Calculs de puissance

Contrôle des puissances : Le CPA est contre


- directvelo.com - Dominique Turgis

Avant le départ du Tour de France 2025, l'ITA (International Testing Agency), (...) avait annoncé dans un communiqué vouloir expérimenter le contrôle longitudinal des puissances des coureurs pros. Elle présentait cette étude comme le prélude à la création d'"un outil supplémentaire dans la lutte contre le dopage. En collaboration avec l'Université de Kent, l'ITA a lancé une étude de faisabilité d'un an pour analyser ces données et cartographier l'évolution de la performance au fil du temps. Ces informations soutiendront le développement de modèles de performances entre les équipes et les profils des coureurs, en tenant compte de différents facteurs". En juillet dernier, l'ITA annonçait que plusieurs WorldTeams s'étaient portés volontaires pour l'expérience.

Depuis 20 ans, le calcul de puissance des coureurs dans les cols agite le monde du cyclisme pro confronté aux affaires de dopage (souvent révélées par des actions de police et de justice) et aux doutes. Après avoir été contestées, les méthodes de calcul ne le sont plus et plusieurs coureurs publient leurs données sur Strava, par exemple. En revanche, c'est leur interprétation qui fait débat. L'ITA trouve donc que l'interprétation des données de puissance peut être utile pour la lutte contre le dopage. Frédéric Grappe, responsable de la performance de la Groupama-FDJ, demandait déjà il y a une quinzaine d'année un profil de puissance pour chaque coureur.

Le président du CPA (Cyclistes Professionnels Associés), Adam Hansen, interrogé dans le podcast "Domestique Hotseat" s'affirme être "100% contre et les coureurs le sont aussi". Il confirme que quatre équipes sont volontaires pour l'expérience de l'ITA et de l'Université de Kent.

« ET SI ? »

L'ancien coureur avance plusieurs arguments. "Que se passera-t-il si le coureur ne partage pas ses données de puissance ?" Hansen met aussi en avant les problèmes de planification de l'entraînement et la fiabilité du capteur de puissance. "Et si ton entraîneur te dit de rouler à 80% pendant trois semaines et dit demain, tu roules à 120% pendant une période plus brève ? (...) Et si ton Garmin (le capteur de puissance) ne marche pas, est-ce que ça veut dire que tu ne peux pas t'entraîner ? "

En revanche, Adam Hansen défend le passeport biologique de l'athlète, "avec votre sang c'est cohérent". Le passeport biologique, en son temps, n'avait pas réussi à démasquer Lance Armstrong alors que les calculs de puissance de Frédéric Portoleau, par exemple, signalait des valeurs élevées. Il avait fallu attendre l'enquête de l'USADA pour suspendre l'Américain.

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Cet article a été mis en ligne le 05/02/2026