L'actualité du dopage



Les lampistes du pot belge au trou

10/01/2003 - Libération - Blandine HENNION

Extraits

(...) L 'affaire Béon est-elle une banale histoire de stups ou une nouvelle affaire de dopage dans le milieu cycliste, après le procès Festina à Lille en 2000 et le procès du pot belge à Poitiers l'année suivante ? Le tribunal de Rennes (Ille-et-Vilaine) a tranché hier en faveur de la première solution, prononçant les peines les plus sévères jamais infligées pour trafic de pots belges (cocktails de produits stupéfiants) à treize anciens membres du milieu cycliste breton (...). Suivant les sévères réquisitions du parquet, le tribunal a condamné Patrick Béon, ancien coéquipier de Bernard Thévenet chez Peugeot dans les années 70, à trois ans de prison dont un an ferme, comme Serge Degnati et Jean-Yves Verger, les deux autres principaux prévenus. Philippe Tomasina, mécanicien de l'équipe pro AG2R, a été condamné de son côté à trente mois de prison dont dix ferme. Vincent Lavenu, son directeur sportif, l'avait exclu du Tour de France 2002 quand sa mise en examen avait été rendue publique. Mais il avait maintenu

Les conseils des principaux condamnés étaient sur la même longueur d'onde. «La peine est dans la ligne de la jurisprudence du tribunal en matière de stupéfiants. Mais elle ne tient pas compte du contexte cycliste, ni de la personnalité de mon client», s'insurge Me Jérôme Stéphan, qui fera appel de la décision. Les neuf autres prévenus, anciens coureurs cyclistes, se sont vu infliger des peines allant de quatre à dix mois d'emprisonnement avec sursis.

Le tribunal a en revanche déclaré recevable la constitution de partie civile de la Fédération française de cyclisme qui obtient son euro symbolique de dommages et intérêts. «Une partie des faits reprochés aux prévenus ont eu lieu à l'occasion de courses cyclistes», lit-on dans le jugement qui souligne que douze des treize prévenus sont d'anciens cyclistes. Pourquoi dès lors n'avoir pas tenu compte de la culture généralisée du dopage dans ce milieu cycliste ainsi que des habitudes de «pots belges festifs» et autres rites initiatiques ? (...)

Le procès de Rennes laisse un goût d'inachevé. Si l'amende douanière est limitée à 60 000 euros, les fournisseurs belge et néerlandais du trafic n'ont pu être poursuivis. Restent donc les lampistes, bien vite rejetés d'un milieu qui s'accommodait fort bien, à l'arrivée du Tour de France ou aux championnats du monde, de ces trafiquants de l'ombre.

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