Actualité du dopage



Rumsas convaincu de dopage après un contrôle positif à l'EPO au Giro d'Italie

Sport et Vie n°79 - Juillet 2003 - Jean-Pierre de Mondenard

Extraits

(...) Raimondas Rumsas vient d'être convaincu de dopage après un contrôle positif à l'EPO au Giro d'Italie.

A l'annonce de la nouvelle, son directeur d'équipe, l'ancien coureur Giuseppe Saronni, déclarait la bouche en coeur qu'il regrettait que Rumsas n'ait pas mieux récompensé la confiance que lui avait témoignée l'équipe Lampre l'année passée après que les douanes françaises avaient découvert dans le coffre de la voiture de son épouse (...) une cargaison de produits dopants.

En fait, toute cette histoire démontre qu'il est quasiment impossible de refaire carrière à l'eau claire après avoir carburé aux produits dopants. Il faut s'imaginer l'état de dépendance dans lequel se trouvent ces athlètes ! Rappelons tout de même que la pharmacie secrète de la famille Rumsas, saisie le 28 juillet dernier à Chamonix, contenait 37 produits différents !

Parmi eux, six médicaments étaient totalement interdits; six autres prohibés selon la dose et/ou la voie d'administration. On recensait également six seringues déjà utilisées et ayant contenu de l'ÉPO. Et puis, toute une kyrielle de produits moins connus (...) comme du Pentohexal 300® dont l'histoire mérite un brin d'explication. Cette molécule (baptisée pentoxifylline) fut effectivement découverte dans le venin de serpent. Il s'agit d'un poison redoutable, capable de déformer les globules rouges, grâce auquel le reptile tue sa proie. A doses thérapeutiques, on l'utilise en cas d'insuffisances circulatoires périphériques telles que les artérites cérébrales et ophtalmiques. Pour les cyclistes, le médicament vise plutôt à se protéger des thromboses d'un sang rendu trop visqueux par la prise d'EPO. (...) En se déformant plus facilement, les globules rouges sont capables de passer dans des capillaires dont le diamètre est de trois à cinq microns alors que leur propre diamètre se situe plutôt autour de sept à huit microns. Le muscle contient donc plus de sang. Cela permet-il de produire plus de travail ? Peut-être. Mais ce n'est pas totalement prouvé. Car il ne suffit pas d'améliorer le transport et la diffusion de l'oxygène au niveau des capillaires du muscle, il faut surtout augmenter l'utilisation de cet oxygène par ses destinataires, c'est-à-dire les mitochondries dans la cellule. Or, ici, d'autres mécanismes entrent en jeu.

Toujours est-il que la présence récurrente de tels médicaments dans la trousse des cyclistes (...) laisse peu de crédit à ceux qui prônent l'idée d'une grande rédemption !

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La trousse à pharmacie d'Edita Rumsas