Dans un article publié le 10 juillet dernier, le quotidien danois BT a interrogé Ask Vest Christiansen, chercheur sur le sport et le dopage à l'Université d'Aarhus. Alors que le Tour de France venait seulement de commencer, et que Tadej Pogacar n'avait pas encore démontré toute sa puissance en passant en premier le sommet du Hautacam jeudi, ou encore en dominant le contre-la-montre individuel, hier entre Loudenvielle et Peyragudes. (...)
"Ce serait plutôt naïf de dire non" répond l'expert en dopage au quotidien danois à la question : le dopage fait-il toujours partie du cyclisme ? "Le problème, c'est qu'on se base sur des indices comme les données de puissance, la vitesse, et la rapidité avec laquelle ils grimpent les cols. Ils battent des records et vont plus vite qu'à l'époque où ils se dopaient" détaille l'homme de 53 ans. Avant de tenter de résumer : " Si l'on part du principe que le peloton est propre, sans dopage aujourd'hui, alors il faut accepter l'idée que les évolutions du matériel, de la nutrition et de l'entraînement permettent une amélioration des performances plus grande que le dopage ne le faisait à l'époque."
Chercheur en sport et spécialisé dans le dopage, Ask Vest Christiansen est titulaire d'un diplôme en sciences du sport et d'une formation en philosophie (...). Lors de son interview, l'homme a déclaré comprendre les doutes autour des performances Tadej Pogacar, déjà triple vainqueur du Tour. "Ce que Pogacar a accompli depuis 2023 est incroyable. Il est compréhensible que des athlètes de haut niveau puissent progresser de 1, 2 voire 3 %. Mais on a l'impression qu'il a progressé de 7, 8, 9 voire 10 %. C'est stupéfiant – pour le dire gentiment" a-t-il confié. Avant de conclure : "Ce n'est pas parce qu'on ne voit pas de dopage qu'il n'existe pas."