Actualité du dopage



Jesus Manzano dénonce le dopage

24/03/2004 - velo101.com

Extraits

Une image. (...) C'était le samedi 12 juillet dernier, dans le col de Portes. Jesus Manzano, alors sous les couleurs de l'équipe Kelme-Costa Blanca, portait une attaque en compagnie d'un Richard Virenque en route vers le Maillot Jaune du Tour de France. L'Espagnol démarrait sous la chaleur puis s'effondrait au bord de la route, victime d'un malaise. Ce jour-là, si crédules que nous sommes, nous avions mis cette subite défaillance sous l'effet conjugué de l'effort et de la canicule. Aujourd'hui, la vérité a éclaté. Licencié de sa formation pour avoir eu des relations sexuelles avec une amie au cours de la dernière Vuelta, Jesus Manzano est aujourd'hui au chômage. Pour se venger, il a décidé de tout balancer sur des pratiques dopantes persistantes dans le cyclisme. Sans tabou, l'ancien coureur de 25 ans a livré ses accusations au quotidien espagnol As. Dans une première partie publiée aujourd'hui, Jesus Manzano revient ainsi sur l'épisode de juillet.

"C'était la première étape de montagne et ce matin-là, j'ai essayé une substance que je n'avais jamais expérimenté, déclare-t-il dans As. Cette substance (...) s'injecte dans une veine et elle te permet d'avoir un hématocrite bas mais une hémoglobine haute. J'avais pris 50 millilitres de ce produit. (...) Il s'est trouvé qu'une échappée est partie avant le premier col. Là, je me suis extrait du peloton avec Richard Virenque. Soudain, je me suis senti bizarre, comme après une sortie de 200 km, que tu roules par inertie et avec les bras sans force. Je ne pouvais pas enlever cette sensation d'endormissement que j'avais dans les mains. J'ai commencé à avoir une sensation de mal de mer, avec beaucoup de chaleur et des sueurs froides, des contrastes de chaleur et de froid, surtout du froid. Quelqu'un m'a dit que je me suis jeté à terre. Je ne me rappelle plus de rien."

Il semble en fait que le produit utilisé avait été mal conservé et avait tourné sous l'effet de la chaleur. De conservation justement, Jesus Manzano en parle. "La loi française nous interdit de transporter des boîtes de vitamines. Il y a donc des gens qui se disposent à garder ces médicaments. Tu peux acheter les médicaments pour la récupération en cours de route mais il y en a d'autres qui ne s'achètent pas car réservés à un usage hospitalier." Ces produits sont donc stockés dans la voiture d'un membre proche de l'équipe. Chaque coureur doit verser de l'argent à cet individu pour sa sombre besogne. Jesus Manzano déclare ainsi avoir payé 3000 euros pour que ses produits l'accompagnent pendant le Tour de France. Cela peut rappeler étrangement la voiture pharmaceutique d'Edita Rumsas en juillet 2002. Concernant la prise de produits durant le Tour, Jesus Manzano déclare que les produits ingurgités avant le Tour suffisent à tenir la première semaine. Il témoigne également de l'utilisation de transfusions sanguines.

Quelques jours avant le départ du Tour, Jesus Manzano s'est ainsi injecté un demi-litre de sang. Après son abandon subit, alors qu'on murmurait la positivité de Javier Pascual-Llorente, il fait allusion à l'appel de son directeur sportif, qui lui aurait ordonné d'effectuer une nouvelle transfusion. (...) Jesus Manzano se plie aux ordres et se rend à Valence. "On m'a montré ma poche de sang mais le nom de Manzano ne figurait nulle part (...). Il n'y avait aucun indice. Cela pouvait tout aussi bien être la poche d'un autre. Le médecin a préparé la poche de sang, l'a accroché à un pied. Je me suis assis sur un lit (...). Il faisait chaud. Le sang s'écoulait dans mes veines et quand il a atteint 125 ml, j'ai commencé à me trouver très, très, très, très mal. J'avais aussi froid que si j'étais au Pôle Nord. Ils m'ont mis entre 125-175 ml. Je ne sais pas ce qui me serait arrivé s'ils m'avaient injecté la poche entière." Rentré en train dans un état critique, Jesus Manzano a fait un malaise. L'ancien coureur déclare être passé tout près de la mort une seconde fois. Fin de la première partie.

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Voir la vidéo extraite de Pièces à conviction sur France 3, le 22 septembre 2006