Actualité du dopage



« Ce que je voyais m’écœurait »

28/06/2013 - estrepublicain.fr - Antoine PETRY

Le Lorrain André Wilhelm a fini lanterne rouge de l’épreuve du Tour de France 1969, déjà gangrénée par le dopage.

Il accueille le visiteur à son appartement au rez-de-chaussée surélevé d’un immeuble près de la mairie de Strasbourg, avec, déployée sur la toile cirée du salon, la carte du prochain Tour de France en guise de bienvenue. Et le débat s’engage, sans préliminaires.

Pour la petite histoire, André Wilhelm a fini lanterne rouge du Tour de France 1969. Le seul de sa carrière. Et, vite, le Mosellan d’évoquer « son pire souvenir » sans qu’on sache précisément s’il s’agit de la dernière place du classement, ou de ce à quoi il a assisté, lors de la première de ses deux saisons sous un maillot professionnel (Sonolor). Wilhelm « balance » allègrement. « L’année 1968, je disputais le Tour de l’avenir (...) et ils étaient tous derrière moi, les Thévenet, Guimard Et là, d’un seul coup chez les pros, comme par hasard : tous devant ! J’ai assisté à des scènes incroyables, où les équipes partaient à Nice, et passaient la frontière pour aller acheter des produits interdits dans des pharmacies et des appareils pour se doper ».

« Parfois, on en voyait qui rouspétaient »

(...) L’ancien champion de France de cyclo-cross assure que, selon lui « aucun des vainqueurs du Tour de France depuis n’a vraiment tourné à « l’eau claire (...). « On m’a un jour proposé un produit qui permettait de gagner une minute tous les dix kilomètres. Faites le compte : sur 100 km, je pouvais prendre 10 mn sur les gars. Je ne l’ai jamais fait ». Un silence, et André Wilhelm poursuit : « J’avais envie de mettre la main dans la figure de ceux qui me battaient en étant chargés. C’est vrai que je ne me suis jamais révolté » dit-il, comme pour expliquer ses classements modestes chez les pros, en marge de la lanterne rouge en 1969, l’année qui vit l’éclosion du « cannibale » Eddy Merckx sur la Grande Boucle. « Parfois, on en voyait qui sortaient du rang, et rouspétaient contre la dope qui faussait les courses. Résultat, on s’apercevait un peu plus tard qu’ils avaient disparu des équipes ». Convaincu que le dopage continue de sévir dans les pelotons, il laisse glisser un silence : « J’imagine que cela permet de ne plus ressentir la douleur »

(...)


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