ICCD : Indice de Confiance Cyclisme-Dopage.com

Team DSM - Saison 2023


Mise à jour le 06/07/2023

Sommaire

Introduction

Le Team DSM (qui devient DSM-Firmenich au départ du Tour de France 2023) est né en 2005, à l’initiative d’Iwan Spekenbrink, sous l’identité Shimano-Memory Corp. L’équipementier japonais reste longtemps un des principaux parrains avant de passer la main à Giant puis Sunweb et enfin DSM en 2021. La société néerlandaise est spécialisée dans la nutrition et les produits pharmaceutiques.

La victoire de Tom Dumoulin au Tour d'Italie 2017 est à ce jour le plus beau succès de l’équipe. Le champion néerlandais est passé ensuite chez Jumbo-Visma où il pouvait consommer des Cétones, ce qu’il n’aurait pu faire chez DSM qui l’interdit.


Si l’équipe n’est pas irréprochable (aucune ne l’est), son histoire est relativement épargnée par les affaires. L’analyse de ses effectifs, coureurs et encadrants, est plutôt rassurante malgré la présence de Rudy Kemna et Pim Ligthart.

Le départ de Marc Hirschi à la fin de l’année 2020 était plutôt à mettre au crédit de l’équipe au maillot noir. Selon le quotidien néerlandais AD, il n’aurait pas répondu à des « questions spécifiques » de ses employeurs et la confiance aurait été rompue. Pire, il aurait été perçu comme un « risque » pour la réputation de l’équipe et de ses sponsors. Le coureur suisse, poulain de Fabian Cancellara, s’était révélé au Tour de France 2020, en remportant la douzième étape.

Histoire de l'équipe

Trois affaires sont venues entacher l’histoire du Team DSM.

Stefan Schumacher s’engage en 2005 dans la toute nouvelle équipe Shimano-Memory Corp. Il est déclaré positif à la cathine lors du Tour de Rhénanie-Palatinat, épreuve par étapes qu'il avait remportée en mai. Il réussit à échapper aux sanctions en présentant une prescription médicale pour traiter une allergie au pollen. Le médecin signataire de l’ordonnance n’était autre que sa mère. Ce détail n’a semble-t-il pas gêné les autorités chargées de la lutte antidopage. Schumacher rejoint l’année suivant la Gerolsteiner où il réalisera quelques exploits, dont plusieurs contrôles positifs à l’EPO-CERA.


Maarten Tjallingii a été contrôlé positif à l’éphédrine en 2006, sa première année chez les professionnels sous le maillot Skill-Shimano. Il sera blanchi. D’ailleurs, l’UCI lui attribuera en 2010 un indice de suspicion de 1/10 seulement, malgré son passage chez Rabobank, une équipe beaucoup plus sulfureuse.


Plus récemment, Georg Preidler, qui a couru pour l'équipe entre 2013 et 2017 avant de passer chez Groupama-FDJ, est impliqué dans le scandale Aderlass. Cette affaire de dopage sanguin est la plus grave pour l’histoire de l’équipe. Déclenchée en janvier 2019 dans le monde du ski, éclabousse plusieurs cyclistes. Preidler avoue avoir été client du controversé médecin du sport allemand Mark Schmidt. Il prétend toutefois qu’il s’est fait prélever du sang mais ne se l’est pas fait réinjecter. L’explication est connue : Ivan Basso, impliqué dans l’affaire Puerto, avait utilisé la même.

Georg Preidler évoque aussi un événement survenu selon lui en 2017. Les principaux coureurs de l'équipe devaient participer à un camp d'entraînement en haute altitude en vue de préparer le Tour d’Italie. Preidler, aussi engagé sur le Giro, avait demandé à participer à ce camp, éventuellement à ses propres frais, mais il a été fermement prié de rester à la maison. De retour dans la botte italienne, les coureurs Sunweb, Tom Dumoulin en tête affichent une forme extraordinaire et Dumoulin remporte le classement général du Giro. Mais quel crédit accorder à la parole de Preidler ?

Liste des affaires de l'équipe
Coureur Produit Course Date Sanction Contrôle
Preidler Georg Dopage sanguin 2017 Oui Enquête policière et aveux en 2019
Tjallingii Maarten Ephédrine 2006 Non Contrôle positif
Schumacher Stefan Cathine Tour de Rhénanie-Palatinat 2005 Non Contrôle positif

Pour voir plus d'informations sur l'équipe dans l'annuaire du dopage, cliquez ici

Les coureurs épinglés

Aucun coureur actuellement dans l'équipe Team DSM n’a été épinglé dans notre annuaire du dopage.

Les dirigeants épinglés

Rudi Kemna

Rudi Kemna a avoué avoir pris de l’EPO en 2003, année où il a conquis le titre de champion des Pays-Bas. « Je n’étais pas accro, je ne faisais pas du vélo pour l’argent et je ne voulais pas devenir millionnaire, mais cela s’est présenté et j’ai utilisé de l’EPO », confesse-t-il. Il dit avoir arrêté après avoir été pris de panique à l’idée d’être contrôlé positif à un contrôle antidopage à l’arrivée de Gand-Wevelgem. Il était propre quand il a enfilé le maillot de champion national. Enfin, c’est ce qu’il voudrait qu’on croie. A l’époque de ses aveux en 2013, le patron d’Argos-Shimano lui apporte son soutien : la « révélation du passé est nécessaire pour un futur propre », philosophe Iwan Spekenbrink.


