449 watts et les « suspects » qui naviguent entre 410 et 429 watts.

Pour en savoir plus sur le calcul des Watts élaborée par Frédéric Portoleau et sur la méthode des radars proposée par Antoine Vayer, visitez les pages suivantes :

Romain Bardet [418 WE - seuil suspect]


Tout au long de sa carrière, Romain Bardet a évolué en-dessous des 410 Watts-Etalon de moyenne sur les radars positionnés sur les routes des trois Grands Tours par Antoine Vayer et Frédéric Portoleau. On le voit par exemple à 373 WE seulement au Tour de France 2015, malgré une victoire d'étape à Saint Jean de Maurienne.

Le Tour de France 2016 est un cru exceptionnel pour lui. Il réalise 418 WE dans cette Grande Boucle qu'il termine deuxième derrière Chris Froome. Rappelons que 410 WE est la limite de la performance « suspecte » selon Antoine Vayer. On se souvient de la victoire du coureur AG2R au Bettex où il développe 444 WE dans une chevauchée fantastique, après s'être échappé dans la descente de Domancy.

Depuis, il a baissé d'un cran. Il se maintient à 407 WE aux Tours de France 2017 et 2018 qu'il termine respectivement en troisième et sixième position. En 2019, il est en-dessous de 400 WE et quinzième au général. Il abandonne en 2020, fait l'impasse en 2021 avant de retrouver la grande boucle en 2022 avec un modeste 401 WE qui lui permet de décrocher la septième place. En 2023, il abandonne prématurément sur chute.

Il y a fort à parier que le Tour de France 2016 restera au terme de sa carrière comme une exception à plus de 410 WE.


Les dirigeants flashés

Les radars placés sur les étapes clés des grands Tours consistent à mesurer les performances des meilleurs coureurs sur les ascensions qui seront parcourues à quasi-100% de leur capacité. La moyenne de ces performances peut ensuite être calculée. Seules sont prises en compte les dernières ascensions d'étape dont la durée est supérieure à 20 minutes. Les performances des forçats de la route sont classées en quatre catégories. Il y a les « mutants », capable de développer plus de 450 watts étalons en moyenne, les « miraculeux » qui oscillent entre 430 et 449 watts et les « suspects » qui naviguent entre 410 et 429 watts.

Pour en savoir plus sur le calcul des Watts élaborée par Frédéric Portoleau et sur la méthode des radars proposée par Antoine Vayer, visitez les pages suivantes :

Aucun membre de l'encadrement actuellement dans l'équipe Team dsm-firmenich PostNL n’a allumé les radars de Frédéric Portoleau et Antoine Vayer.


Attitude vis-à-vis du MPCC

Le MPCC (Mouvement pour un cyclisme crédible) est une association créée en 2007 par des équipes cyclistes professionnelles dont le but est de défendre l'idée d'un cyclisme propre, en imposant le strict respect du code éthique de l’UCI et pouvant aller jusqu’à imposer des règles plus strictes que ne l’impose le Code Mondial Antidopage édicté par l’AMA. En plus des équipes, le MPCC offre la possibilité aux coureurs et membres de l’encadrement des équipes d’adhérer à titre individuel.

Le team DSM adhère au MPCC depuis décembre 2007. Les deux tiers des coureurs y adhèrent à titre individuel, ce qui est toutefois moins bien qu'en 2023. Côté encadrants, 80% d'(entre eux y adhèrent.

Cette adhésion massive au MPCC favorise le Team DSM dans notre classement même si depuis 2022, nous plafonnons le nombre de points attribués par les adhésions individuelles.


Liste des coureurs adhérents du MPCC
Liste des membres de l'encadrement adhérents du MPCC


ICCD : notre indice de confiance

Pour la saison 2024, l'équipe obtient la note de 16,9/20. Ceci la place en 2ème position sur 27.

Note ICCD 2024 Team dsm-firmenich PostNL

Depuis le début de notre classement ICCD en 2021, la formation néerlandaise est plutôt bien classée. C'est donc encore le cas cette année puisqu'elle n'est devancée que par TotalEnergies.

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