Brève



Réhabilité, le laboratoire français antidopage prépare son agrandissement en vue des JO 2024


22/12/2017 - lemonde.fr - Clément Guillou


L'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD) passera les fêtes en toute tranquillité : comme elle s'y attendait, la suspension de son laboratoire d'analyses, situé à Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine), a été levée par l'Agence mondiale antidopage (AMA).

L'AFLD l'a annoncé jeudi 21 décembre au soir, sans attendre le communiqué de l'AMA, soit un peu moins de trois mois après sa suspension. L'AMA avait sanctionné le laboratoire français pour la première fois de son histoire après que des traces de stéroïdes avaient été retrouvées par erreur chez deux sportifs. Leurs échantillons avaient en réalité été pollués par un autre précédemment passé sur le robot, que le rinçage automatique n'avait pas suffi à nettoyer.

Des mesures correctives avaient été immédiatement appliquées par le laboratoire et l'AFLD avait jugé sa suspension sévère. (...)

« Ils font le constat que les problèmes ont été corrigés, qu'il n'y a pas d'écart critique qui justifie la suspension du laboratoire », explique le secrétaire général de l'AFLD, Mathieu Téoran. L'AMA a seulement demandé à Châtenay-Malabry de prendre quelques « mesures documentaires » supplémentaires - alors que les laborantins ont déjà le sentiment de crouler sous les tâches administratives.

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Pendant tout ce temps, les échantillons prélevés par l'AFLD ont dû être expédiés dans des laboratoires étrangers et tous les clients qui faisaient confiance au laboratoire français ont enrichi d'autres structures. Le coût de cette suspension est estimé à 600 000 euros environ par l'AFLD, montant compensé par le ministère des sports.

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La levée de cette suspension ne règle pas tous les problèmes d'un laboratoire qui était jadis à la pointe de la lutte antidopage et a rétrogradé dans la hiérarchie internationale.

Ses installations étaient vétustes jusqu'à d'importants travaux (d'étanchéité, notamment) achevés en fin d'année. Certaines machines doivent être remplacées et le laboratoire n'a pas connu de direction pérenne depuis la mort du professeur Jacques de Ceaurriz, en 2010. Ce qui a ralenti de fait son activité de recherche jusqu'à la nomination, en décembre 2016, d'un spécialiste reconnu, Michel Audran.

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Nommée en juillet 2017, la nouvelle présidente de l'AFLD, Dominique Laurent, a mis le laboratoire au premier rang de ses priorités et entend en livrer un « flambant neuf » avant les Jeux olympiques de 2024 à Paris.

Aujourd'hui, le laboratoire traite 13 000 échantillons par an ; un plafond indépassable compte tenu des installations actuelles. L'Agence fixe un objectif de 15 000 échantillons dans le futur laboratoire, l'équivalent des plus grands laboratoires mondiaux.

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L'AFLD est actuellement à la recherche de locaux à rénover en région parisienne, avec une contrainte de taille : qu'ils soient situés à côté d'un institut de recherche scientifique avec lequel le laboratoire s'associera. Châtenay-Malabry était l'un des rares laboratoires à ne pas être adossés à une université. « L'adosser à une structure de recherche permettra de sortir d'un travail de routine accéléré pour aboutir à une activité de recherche plus intense », estime Dominique Laurent.

« On doit faire mieux et on veut faire mieux pour préparer les JO de Paris 2024. Ils représentent une grosse quantité d'analyses à faire en très peu de temps, et l'AMA veut qu'on soit au rendez-vous », poursuit la conseillère d'Etat.

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Témoin du manque de confiance qu'inspirait jusqu'alors le laboratoire de Châtenay-Malabry, l'équipe de candidature de Paris 2024 envisageait dans son dossier au Comité international olympique (CIO) qu'une partie seulement des échantillons soient analysés par le laboratoire français. Un choix que conteste l'AFLD, pour qui la rénovation et le déménagement du laboratoire permettra d'assumer l'intégralité des contrôles.

Une autre demande de l'AMA ne sera pas satisfaite à court terme : la rupture du lien statutaire entre le laboratoire et l'AFLD, qui ouvre théoriquement la porte à des manipulations telles que celles observées en Russie.

« Actuellement, il y a une séparation fonctionnelle, il n'y a aucune interférence ni du pouvoir politique ni de l'Agence dans le travail d'analyse, précise Dominique Laurent. L'AMA voudrait une séparation organique, mais notre préoccupation est de le rénover. Il est un peu prématuré de lâcher le laboratoire face à ce défi, mais nous ne sommes pas fermés à l'idée que cela se fasse par la suite. »


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Cette page a été mise en ligne le 22/12/2017