L'actualité du dopage



L'"affaire Béon" sera jugée à Rennes en décembre

22/06/2002 - Le Monde - Ph. L. C.

Extraits

Treize prévenus, cyclistes amateurs, ex-cyclistes, dirigeants de clubs, seront jugés les 3, 4 et 5 décembre à Rennes pour ce que l'on a appelé l'"affaire Béon", un trafic de produits interdits mis au jour fin 2000. "Nous aurions pu aller jusqu'à soixante mises en examen, nous nous sommes limités pour des raisons d'efficacité et d'exemplarité", explique le procureur Jean-Yves Kerboeuf, qui relève que "l'infraction de dopage n'a pas été retenue"dans ce dossier de "trafic de stupéfiants classique, ayant pris naissance dans les milieux professionnels et amateurs de bon niveau et qui inondait les pelotons" de l'Ouest.

Ce sont des gens installés dans la toxicomanie", poursuit le procureur, qui indique que le procès s'articulera autour de "quatre prévenus principaux", dont Patrick Béon.

C'est par le biais de cet ancien coureur professionnel (dans les années 1970, au sein de la formation Peugeot) que l'affaire a éclaté. Devenu commercial pour des sociétés liées au cyclisme (Bollé, Sibille, Vittoria...), il se fournissait en Belgique et aux Pays-Bas en "pot hollandais" (...). En octobre 2000, un colis postal contenant des doses de ce mélange, qui lui était adressé depuis la Belgique, avait été intercepté par les douaniers. A partir de l'arrestation de Patrick Béon (51 ans), les policiers avaient remonté la filière de ses fournisseurs et des clients.

(...)

Beaucoup des personnes entendues lors de cette enquête n'ont pas fait l'objet d'une ordonnance de renvoi. Si trois fournisseurs de Patrick Béon (dont un employé de la RATP et un infirmier libéral) seront ainsi jugés, deux autres, un Belge et un Néerlandais, ne seront pas présents à Rennes. "Nous n'avons pas pu les attraper, faute de collaboration des Néerlandais et des Belges", déplore Jean-Yves Kerboeuf.

Quelques cyclistes professionnels - le procureur cite trois noms de coureurs évoluant dans les équipes AG2r Prévoyance, BigMat Auber 93 et Française des jeux - n'ont pas non plus fait l'objet de poursuites. "Ils ont été mis en cause de façon assez carrée, ils ont tous été entendus, mais il n'y avait pas nécessairement assez d'éléments pour avoir une démonstration convaincante et les accrocher, indique Jean-Yves Kerboeuf, et puis tous les professionnels sont à peu près à la même enseigne de toute façon en matière de triche et nous avons plutôt voulu nous attacher à pointer les dérives de ce milieu au niveau amateurs, avec des gens réputés éducateurs sportifs qui diffusent ces pratiques dans les équipes régionales, auprès de jeunes ."

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