Dossier dopage



L'Espagne encore épargnée par les grands scandales de dopage

09/06/2001 - Yahoo / AFP

Extraits

Après les remous du Tour de France et du Giro italien, l'Espagne apparaît comme le dernier des trois grands pays de tradition cycliste à ne pas avoir encore vécu de scandale de dopage, grâce notamment à une réglementation moins dure que chez ses voisins.

"Le dopage est un problème français, créé par la France avec ses lois et que la France doit résoudre sans impliquer les autres", déclarait en 1999 le directeur de la Vuelta Luis Felipe Sainz, jugeant impensable en Espagne les perquisitions et arrestations qui avaient marqué un an plus tôt le Tour de France, entraînant le départ des trois équipes espagnoles engagées.

Deux ans plus tard, même si personne ne nie sérieusement que le dopage existe aussi en Espagne, un certain désintérêt de l'opinion publique pour sa répression, ainsi qu'une législation moins drastique qu'en France et qu'en Italie, rendent toujours improbable l'éclatement d'un scandale aussi retentissant que celui qui frappe actuellement le Giro.

Contrairement à la France et l'Italie, l'immense majorité des produits dopants ne sont pas assimilés en Espagne à des stupéfiants. Le Conseil supérieur des sports (CSD) fixe chaque année une liste de produits interdits, mais leur usage n'est pas considérée comme un délit pénal, mais seulement comme une "faute administrative" passible d'une simple amende.

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A cela s'ajoute, selon certains, un manque d'enthousiasme de la part des autorités politiques et sportives à déclencher les hostilités contre le monde du cyclisme, sport toujours très populaire en Espagne où le public et la presse sportive sont prompts à prendre parti pour les personnes impliquées dans des affaires de dopage plutôt que pour leurs persécuteurs.

"En Espagne, nous sommes encore très en retrait dans la lutte contre le dopage", estimait ainsi samedi le chroniqueur Juan Mora dans le quotidien sportif madrilène As. "Pourquoi n'y a-t-il pas de scandales dans la Vuelta? Parce qu'aucun juge n'ordonne l'ouverture d'une enquête. Sans mandat judiciaire, la garde civile ne peut intervenir. Il n'y a pas d'enquête, donc pas de trafic, pas de consommation", analysait-il.

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Selon Mora, une des seules possibilités pour qu'un véritable scandale policier et judiciaire éclate dans le cyclisme en Espagne serait que le ministère de la Santé décide de s'intéresser de plus près au trafic de certains médicaments utilisés comme dopants, comme l'EPO.

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