Dossier dopage



L'Italie, malgré les pressions, maintient sa loi antidopage

20/10/2005 - Le Monde - Guillaume Prébois

Extraits

En Italie, la loi contre le dopage, particulièrement stricte - ­ elle prévoit des peines de prison pour les athlètes convaincus de tricherie - ­, n'en finit plus de faire débat, avant les Jeux olympiques d'hiver, qui se tiendront à Turin en février 2006.

Alors que l'on semblait s'acheminer vers une mise entre parenthèses du texte, un nouveau rebondissement, mercredi 19 octobre, a compromis ce désir du secrétaire d'Etat délégué au sport, Mario Pescante, également superviseur des Jeux pour le compte du gouvernement de Silvio Berlusconi. Les sénateurs, devant lesquels il défendait son projet, ne l'ont pas entendu de cette oreille, et, à l'issue de l'audience, Mario Pescante a dû reconnaître son échec : "Le Parlement n'entend pas changer ses lois. Nous n'avons pas vraiment le temps d'amender notre législation" , a-t-il constaté.

Sa détermination paraissait pourtant jusque-là sans faille : "On parle des Jeux olympiques d'hiver 2006, pas de la fête de la truffe du Piémont... Il faut absolument dépénaliser le dopage", avait-il affirmé. (...) Pour le secrétaire d'Etat, la loi italienne est un danger pour les Jeux : "Franchement, vous imaginez les professionnels millionnaires du hockey sur glace américain prendre le risque de finir menottés à Turin ?"

Gianni Petrucci, son successeur à la tête du Comité olympique italien (CONI), est pourtant d'un avis contraire, "parce que si un athlète est propre il n'a rien à craindre" . "Dépénaliser le dopage ? Cela revient à souhaiter la bienvenue aux dopés !" , proteste, elle aussi, la double championne du monde de ski italienne, Isolde Kostner.

Le secrétaire d'Etat ne voulait pourtant pas en démordre : "Notre loi ne plaît pas du tout au CIO, il faut trouver une solution, sinon les Jeux n'auront pas lieu" , a-t-il menacé. Il sait disposer de l'appui inconditionnel des instances olympiques, mais aussi de celui de l'Agence mondiale antidopage. "Le ministre des affaires étrangères, Gianfranco Fini, m'a garanti que la loi italienne serait adaptée aux normes internationales" , a en effet déclaré Jacques Rogge, président du CIO, (...) en février 2005. L'intéressé a récemment démenti : "Je n'autoriserai pas un adoucissement de notre loi sur le dopage, l'une des meilleures au monde, parce que j'estime que la loyauté est un principe fondamental du sport."

Le sénateur des Verts, Fiorello Cortiana, père de la loi antidopage, a défendu son texte : "Dépénaliser serait un attentat à la santé de centaines d'athlètes et un encouragement lancé aux trafiquants de produits dopants où la Mafia joue l'un des premiers rôles." (...)


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Cette page a été mise en ligne le 25/11/2005.