Actualité du dopage



Jeannie Longo règle ses comptes après la condamnation de son mari


04/07/2018 - francebleu.fr - Nicolas Crozel, Denis Souilla et Xavier Demagny

Patrice Ciprelli a été condamné mercredi à un an de prison avec sursis par la cour d'appel de Grenoble. Il a été reconnu coupable d'avoir acheté une trentaine de boîtes d'EPO, considéré comme un produit dopant. Jeannie Longo dénonce sur France Bleu "un coup monté" et règle ses comptes.

La cour d'appel de Grenoble a confirmé, ce mercredi 4 juillet, la condamnation à un an de prison avec sursis de Patrice Ciprelli, époux et entraîneur de la championne cycliste Jeannie Longo. Il a été condamné pour importation de produits illicites et devra verser en outre 5800 euros d'amende. Il a été reconnu coupable d'avoir acheté à l'étranger trente-trois boîtes ou flacons d'EPO pour un montant de près de 3000 euros. Présente à ses cotés au moment de l'énoncé de la condamnation, l'ancienne championne de cyclisme Jeannie Longo s'est longuement confiée à France Bleu Isère.

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"A travers mon mari c'est moi qui était visée" a-t-elle commenté, mettant d'abord en cause les médias qui n'ont pas respecté la présomption d'innocence ces dernières années. "On s'est servi de mon mari, on a monté une affaire, mon mari n'était qu'un moyen, c'était juste pour pouvoir descendre ma carrière, la salir et m'empêcher d'aller aux Jeux olympiques de Londres parce qu'à 54 ans on n'avait pas envie qu'une femme comme moi puisse y aller. C'est écoeurant. Ma seule faute c'est d'avoir été hors norme c'est tout."

"Si j'avais su, j'aurais arrêté ma carrière à 40 ans, rajoute la championne, mais je n'avais pas envie puis je continue encore et j'ai encore des résultats pour mon âge tout à fait honnêtes. Je suis encore championne interrégionale devant des filles qui pourraient presque être mes petites filles. Je pense que j'avais juste des prédispositions. Regardez Robert Marchand à 106 ans, il arrive encore à tenir une heure un vélo c'est comme ça."

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Avec des sanglots dans la voix et les yeux rougis, elle évoque aussi Patrice Ciprelli son mari et entraîneur. "C'est lui qui trinque, j'en suis très triste, il a été un entraîneur extraordinaire, c'est grâce à lui que j'ai pu obtenir de tels résultats. on a toujours été en avance, toujours avec une longueur d'avance sur la technologie, sur la manière de s'entraîner".

Jeannie Longo rappelle qu'avec son mari ils ont été des précurseurs : "Quand j'entends maintenant les pros dire 'On va en altitude'... Mais attendez, nous ça fait plus de 30 ans qu'on va au Colorado rouler à 3000 mètres, s'entraîner, faire des courses. Les techniques d'entrainement, elles étaient déjà dans notre livre 'Performances et records' qui date de 2002. On avait quinze ans d'avance."

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Jeannie Longo se considère comme victime de harcèlement par les instances de lutte contre le dopage. "Moi aussi j'ai porté plainte pour diffamation et à chaque fois on perd. J'ai porté plainte pour harcèlement en matière de contrôles anti-dopage puisque j'en ai subi plus que personne, et partout, à la maison, à la montagne, en Suisse, aux États-Unis."

Évoquant les contrôles inopinés et les règles de localisation des athlètes de haut niveau, Jeannie Longo ajoute : "Les gens ne le savent pas ça, on sonne chez vous à 6h ou 7h du matin si vous les entendez, un jour c'est mon chat qui m'a réveillé, la dame était au portail, elle n'avait pas eu l'idée de donner un petit coup de klaxon, si je ne l'avais pas entendu, elle serait repartie et j'aurais eu un "no show" (...) ? Ils débarquent, ils vous prennent du sang, ils vous font pisser, et moi ça a duré sept ans. Tous les trois mois je devais dire tous les jours ou j'étais, vous imaginez ce harcèlement ? Et puis il y a la jalousie, moi je ne draine pas de capitaux, je ne draine pas d'argent, c'est pas comme le foot ou le tennis..."

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Cette page a été mise en ligne le 04/07/2018