Actualité du dopage

Le Dr Mabuse plaide non coupable


31/07/2014 - ouest-france.fr - Jean-Pierre BEUVE


Mis en examen en 2014 dans une affaire de dopage chez les cyclistes amateurs, à l'instructionà Caen depuis 2010, Bernard Sainz, 70 ans, alias Dr Mabuse, praticien homéopathe, s'explique.

(...)

Vous apparaissez une fois encore dans un dossier de dopage présumé. On ne prête qu'aux riches ?

Je tiens d'abord à préciser que je ne suis nullement concerné par les poursuites visant des coureurs normands et bretons pour détournement et revente de produits destinés à des cancéreux, contenant de l'EPO (...).

J'apparais subitement dans cette affaire en 2014, soit six ans après le début de l'enquête policière en 2008. Stéphane Belot, cyclo crossman ornais, aurait insinué qu'un flacon de gouttes, que je lui avais transmis en 2005, était susceptible de renfermer des produits « masquants ». Dans des affaires précédentes, les expertises toxicologiques judiciaires ont conclu que ces fameuses gouttes ne contenaient aucune substance stupéfiante, dopante ou vénéneuse : elles étaient strictement homéopathiques ou phytothérapiques et donc parfaitement licites. Elles ne présentaient aucun effet masquant.

1987, 1999, votre nom revient régulièrement dans des dossiers présentés comme liés au dopage ?

Je suis victime d'un incontestable acharnement judiciaire. S'agissant du dossier de la saisie d'amphétamines aux Six jours de Bercy en 1987, j'ai rapidement obtenu un non-lieu. Comme dans la plupart de mes affaires, celle dite de Sainz-Lavelot en 1999 est introduite sur dénonciation anonyme. Le tribunal relaxera mon ami, l'avocat Bertrand Lavelot. Quant à moi, seize ans après, aucune décision définitive n'est intervenue à mon encontre, après renvoi par la Cour de cassation. À l'époque, la brigade des stupéfiants du 36, quai des Orfèvres soupçonnait que ces mystérieuses gouttes renfermaient des produits interdits d'avant-garde.

Elle met en place des écoutes téléphoniques et des filatures et interpelle en pleine nuit un cycliste au volant de sa voiture auquel je viens de transmettre un flacon de gouttes. Ainsi est établi un procès-verbal de flagrant délit de cession de produits dopants. Sauf que les analyses toxicologiques apporteront plus tard la preuve de l'absence de toute substance prohibée dans ces gouttes incriminées. Ce procès-verbal litigieux servira toutefois de fondement à toutes les nombreuses autres interpellations et perquisitions qui interviendront ensuite.

Et en 2005, c'est à Alençon que vous êtes cité dans un dossier de chevaux soi-disant dopés.

Moi-même propriétaire de chevaux depuis 1974, j'ai été en relation avec les deux entraîneurs impliqués dans cette affaire. Mais comme le magistrat-instructeur s'est aperçu qu'il ne pourrait pas caractériser la moindre infraction sur les chevaux à mon encontre, il s'est orienté, deux ans après vers les cyclistes. Dix-huit d'entre eux, dont deux champions de France sur route, ont été auditionnés dans un silence assourdissant. Pas une ligne dans la presse. Un double non-lieu est intervenu à mon égard concernant le dopage de chevaux et de cyclistes. Finalement, ce dossier s'est soldé par une simple amende de 3 000 € pour exercice illégal de la médecine. Une décision non-définitive à ce jour, un pourvoi en cassation ayant été déposé.

Comment expliquez-vous votre omniprésence dans ces affaires cyclistes ?

La médecine parfaitement naturelle que j'exerce dérange beaucoup plus que je ne pouvais l'imaginer. Mon parcours est atypique et hors norme. Mes interpellations le sont tout autant. Coureur amateur spécialiste de la piste, avec aussi de nombreuses victoires sur route, dont Paris-Vendôme en 1963, j'ai également été directeur sportif adjoint de l'équipe Gan-Mercier dans les années 1970.

Les cyclistes souhaitaient ma présence au volant de la voiture suiveuse en raison de stratégies que j'élaborais. Cyrille Guimard a grandement bénéficié de cette formation. Mais je suis surtout à l'origine de la seconde jeunesse de Raymond Poulidor en 1972 qui était sur le point d'arrêter sa carrière l'année précédente, deux ans après que Jacques Anquetil ait mis un terme à la sienne. Poupou me doit sa longévité sportive, de 35 à 41 ans. Et c'est ce type d'insolent succès qui agace mes contradicteurs. (...)


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Cette page a été mise en ligne le 06/08/2014