Actualité du dopage



Jesus Manzano dénonce le dopage (2)

25/03/2004 - velo101.com

Extraits

Le quotidien As, qui a obtenu l'exclusivité des dérangeantes révélations de Jesus Manzano, a publié aujourd'hui une seconde partie consacrée à la prise des produits et au contournement des contrôles. Le sujet est vaste et les informations communiquées par l'Espagnol bien sommaires, si bien que le coureur a promis de s'exprimer davantage dans les jours à venir. Décrédibilisé par de nombreux organismes, Jesus Manzano essaie aujourd'hui d'apporter des preuves à ses dénonciations. Il rappelle ainsi qu'en août 2003, quelques jours après l'annonce de la positivité à l'EPO de son coéquipier Javier Pascual-Llorente, la formation Kelme abandonna en masse le Tour du Portugal. Les raisons invoquées par Manzano sont simples : la formation espagnole aurait pris peur de se faire à nouveau contrôler et aurait donc quitté l'épreuve avant qu'un nouveau cas de dopage ne soit avéré. (...)

Dans ce second épisode (...) évoque deux utilisations de produits en priorité : l'EPO à l'entraînement et l'hormone de croissance en course. "Si un coureur se prépare pour un grand tour, il prend de l'EPO, de l'hormone de croissance, quelques trucs encore, explique-t-il (...). J'ai entendu parler un jour d'un type d'EPO qui ne se détecte pas mais je ne l'ai jamais vu, je ne le connais pas. Je connais l'Eprex, le Neorecormon, l'EPOcrin, qui est de l'EPO russe. Il y en a aussi de l'espagnol, une mexicaine qui s'appelle EPOmax. Avant d'arriver sur les courses, tu te prépares avec ça. L'EPO s'utilise à certains moments, selon les piques de forme. Moi, j'arrêtais les prises quinze jours avant une épreuve. Si tu veux que le traitement agisse rapidement, tu l'appliques par voie intraveineuse. Mais si tu veux qu'il te dure plus longtemps, il est injecté par voie sous-cutanée."

(...) Les doses sont prises à l'entraînement et cessées quinze jours avant la reprise des courses. Afin de fuir les contrôles inopinés à domicile, Jesus Manzano explique que le meilleur moyen pour les coureurs est de voyager et d'échapper ainsi à la vigilance des médecins. Les hormones de croissance, non détectables, sont quant à elles utilisées en course et sans aucune limite. Manzano explique qu'un traitement de dix à quinze jours s'impose avant de participer à un grand tour. Il est aussi possible de prendre de petites doses de 0,4 milligrammes pendant la course. Ces produits, non délivrés sans ordonnance, sont importés de l'étranger, notamment d'Australie, et valent pour certains jusqu'à 540 euros.

Mais comment contourner les contrôles inopinés au matin des compétitions ? "Actuellement, il n'est pas difficile de tromper les vampires de l'UCI, poursuit Jesus Manzano. Tu as un temps mort d'une demi-heure entre le moment où ils t'informent et le moment où tu passes au contrôle. Les coureurs qui savent qu'ils ont les valeurs [d'hématocrite] les plus basses passent d'abord. C'est une pratique pour gagner du temps. Les médecins de l'équipe sont toujours en alerte. Automatiquement, le reste du groupe, ceux qui ont les valeurs les plus élevées, prennent de l'albumine humaine, un sérum de glucose, et passent au contrôle le plus tard." Ce produit miracle, qui dilue le sang, coûte 120 euros. Pour faire tomber ses anciens camarades, Jesus Manzano préconise donc des contrôles inopinés le soir à 19 heures, avec seulement cinq minutes de délai entre l'annonce et le contrôle. Et si le meilleur moyen de donner du crédit aux accusations de Manzano était tout simplement d'appliquer cette méthode ?

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Voir la vidéo extraite de Pièces à conviction sur France 3, le 22 septembre 2006