Actualité du dopage



"Mon seul doute, c'était de savoir s'il aurait son vélo truqué ce jour-là"

03/10/2017 - lessor.org - avec AFP


"Mon seul doute, c'était de savoir s'il aurait son vélo truqué ce jour-là": pour l'ancien coureur cycliste Christophe Bassons, ex-"Mr Propre" du peloton reconverti dans la lutte antidopage, l'opération qui a permis de détecter le premier cas de fraude au moteur en France, lors d'une modeste course amateur, relève de tout sauf du hasard.

Tout a commencé par un bon tuyau. "Mon rôle, c'est d'avoir un réseau, pour essayer d'avoir des infos sur des pratiques dopantes ou des trafics de produits dopants", expose l'ancien coureur, devenu correspondant inter-régional antidopage pour la région Nouvelle Aquitaine.

Un rôle pas toujours évident. (...) "L'idée c'est de sensibiliser les gens (...) Il faut leur faire comprendre que ce n'est pas du tout de la délation, mais qu'ils participent à une évolution positive du sport", explique-t-il simplement.

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Le coureur ciblé (...) s'était notamment signalé ces dernières semaines par de très bons résultats. "A un moment, les langues se délient", explique Christophe Bassons. Et le bon tuyau est venu "directement du milieu cycliste".

A partir de là, il a fallu étayer les soupçons d'une part, et partager les informations avec les autorités judiciaires et sportives, pour préparer l'opération.

"On a des formations pour apprendre à travailler +en sources ouvertes+", c'est-à-dire tout ce qui est disponible sur internet, les réseaux sociaux etc... "On a des photos, on les analyse, on zoome dessus: tout venait confirmer" l'information initiale: ici "un porte bidon anormal", là "un fil qui ne devait pas y être", "un vélo qui n'était pas à la bonne taille", énumère le référent antidopage.

Si bien que lorsqu'il est arrivé dimanche, accompagné de gendarmes et d'un commissaire de la Fédération française de cyclisme (FFC) sur la très modeste épreuve de Saint-Michel de Double (...) en Dordogne, son "seul doute", "c'était de savoir s'il aurait son vélo truqué ce jour-là".

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Le dispositif était loin d'être le plus innovant. "C'est ce qui est sorti il y a quelques années, un moteur dans le tube qui entraîne le pédalier", explique Christophe Bassons. Pour autant, "je l'ai regardé tourner pendant 25 tours, et à l'oeil nu comme ça, durant la course, vous ne voyez rien du tout", ajoute-t-il.

Le coureur a abandonné quatre tours avant l'arrivée, sur crevaison. Il a été intercepté sur le départ, mais "il ne cherchait pas à prendre la fuite", selon Bassons.

Il risque maintenant une lourde sanction disciplinaire et une enquête pénale a été ouverte par le parquet de Périgueux. (...)

Selon le procureur de Périgueux, Jean-François Mailhes, qui s'exprimait lors d'une conférence de presse, "le cycliste s'est justifié par le fait qu'il reprochait à d'autres coureurs d'utiliser diverses méthodes" de dopage et "voulait lutter à armes égales" avec eux.

"Pour qu'il y en ait un qui le fasse à ce niveau, pour ce que ça lui rapporte, on peut facilement imaginer que ça existe à tous les niveaux", estime de son côté Christophe Bassons. "D'après mes informations, des assistants de ce type, il s'en vend beaucoup", a-t-il ajouté.

Le Procureur de Périgueux a précisé que le coureur avait dit avoir acquis son matériel en vente libre sur internet : "le cadre a été acquis sur un site chinois, le matériel électrique sur un site français", l'ensemble pour un coût d'environ 3.000 euros, a précisé M. Mailhes.

Le cycliste risque des poursuites pénales pour "escroquerie" ou "tentative d'escroquerie".

Deux plaintes ont été déposées, par la Fédération française de cyclisme (FFC) et le président du club de Mussidan (Dordogne) auquel appartient le coureur.

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Cette page a été mise en ligne le 04/10/2017