Pim Ligthart

Le 26 mars 2008, le Néerlandais Pim Ligthart est interdit de participation aux championnats du monde sur piste dans l’épreuve de course aux points en raison des résultats aux examens sanguins d'avant-course. Il présente un hématocrite supérieur à 50% et est donc automatiquement arrêté deux semaines.

L’incident ne l’empêche pas de passer professionnel en 2011 chez Vacansoleil. Il a terminé sa carrière de coureur en 2020 chez Total Direct Énergie. Il a été recruté en 2022 par DSM comme directeur sportif après être passé un an au même poste dans l’équipe SEG Racing Academy.


Les coureurs flashés

Les radars placés sur les étapes clés des grands Tours consistent à mesurer les performances des meilleurs coureurs sur les ascensions qui seront parcourues à quasi-100% de leur capacité. La moyenne de ces performances peut ensuite être calculée. Seules sont prises en compte les dernières ascensions d'étape dont la durée est supérieure à 20 minutes. Les performances des forçats de la route sont classées en quatre catégories. Il y a les « mutants », capable de développer plus de 450 watts étalons en moyenne, les « miraculeux » qui oscillent entre 430 et 449 watts et les « suspects » qui naviguent entre 410 et 429 watts.

Pour en savoir plus sur le calcul des Watts élaborée par Frédéric Portoleau et sur la méthode des radars proposée par Antoine Vayer, visitez les pages suivantes :

Romain Bardet

Tout au long de sa carrière, Romain Bardet a évolué en-dessous des 410 Watts-Etalon de moyenne sur les radars positionnés sur les routes des trois Grands Tours par Antoine Vayer et Frédéric Portoleau. On le voit par exemple à 373 WE seulement au Tour de France 2015, malgré une victoire d’étape à Saint Jean de Maurienne. Il se maintient à 407 WE aux Tours de France 2017 et 2018 qu’il termine respectivement en troisième et sixième position.

Le Tour de France 2016 est un cru exceptionnel pour lui. Il réalise 418 WE dans cette Grande Boucle qu’il termine deuxième derrière Chris Froome. Rappelons que 410 WE est la limite de la performance « suspecte » selon Antoine Vayer. On se souvient de la victoire du coureur AG2R au Bettex où il développe 444 WE dans une chevauchée fantastique, après s’être échappé dans la descente de Domancy.


Les dirigeants flashés

Les radars placés sur les étapes clés des grands Tours consistent à mesurer les performances des meilleurs coureurs sur les ascensions qui seront parcourues à quasi-100% de leur capacité. La moyenne de ces performances peut ensuite être calculée. Seules sont prises en compte les dernières ascensions d'étape dont la durée est supérieure à 20 minutes. Les performances des forçats de la route sont classées en quatre catégories. Il y a les « mutants », capable de développer plus de 450 watts étalons en moyenne, les « miraculeux » qui oscillent entre 430 et 449 watts et les « suspects » qui naviguent entre 410 et 429 watts.

Pour en savoir plus sur le calcul des Watts élaborée par Frédéric Portoleau et sur la méthode des radars proposée par Antoine Vayer, visitez les pages suivantes :

Aucun membre de l'encadrement actuellement dans l'équipe Team DSM n’a allumé les radars de Frédéric Portoleau et Antoine Vayer

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Attitude vis-à-vis du MPCC

Le MPCC (Mouvement pour un cyclisme crédible) est une association créée en 2007 par des équipes cyclistes professionnelles dont le but est de défendre l'idée d'un cyclisme propre, en imposant le strict respect du code éthique de l’UCI et pouvant aller jusqu’à imposer des règles plus strictes que ne l’impose le Code Mondial Antidopage édicté par l’AMA. En plus des équipes, le MPCC offre la possibilité aux coureurs et membres de l’encadrement des équipes d’adhérer à titre individuel.

Le team DSM adhère au MPCC depuis décembre 2007. Seuls deux coureurs, Tobias Lund Andresen et Max Poole n’y adhèrent pas à titre individuel. 64 des 79 encadrants que nous avons recensés y adhèrent.

Cette adhésion massive au MPCC favorise le Team DSM dans notre classement même si depuis 2022, nous plafonnons le nombre de points attribués par les adhésions individuelles.


Liste des coureurs adhérents du MPCC
Liste des membres de l'encadrement adhérents du MPCC

ICCD : notre indice de confiance

Pour la saison 2023, nous attribuons à l'équipe la note de 15,4/20. Ceci la place en 6ème position sur 27.

Le plafonnement de l’importance du MPCC, combiné à l’arrivée de Pim Ligthart, explique la régression de l’équipe dans notre classement. Elle était deuxième en 2021 et neuvième en 2022.

Pour consulter l'article ICCD de l'équipe Team DSM en 2022, cliquez ici.